Chine et Russie, ensemble sur Mars, en 2009

Régulations

Allons-nous assister à une nouvelle guerre de l’espace entre les nations ‘dominantes’ ? En tout cas, la Chine ne sera pas en reste? L’occasion de faire un point rapide sur les projets spatiaux en cours

La Chine et le Russie devraient lancer une mission commune du Mars et sa plus proche lune en 2009. La Russie fournira le lanceur, et la Chine le vaisseau spatial dont le mission sera de rapporter des extraits de roches.

La présence de la Russie sur le projet n’a rien de surprenant. Les lanceurs russes, même s’ils sont d’une ancienne génération, figurent parmi les plus fiables et les plus économiques.

En revanche, la présence de la Chine est autrement plus ambitieuse.

La Chine a été la troisième nation à envoyer par ses propres moyens un homme dans l’espace, le taïkonaute Yang Liwei, propulsé par une fusée Longue Marche dans son vaisseau Shenzhou 5, le 15 octobre 2003.

Elle a succédé à l’ex URSS, avec le cosmonaute Youri Gagarine, premier homme dans l’espace, le 12 avril 1961 dans une capsule Vostok 1 propulsée par un missile intercontinental SS6, suivi la même année le 5 mai par les Etats-Unis, avec Alan B. Shepard, premier astronaute américain du programme Mercury dans sa capsule Freedom 7.

La Chine se veut particulièrement agressive sur son programme spatial, reproduisant le climat de concurrence spatiale qui a dominé l’URSS et les USA durant la guerre froide. Deux ‘taïkonautes‘ chinois ont d’ailleurs suivi Yang Liwei en 2005, et un autre vol habité est programmé pour 2007.

Et après ? La président Bush, qui semble particulièrement sensible à ce type de défi en provenance des ex ‘ennemis de l’Amérique‘, a relancé les programmes de la Nasa et fixé l’échéance de 2020 pour qu’un américain pause à nouveau un pied sur la Lune. La Chine n’est pas en reste et programme le même objectif pour 2024. Ils devraient être suivis par un japonais, en 2030.

En attendant, la Chine a annoncé son projet d’établir une station orbitale habitée, sur le modèle de l’ISS, mais en plus petite.

Quant à la Russie, elle continue de tirer profit de ses robustes lanceurs R-7 Semiorka, à l’origine un missile transcontinental développé par l’ingénieur Pavlovitch Korolev, qui ont déjà alignés plus de 1600 lancements. Et elle prévoit elle aussi un voyage habité pour la Lune, à l’aide d’une navette Kliper, le remplaçant des vieillissants Soyouz, sans indiquer de date.

Dans ce panorama, il manque l’Europe? L’ESA (Agence Spatiale Européenne) se concentre en priorité sur Ariane, dont les applications commerciales sont multiples et affichent une réussite. Et sur son projet Advanced Crew Transportation System (ACTS) de navette habitée, développé conjointement avec les russes qui pourraient d’ailleurs abandonner Kliper à son profit.


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