Christian Nibourel (Accenture) : «Il faut avoir une vision globale»

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En repensant son organisation face aux nouveaux usages, Accenture tisse un modèle d’entreprise qui conjugue environnements économique, social et écologique. Et fait des émules.

Sur un principe de volontariat, environ 250 personnes (sur les 500 potentiellement concernées par le télétravail) travaillent entre 1 et 3 jours par semaine depuis leur domicile. Grâce notamment aux outils de communication et de virtualisation qui permettent de relier le salarié à son employeur quasiment comme s’il s’y trouvait. « Toute la problématique était de déporter le poste téléphonique chez le salarié, raconte le directeur général. On a tout simplement déporté le poste de travail. » Le salarié dispose donc de l’ordinateur portable (fourni par l’entreprise) et d’une suite de communication dont les besoins de communication sont aujourd’hui largement couverts par les réseaux haut débit résidentiels. Ainsi, son numéro de téléphone professionnel et sa base de contact le suit permettant de recréer le même environnement technique qu’au bureau.

Accenture - caisson isolation
Des caissons d'isolation qui restent ouverts sur l'environnement extérieur.

Sans oublier les 9 heures économisées, en moyenne par semaine, en temps de transport par personne. Une manière de participer à la réduction des émissions de CO2 d’Accenture qui se montre ambitieuse sur la question. « Notre objectif est de réduire de 30 % la consommation énergétique du bâtiment sur 3 ans », lance Marc Thiollier. Une démarche qui passe par des mesures concrètes : l’impression des documents ne se fait que si l’utilisateur la valide quand il est devant l’imprimante ce qui réduit le gaspillage (« en un an, cela nous a permis d’économiser en papier l’équivalent de la hauteur de la Tour Eiffel »); l’autopartage des salles mais aussi de l’un des quatre véhicules (dont un électrique, un choix qui doit se généraliser à terme) mis à disposition par l’entreprise pour les déplacements sur Paris; la limitation de l’eau froide dans les climatiseurs, l’usage de salles de téléprésence (60 dans le monde dont 2 à Paris) pour limiter les voyages, etc. Le salarié est également sensibilisé (éteindre la lumière en partant…) et encouragé de ses actes par la présence des tableaux de bord sur la consommation énergétique globale du bâtiment que l’on peut croiser dans les couloirs.

Economique, social et environnement, le nouveau triptyque de l’écosystème de l’entreprise

Prises en compte de l’environnement et de l’emprunte sociale viennent donc se positionner parallèlement à la composante économique chez Accenture. « L’avenir de l’entreprise passe par sa capacité à faire fonctionner ce tryptique qui constitue notre écosystème et créé des synergies, affirme Christian Nibourel qui ne prétend pas avoir répondu à toutes les problématiques mais d’avoir mis en place un modèle cohérent et évolutif. » L’évolution fait d’ailleurs partie de l’ADN de l’entreprise et Marc Thiollier insistera plusieurs fois au cours de notre visite sur les aspects expérimentaux de cette initiative et la capacité d’ajustement nécessaire. « Nous sommes prêts à renoncer à certaines initiatives si elle sont plus dogmatiques que pragmatiques », assure-t-il.

Accenture - baie vitrée
Des espaces adaptés aux besoins et envies du moment des salariés.

Une façon de repenser le fonctionnement de l’entreprise qui fait déjà des émules. Notamment Atos Origin qui a appliqué le principe de l’espace de travail partagé dans son nouveau siège de Bezons en région parisienne. « Ils sont venus nous voir il y a un an et demi », confirme Marc Thiollier. Autrement dit, le modèle d’Accenture est reproductible pour nombre d’autres entreprises même si les activités des deux exemples cités se concentrent dans les services informatiques. Mais vouloir aller de l’avant n’est pas réservé au seul secteur de l’IT.

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