Face à la surveillance US, la Chine écarterait IBM du secteur bancaire

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Après l’inculpation de 5 de ses ressortissants pour piratage informatique et vol de secrets commerciaux, la Chine accuse à son tour les États-Unis de cyber-espionnage industriel.

Le ton monte entre deux puissances qui se reprochent mutuellement d’installer des portes dérobées dans leurs équipements informatiques et télécoms pour mieux se contrôler… Après avoir été accusée par les États-Unis, la Chine accuse à son tour Washington d’espionnage « sans scrupule » via des attaques informatiques de « grande ampleur », rapport à l’appui.

« Les quatre coins de la Chine »

« La surveillance américaine a pour cible le gouvernement et les dirigeants chinois, les sociétés chinoises, les instituts de recherche scientifique, les citoyens ordinaires et un grand nombre d’utilisateurs du téléphone mobile », indique l’Académie chinoise du cyberespace dans un rapport rendu public lundi 26 mai. Soit une semaine après l’inculpation de cinq de ses ressortissants pour piratage et vol de secrets commerciaux aux États-Unis.

L’équipementier Huawei, le groupe Tencent Holdings, pour sa messagerie instantanée, ainsi que les ministères chinois du Commerce et des Affaires étrangères, figurent parmi les cibles de la National Security Agency (NSA) américaine – l’agence décrédibilisée par les révélations d’Edward Snowden –, assurent les auteurs du rapport.

Ces opérations d’espionnage vont bien au-delà de la « lutte contre le terrorisme », assurent-ils. Selon eux, les États-Unis espionnent « les quatre coins de la Chine » pour mieux la concurrencer.

Remplacer les serveurs IBM

Après l’arrestation de cinq militaires chinois accusés de piratage et espionnage industriel, la Chine a convoqué l’ambassadeur des États-Unis, Max Baucus, pour protester contre ces inculpations. Beijing a également menacé de bloquer la vente de certains produits informatiques sur son territoire après les avoir contrôlés – les produits de marque américaine étant les premiers ciblés.

D’après le Financial Times, la Chine envisagerait aussi de se détourner des spécialistes américains du conseil en stratégie comme McKinsey & Company et le Boston Consulting Group (BCG). Les mesures de rétorsion ne s’arrêtent pas là. Selon Bloomberg, les autorités chinoises pousseraient les banques du pays à remplacer leurs serveurs IBM – le groupe américain a annoncé en janvier vendre cette activité à l’industriel chinois Lenovo – par des produits de géants IT locaux. Pour le ministère chinois des Finances et la Banque populaire de Chine le fait que les banques commerciales chinoises utilisent des serveurs haut de gamme conçus par la firme américaine pourrait mettre en danger la sécurité financière du pays…

On le constate, le rapport de force entre la Chine et les États-Unis a changé.


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Auteur : Ariane Beky
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