Le Cigref fait de la transformation numérique sa priorité

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À l’occasion de son assemblée générale 2013, le Cigref a présenté ses perspectives et dévoilé de nouvelles publications sur le Big Data et la sécurité. Le réseau de grandes entreprises a aussi annoncé la création d’un Institut de la transformation numérique.

L’assemblée générale annuelle du Cigref, organisée mardi 8 octobre au Pavillon Gabriel à Paris, a été l’occasion de présenter un bilan des travaux de l’organisation, travaux pilotés par des DSI, et d’ouvrir des perspectives.

« La transformation numérique des entreprises est notre fil conducteur. La modification des processus de création de valeur et des business models qu’elle implique sont de sérieux enjeux », a déclaré Jean-François Pépin, délégué général du réseau de grandes entreprises.

L’entreprise et la culture numérique

Le Big Data, le Cloud Computing et la mobilité sont les moteurs de cette transformation numérique, constate l’organisation. Pour tirer profit de cette transformation, le Cigref juge essentielles l’adoption d’une stratégie de gouvernance pérenne – par le biais d’un comité exécutif –, la co-construction de valeur avec les fournisseurs, ainsi que le renforcement du dialogue entre la DSI et les directions métiers.

Si les directions informatiques sont en première ligne, les directions métiers montent en puissance. Ainsi, d’après une étude IDC, 61 % des projets technologiques sont désormais financés par les directions métiers et non la DSI.

Trois nouvelles publications du Cigref sur le Big Data, les RH et la sûreté numérique, ainsi que l’ouvrage « Entreprises et culture numérique », témoignent de ces enjeux. Le scénario de « serious game » sur la sécurité, réalisé en partenariat avec le comité Richelieu, devrait être commercialisé en 2014.  Quant à l’ouvrage sur la culture numérique paru en juin dernier , il est désormais augmenté des retours d’expérience de 33 DSI.

Pour Bernard Duverneuil, vice-président du Cigref et DSI du Groupe Essilor, la culture numérique se caractérise par « le partage, la confiance et un mode de management qui favorise l’horizontalité ». L’intelligence collective et les compétences sont privilégiées, plutôt que les liens hiérarchiques. « La remise en cause des modèles existants est une première rupture. Il nous faut donc veiller à ce que le numérique tienne ses promesses, dont l’émergence de nouveaux modèles d’affaires », a souligné l’organisation.

Un Institut de la transformation numérique

En 2014, le Cigref va poursuivre les débats engagés ces dernières années avec les fournisseurs, parmi lesquels Orange, SAP, HP, Apple, Google, Salesforce et Samsung, et maintenir le dialogue sur le thème de l’innovation avec des entreprises de taille intermédiaire et PME. « Il existe une interdépendance entre entreprises, clients et fournisseurs, et des tensions entre acteurs… Nous avons engagé un dialogue loyal, mais ferme, sur ces sujets », a commenté Pascal Buffard (en photo), président du Cigref et dirigeant d’AXA Technology Services.

Le jeu d’influence se poursuit également auprès des pouvoirs publics et de partenaires institutionnels, dont le CNAM, établissement avec lequel le Cigref a établi un partenariat pour créer un Institut de la transformation numérique. Celui-ci réalisera des travaux de recherche et proposera, à partir du mois de décembre 2013, des sessions courtes de formation.

De son côté, la Fondation Cigref, organisme créé en 2008 sous l’égide de la Fondation Sophia Antipolis pour étudier l’usage des systèmes d’information, prévoit de finaliser l’an prochain son programme international de recherche prospective sur « le design de l’entreprise à 2020 ». Les « Essentiels », premiers résultats de ce programme lancé en 2010, sont également disponibles en ligne.

« Nous ne sommes pas des ‘digital natives’, mais des ‘digital immigrants’. Nous ne sommes pas candides. La transformation numérique est un élément fondamental de création de valeur, mais fait face à de nombreux défis sociétaux et économiques », a expliqué Pascal Buffard.

« Nous avons la conviction que cette révolution culturelle va permettre à nos grandes entreprises de transformer leurs business model, management et mode de travail », a-t-il ajouté.  Pour les y aider, l’organisation quarantenaire s’est dotée d’un plan stratégique visant à renforcer son positionnement comme « carrefour d’information, d’échange et d’orientation sur l’entreprise au cœur du numérique ». Le Cigref veut également promouvoir à l’international les intérêts de ses membres, parmi lesquels des multinationales d’origine française.


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Pascal Buffard (CIGREF) : « L’entreprise numérique et le pari informatique se complètent »


Auteur : Ariane Beky
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