CITE DES SITES: Le Parisien, ou la riche province de…Paris

Régulations

Le Parisien, imaginez: un journal de la province la plus riche de France. Avec un site Web plutôt malin

Avant la guerre, la presse parisienne, c’est-à-dire nationale, était très différente d’aujourd’hui. Il y avait quatre grands quotidiens du matin: Le Journal, Le Petit Journal, Le Matin et Le Petit Parisien. Ils tiraient chacun à environ un million d’exemplaires. La tourmente de l’Occupation et l’épuration les ont fait tous disparaître. Aucun de ces titres n’a de successeur sauf Le Petit Parisien qui, ne pouvant plus être petit, est devenu longtemps “libéré”.

Le Petit Parisien était un peu dédaigné, on l’appelait méchamment le journal des concierges. Aujourd’hui il n’y a presque plus de concierges et, comme elles sont presque toutes portugaises, elles ne lisent pas de journaux français. Le Parisien s’adresse toujours à ce qu’un Premier ministre a le bon goût d’appeler “La France d’en-bas.” On ne le lit plus dans le métro après neuf heures ; il cède alors la place à Libération et au Figaro.

Un site sans extravagance

Le Parisien a créé un créneau nouveau. Il ne veut plus être un quotidien national mais régional. L’Île de France est son terrain et, pour ce qui n’est pas francilien, il a créé un clône: “Aujourd’hui en France” qui manifestement n’a pas de site propre, aujourdhui.com, éponyme, étant un site plutôt léger.

Le site leparisien.com est sympathique d’aspect, sans excès de mise en page ni extravagance de maquette. On s’y retrouve facilement dans les rubriques nombreuses. La plus originale permet de savoir ce qui se passe dans votre propre localité qu’il s’agisse d’une commune ou d’un arrondissement de Paris. Ainsi j’ai trouvé ce texte qui fleure bon la province :

Il ne se passe quasiment pas une journée sans qu’Eliane Blanchard, qui habite aujourd’hui Villeneuve-Saint-Georges, à quelques kilomètres de là, ne vienne se promener allée du Piple, face à la grille fermée du domaine. “J’ai grandi à Sucy-en-Brie. Tous les jours, je venais par ici, ou presque. On allait à la ferme chercher du lait, des ?ufs frais” se souvient la retraitée. “Pendant la guerre, le château était occupé par les Allemands. Je venais en cachette avec une amie pour ramasser des pissenlits. Quelle peur j’avais! On ne se rend pas bien compte, mais les prés étaient pleins de vaches, le potager magnifique. Aujourd’hui, les serres sont à l’abandon, mais c’est un bon endroit pour croiser des biches. Elles viennent boire dans l’abreuvoir un peu plus bas.”

La crêche dans les salons de Jean Tiberi

Et, dans le IVè arrondissement de Paris, nous apprenons: “Petite enfance “La crèche de l’Hôtel de Ville accueillera bientôt 80 bambins La crèche de l’Hôtel de Ville, attendue depuis deux ans, sera finalement inaugurée le 17 septembre par Bertrand Delanoë et son adjointe chargée de la petite enfance, Olga Trostiansky. Outre le fait qu’elle ait été aménagée dans les anciens salons de Jacques et Bernadette Chirac, puis de Jean et Xavière Tiberi, cette crèche s’installe au coeur d’un bâtiment historique qu’il a fallu préserver tout en l’aménageant pour les enfants. Ce sera l’événement de la rentrée. Quarante-quatre enfants, ceux du personnel municipal, seront accueillis en crèches, et vingt-deux places en halte-garderie seront également ouvertes aux habitants du IVème arrondissement, voire des arrondissements limitrophes. Ce sont en fait 80 à 100 enfants qui galoperont en alternance dans les jardins de la mairie dans quelques semaines.(…)”

Calculez vos itinéraires…

Parmi ces rubriques, à côté de l’évitable horoscope, un itinéraire ultra-rapide pour toute l’Europe. Ainsi je puis vous dire que pour aller de la rue de la Tour -on m’a refusé la Tour Eiffel- au Parthénon (Parthenonos Athinai) il y a une distance de 2807 km que je franchis en 26 heures 2 minutes en roulant à 107 km/h et il n’est pas posssible que je m’égare car tout m’est précisé, en même temps que la météo!

Débat du jour: filles et garçons!

Lundi dernier, au matin, le fait du jour n’était pas le discours de Bush mais un sujet qui n’est pas si badin que ça :

Filles-garçons : la tentation de les séparer à l’école Il y a cinq ans, remettre en cause le principe de la mixité à l’école aurait fait hurler. Aujourd’hui, le sociologue Michel Fize, plaide en pleine rentrée scolaire pour la création de classes non-mixtes à l’école publique. Une idée qui fait son chemin. Comment sauver les filles des agressions qu’elles subissent dans les classes ? Comment permettre aux garçons de rattaper des performances scolaires qui ne cessent de baisser ? Une solution, qui aurait été jugée scandaleuse il y a encore quelques années, est aujourd’hui clairement pronée par quelques spécialistes de l’éducation, dont le sociologue Michel Fize dans son livre qui vient de sortir “Les pièges de la mixité scolaire” (…) Seul un établissement public -La Légion d’honneur- et 5% des institutions privées échappent encore au modèle archi-dominant. Et les élèves n’y sont, d’après leurs témoignages, pas plus malheureux qu’ailleurs ! Aux Etats-Unis, les écoles non mixtes, défendues par l’administration Bush mais soutenues aussi par des personnalités démocrates et féministes comme Hillary Clinton, refleurissent déjà. (…) L’idée d’un retour à des bancs féminins et masculins irrite. “Cela ne changerait rien,insiste Isabelle Cabat, institutrice et militante de l’association Mix-Cités. Il vaudrait mieux envisager de former les enseignants à ne pas reproduire des schémas sexistes, de revoir les manuels qui donnent des images de la femme et de l’homme très rétrogrades.”

“Renoncer à la mixité serait une très lourde défaite pour l’école, pour la société en général”insiste aussi Ségolène Royal, ancienne ministre PS de la Famille, qui envisage pourtant des “espaces séparés“. Même les défenseurs de cette belle mixité reconnaissent ses ratés. Signe qu’elle est décidément bien mise à mal et que le débat mérite d’être posé. Laurence LE FUR

Les archives vraiment payantes!

Et le problème des archives, qui sont délivrés gratuitement par L’Humanité, nous l’avons vu, est traité plutôt à la hausse par leparisien.com . En effet voici un des prix :

“Formule Pro 3* ” : crédit de 60 articles par mois pour 443,52 ? HT/an, 1 à 8 comptes utilisateur, report des articles d’un mois sur l’autre sans cumul annuel, durée minimum d’abonnement : 1 an, facturation mensuelle, paiement par chèque ou par virement, 1 ? HT/article supplémentaire consommé, toute demande d’utilisateur supplémentaire sera facturée 25 ? HT/mois. Le Monde est très nettement moins cher !

Décidément c’est là où le bât blesse.


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