Cisco ‘Live’: John Chambers à Londres projette Davos

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John Chambers, plus que jamais ‘big boss’ de Cisco, était à Londres ce 1er février, sur ‘Cisco Live’, il a retracé la ‘roadmap’ de l’innovation, de la ‘networked economy 2.0’ au retour de Davos

Londres.-A deux pas du gigantesque chantier des JO de 2012 à Londres (Paris a séché ses larmes…), John Chambers ne pouvait pas moins que profiter du retour de son pèlerinage, désormais annuel, au forum de Davos en Suisse. Ici sur le site du prochain village olympique, le big boss il a mis à jour devant 3.500 congressistes ‘Cisco Live’  sa vision de la “networked economy 2.0“, son goût pour la problématique des ‘market transitions‘ et les grandes orientations à moyen et long terme. Tout un programme pour un one-man show comme il sait les faire en direct, sans notes, tel un télé-évangéliste de l’Arizona.

Networked economy 2.0
Networked economy 2.0

Cisco se porte effrontément bien, il est vrai. Et non seulement sur le plan financier, ce qui se traduit par une capacité d’investissement de 10 milliards de dollars (6 milliards d’acquisitions réalisés en 2010), mais également par son leadership en parts de marché. Sur 17 créneaux du secteur ‘réseau communication’, Cisco occupe majoritairement le terrain sur 7 d’entre elles (avec plus de 50% de part de marché!) – à savoir  le ‘LAN switching‘ (72,7% de part de marché), le SP routing (56,3%), le SP routing edge (53,5%), le ENT high-end routing‘(61,9%), l’access routing (87,1%), le SP routing core (63,5%) et le WLAN d’entreprise (58%). Or les trois premiers segments de marché au 3è trimestre 2010 ont représenté déjà près de 9 milliards de dollars de revenus, au total, dans le monde: 4,9 milliards pour le LAN switching, 2,17 milliards pour le SP routing total et 1,57 milliard pour le SP routing edge…
Mais on comprend aussi pourquoi les dirigeants de Cisco se préoccupent tant de conserver leur avance et de maintenir les positions, la cote en bourse, les développements là où ça rapporte vraiment (au Proche-Orient, par exemple, “beaucoup plus qu’en Inde ou en Chine“!).

Les leçons du forum mondial de Davos?
Il faut plus que jamais pousser la ‘Networked economy 2.0‘. C’est elle, répète John Chambers, qui soutient les économies et peut contribuer à relancer l’activité, y compris sur les marchés affaiblis de l’Europe qui peinent à sortir de la crise.  L’essentiel pour des entreprises comme Cisco, c’est de ne pas louper les “market transitions”. Il faut également se préoccuper de “l’excellence dans l’opérationnel‘.
Parmi les autres thèmes favoris du patron de Cisco, on retrouve bien sûr les applications collaboratives.

John Chambers, retour de Davos
John Chambers, retour de Davos

Et ‘oncle John’ comme le désignent certains journalistes n’hésite pas à répéter que le ‘broadband‘ (les réseaux à hauts débits) restent l’un des leviers économiques les plus efficaces. Certes,  l’innovation s’impose toujours, comme dans le domaine de la visio-conférence, secteur où Cisco se réjouit d’avoir fait l’acquisition de Tandberg (et de ses labos de recherche en Norvège), après avoir lancé les salles de  ‘téléprésence, et, à l’autre bout de la chaîne, fait l’acquisition du Flip vidéo HD, cette mini-caméra pocket capable d’enregistrer 2 heures de vidéo HD et de se connecter directement à un PC ou un Mac par son connecteur USB intégré.

Sur place, ici à Londres, au Excel Center,  le ‘broadband” se traduit par 22 km de câblage à très haut débit.

Cette édition 2011 du Cisco Live a été l’occasion de faire la démo de liaisons à 100 gigabits/s sur 340 mètres, soit une distance deux fois supérieure à celle de la norme IEEE. Cette démo était orchestrée par CommScope, Ixia et Reflex Photonics (lire article de notre confrère eWeek.uk).

Le monitoring de la consommation d’énergie était également en vitrine. La  seule consommation des ‘switches’ de ce réseau du salon affichait des pointes de plus de 625 kW d’énergie ! Les données étaient affichées en temps réel au centre de la manifestation sur un stand “PC central de supervision” – une façon concrète de traduire l’enjeu du programme EnergyWise de Cisco, introduit il y a deux ans déjà.  Ce même ‘PC central’ de surveillance (cf photo) affichait également la pénurie des adresses IP en IPV4 et donc “l’impérieuse nécessité” de passer à l’IPV6 (cf. notre article par ailleurs).

Le virage UCS vers les serveurs ‘blades’: quel résultat?

Nous n’avons pas manqué de questionner John Chambers sur les récentes initiatives de diversification de Cisco. En particulier, le lancement du programme UCS (Unified computing system), sur des serveurs blades d’origine Intel (architecture X86 multi-coeurs). D’un revers de la main, le chairman & CEO de Cisco lève tous les doutes:

John Chambers_Cisco Live London 2011
John Chambers_Cisco Live London 2011

Nous avions dit en octobre 2010 que nous avions 1.800 clients, nous en sommes déjà à 2.400 clients“. Et de mettre en avant les partenariats stratégiques noués avec EMC et VMware,  NetApp et VMware, mais également avec Citrix. Car, outre le nouveau design des datacenters virtualisés, Cisco se positionne ouvertement sur les enjeux du VDI (virtual desktop ou postes clients légers, virtualisés).

En faveur de son offre UCS, Cisco met en avant son UCS Manager, logiciel d’installation et de configuration d’un ensemble de serveurs ‘blades’ avec ses machines virtuelles, ses ports d’entrée/sortie. L’installation d’un ESX VMware, avec des connexions FC, Gigabit-Ethernet, et le paramétrage d’un SAN, s’effectue en moins de 15 minutes. L’outil permet de créer un “script” qui peut ensuite être appliqué, répliqué automatiquement sur un ‘pool’ de serveurs.

Côté client léger, cette convention a été l’occasion pour Wyse, partenaire de Cisco, d’introduire le Wyse Z90, “client léger le plus performant basé sur Windows Embedded Standard 7, premier client léger doté de 2 ports SuperSpeed USB 3.0 (vitesse 10 fois supérieure) et 4 ports USB 2.0. Il dispose aussi de connecteurs DisplayPort et DVI, d’une interface Gigabit Ethernet et de la fibre optique, du WiFi 802.11 A/B/G/N intégré..

Autre orientation stratégique à moyen et long terme: la sécurité. Cisco investit beaucoup, là encore, dans la sécurisation de la VDI (clients virtuels). Le contrôle d’accès sur le réseau (‘NAC’) est encore renforcé. CIsco insiste sur AnyConnect et sur MACSec (encryption) et sur son appliance ACS qui s’installe désormais comme une machine virtuelle (Article à suivre).

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