Chine: Google embauche un ancien de Microsoft qui porte plainte

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La firme de Bill Gates n’apprécie pas du tout que le moteur de recherche ait recruté un de ses anciens dirigeants

Les relations entre Google et Microsoft s’embrasent à nouveau. Et l’incendie prend très vite de l’ampleur puisque l’éditeur annonce qu’il a porté plainte contre le moteur de recherche.

Pourquoi tant de haine? Résumons l’affaire. Ce mardi, Google annonce l’ouverture d’un centre de recherche-développement en Chine, afin d’y attirer des cerveaux pour créer de nouveaux produits. Comme tous les géants des NTIC, Google estime que la Chine, avec son économie en pleine croissance et ses “excellentes universités”, héberge quantité d’ingénieurs et de scientifiques spécialisés en informatique dont Google aimerait s’adjoindre les services, poursuit le communiqué. Jusque là, rien à dire. Mais pour diriger ce centre, Google a décidé de recruter un scientifique, présenté comme “un pionnier de l’industrie” informatique en Chine, le Dr Kai-Fu Lee. Sauf que ce docteur, après avoir passé six ans chez Apple, a été récemment vice-président de Microsoft après avoir fondé le centre de recherches chinois (380 scientifiques) du numéro un mondial des logiciels. Evidemment, le fait qu’il prenne aujourd’hui les mêmes fonctions chez Google ulcère Microsoft. Surtout, ce n’est pas la première fois que le moteur débauche des salariés de Microsoft (voir encadré). La firme n’a pas attendu: le même jour elle dépose une plainte à Seattle contre l’éditeur et son ancien salarié pour rupture d’une clause de son contrat de travail l’empêchant d’aller travailler chez un concurrent. “Nous demandons au tribunal d’exiger du Dr Lee et de Google qu’ils respectent les accords de confidentialité et de non-concurrence qu’il a signés lorsqu’il a commencé à travailler pour Microsoft”, en 1998, a expliqué le numéro un mondial des logiciels. Il s’agit de protéger la propriété intellectuelle du groupe, a-t-il assuré. “Comme haut dirigeant, le Dr Lee a une connaissance directe des secrets industriels concernant les technologies de recherche et les stratégies d’activité en Chine”, a poursuivi Microsoft dans un communiqué. “Il a accepté un poste ciblé sur la même série de technologies et de stratégies pour un concurrent direct, ce qui constitue une violation claire de ses obligations contractuelles”, toujours selon ce communiqué. Google a réagi en jugeant la plainte dénuée de tout fondement et en s’engageant à défendre sa recrue. Affaire à suivre. Google Microsoft, bis repetita

Ce n’est pas la première fois que Google recrute directement chez Microsoft. En mars dernier, le moteur embauchait Marc Lucovsky, développeur de haut vol qui a participé à la conception de Windows NT et de .Net. Ce qui avait déjà passablement agacé la firme de Redmond.


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