CITE DES SITES: la Suisse sur Internet (1)

Régulations

La Suisse francophone est à nos portes un pays de rêve, un terroir où la presse est reine -reine et disponible!

Disponible, car partout on trouve des édicules où chaque journal attend ses clients qui ne trichent jamais et mettent le prix dans le tronc. La Suisse compte 236 quotidiens, autant que France et Italie réunies pour une population bien moindre. Ce petit pays connaît un attachement au terroir exemplaire, qui incite à acheter le journal de sa ville, fût-elle petite, ou de son canton. Il y a quelques années s’est produite une exception. Le Journal de Genève et la Gazette de Lausanne, ces deux quotidiens qu’on se disputait en France sous l’Occupation pour la sûreté et l’honnêteté de leurs informations – encore fallait-il les trouver !- ont fusionné pour donner Le Temps www.letemps.ch/ (qui a donc repris le titre d’un journal parisien disparu). Il tire à plus de 50.000 exemplaires et son site Internet est très particulier: voici un exemple de l’actualité récente:

«L’invasion de l’Irak: guerre éclair ou première bataille?Les forces américaines ont achevé leur conquête de la Mésopotamie en s’emparant du palais présidentiel de la ville de Tikrit, fief du régime déchu et dernier bastion de la résistance irakienne. Mais la guerre lancée par la Maison-Blanche est-elle pour autant terminée? Menée au nom de la lutte contre le terrorisme et les armes de destruction massive, officiellement destinée à … «La lecture de ce texte (4771 caractères et 4 encadrés) est réservée à nos abonnés en ligne. Si vous êtes abonné à notre site, veuillez saisir votre nom d’utilisateur et votre mot de passe dans le formulaire qui se trouve à droite Souscrire un abonnement à l’édition en ligne du Temps Activer votre abonnement online pour accéder gratuitement à l’intégralité du journal du jour sur le Net (cette opération est réservé aux abonnés au journal papier et ne s’effectue qu’une fois) Consultez cet article pour CHF 2.50. (payable par téléphone mobile).» Le Temps demande donc une somme démesurée pour la consultation d’un article du jour. Toutefois les abonnés à la newsletter du Temps (gratuite) peuvent consulter, sans le moindre péage, les articles du jour (et seulement du jour) énumérés dans la newsletter. Il suffit de le savoir. Les autres quotidiens suisses francophones attachent une grande importance aux événements locaux. Ainsi, sur le site de La Liberté de Fribourg, www.laliberte.ch/ j’ai découvert un long article sur une exposition de papillons. Je n’en cite qu’un extrait : «Faune et flore tropicales:«Au sein de ce bâtiment se trouvent pas moins de 50 espèces de papillons tropicaux, 15 espèces de palmiers provenant d’Asie et d’Amérique du Sud, des centaines de plantes à fleurs servant de nourriture aux papillons mais aussi des plantes nourricières pour les chenilles. «Les papillons proviennent d’élevages situés dans les pays tropicaux comme les Philippines, la Malaisie et le Costa Rica. Ces élevages contribuent sur place à pallier la destruction des forêts en offrant aux populations locales d’autres formes de revenus», insiste le jeune directeur. Outre les centaines de papillons multicolores qui volent en toute liberté, le complexe abrite également des colibris, des guit-guits bleus et verts, des cailles naines ainsi que des poissons tropicaux. «Le nouveau Papiliorama se situe sur un terrain d’environ cinq hectares, mis gratuitement à disposition par la commune de Chiètres pendant 66 ans. «Nous avons bénéficié de l’aide financière de quelque 108 institutions et entreprises suisses et étrangères. La Loterie romande et la Banque cantonale fribourgeoise ont particulièrement soutenu le projet», lâche Maarten Bijleveld, fondateur du Papiliorama.» Et à Fribourg ? Le quotidien de Fribourg est plus généreux que Le Temps : il met gratuitement à la disposition des lecteurs de son site tous les articles qu’il a publiés depuis le 13 octobre 2000. C’est ainsi que j’ai pu parcourir 200 articles où il était question de Paris. Cette évocation d’Édith Piaf m’a touché : «Piaf, c’est un parcours de 47 ans entre la rue de Belleville et le cimetière du Père-Lachaise, tout proches, avec des détours par les théâtres du monde. La plus grande chanteuse française est toujours restée à 100% Parisienne. La capitale abrite donc nombre d’endroits où chercher son souvenir. Mais Paris a considérablement changé en un demi-siècle et plus. La tombe de marbre noir, principal lieu du «pèlerinage Piaf» que font Français et étrangers, reste finalement le seul lieu intact…« François Kneuss a tout de même déniché des vestiges de l’époque Piaf, un peu de l’air de ce temps comme celui que l’on entretient au Bistro Piaf, où la patronne Arlette pousse la chansonnette. Le parcours est particulièrement intéressant dans Belleville, que l’on découvre à pied. Ce quartier populaire de l’est parisien, construit au XIXe sur une colline de vignes puis dévolu aux fabriques, avait une forte tradition communiste et révolutionnaire, puisque la Commune de Paris, c’était ici. « Au début du XXe siècle, lorsque Piaf vient au monde, c’est le point de chute des ouvriers immigrés (la grand-mère maternelle de la chanteuse est Kabyle). Aujourd’hui, le monde entier est à Belleville, du Maghreb à l’Asie en passant par les pays de l’Est. Nombre de bâtiments d’époque ont été détruits et remplacés par des immeubles de béton, peu des petites rues et cours typiques de l’habitat ouvrier ont été préservées. « Hormis le cimetière du Père-Lachaise, situé à sa lisière, le quartier ne représente aucun intérêt aux yeux des touristes. Mais François Kneuss y fait découvrir, derrière quelques lourdes portes dont il a obtenu les codes secrets (bien d’autres restent closes), des mondes insoupçonnés et silencieux: petites maisons avec jardins pleins de chats, cours merveilleuses. Ces espaces paisibles où les propriétaires se barricadent ne montrent qu’un des visages de Belleville et du Ménilmontant voisin: dans d’autres maisons non rénovées, les pauvres et les clandestins s’entassent dans des logements insalubres.» Et Lausanne, la frivole Le Matin, de Lausanne, www.lematin.ch/ est tout de même un peu plus frivole. Sur son site, je me suis délecté de cet article de Jean-François Krähenbüll : «Salope!» -c’est 200 francs!«Jugement: Les tribunaux le rappellent régulièrement: abreuver une personne d’injures peut coûter cher. Quant au tarif, il est variable…«Mettez vos écarts de langage au rancart! Pour avoir traité de «salope» sa rivale par téléphone, une épouse trompée a été condamnée à une amende de 200 francs pour injure. Le Tribunal fédéral (TF) a confirmé hier une sentence rendue par la justice lucernoise. L’an dernier, les juges de Mon-Repos avaient infligé une amende de 300 francs à un Vaudois qui avait traité une automobiliste, certes bruyante, de «pétasse». En prime, le rustre avait dû supporter les frais de la cause, soit plusieurs milliers de francs. Dans un arrêt datant de 1994, la Cour de cassation vaudoise a par ailleurs jugé que le terme de «putain» demeurait l’une des pires injures qu’on puisse adresser à une femme. «Regarder de cas en cas… «En matière d’injure, où se situe la limite? «Il faut regarder de cas en cas, explique André Kuhn, professeur de criminologie et de droit pénal à l’Université de Lausanne. Il y a des situations dans lesquelles certaines choses peuvent se dire et d’autres pas. Le juge doit se plonger dans la situation.» La loi dit ceci: sur plainte du lésé, l’article 177 du Code pénal punit de l’emprisonnement pour trois mois au plus ou de l’amende «celui qui (…) aura, par la parole, l’écriture, l’image, le geste ou par voies de fait, attaqué autrui dans son honneur.» Bref, le montant de l’amende, qui peut théoriquement s’élever à 40.000 francs, n’est pas fixé selon un barème standard… «Connard» est toléré«La jurisprudence du TF regorge d’exemples fleuris. André Kuhn relève ainsi que «traiter quelqu’un de «mongol» ou de «psychopathe» constitue un jugement de valeur injurieux.» Il en va de même lorsqu’on traite un policier de «lavette» ou quelqu’un de «pédale», ou de «pauvre type». Dans les faits, tout dépend souvent de la manière avec laquelle la personne va percevoir le terme. De nos jours, «connard» a bien perdu de sa force. Il s’agit certes d’une appréciation vulgaire de quelqu’un, «mais elle ne porte pas atteinte à sa considération, d’autant plus que ce terme est devenu courant». Et les bras d’honneur au volant? «C’est manifestement une injure par geste», conclut le juriste lausannois. Qu’on se le dise!


Lire la biographie de l´auteur  Masquer la biographie de l´auteur