CITE DES SITES : l’Eglise mise sur Internet

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L’Eglise mise sur Internet, Pèlerin s’affiche sur Internet, le Pape s’exprime sur Internet et le met sous l’invocation de la Sainte Vierge

Quel peut bien être le plus ancien périodique français ? On le connaît peu, il est beaucoup lu -disons plutôt qu’il fut beaucoup lu à une époque où la France profonde était plus profonde encore. Il s’agit (titre actuel) de Pèlerin. Je ne comprends absolument pas l’ablation du ‘Le’ devant Pèlerin. Qu’aurait-on dit si les grands quotidiens s’étaient appelés Monde, Figaro ou Parisien ! Je pense que le magazine aurait dû profiter de cette « révolution » pour s’appeler Pélerin avec un accent aigu. En 1690 Furetière ne mettait pas d’accent, l’accent aigu n’apparaissant qu’en 1762 pour devenir grave en 1790. Toutefois les étudiants imitant Péguy qui se rendent à pied à Chartres ne parlent pas de pèlerinage mais de pélé : il faut donc revenir à l’accent aigu ! Pèlerin ayant eu le bon goût de ne pas paraître sous l’Occupation a donc pu continuer sa carrière après la Libération, carrière commencée au début de la 3ème République.

Assomption.org nous raconte sa naissance à travers un témoignage de 1886 du Père Vincent de Paul Bailly : « C’est inconsciemment qu’en 1877 on lança dans la presse un petit journal catholique humoristique, le Pèlerin, qui tranchait sur les m?urs graves et un peu compassées des feuilles pieuses du temps et des journaux quotidiens. « Le peuple connaissait peu la presse quotidienne catholique trop magistrale pour lui, peu émaillée de faits divers de la vie, accidents, inventions. Le Pèlerin rompant avec les traditions, donnait des anecdotes parfois triviales, mais toujours accompagnées d’un trait de vérité, emprunté à l’esprit de foi. Pour condenser les nouvelles, il prenait un style condensé qu’on a parfois nommé le style pèlerin. Un jugement bref terminait ces nouvelles : bien – sot – félicitations – mal élevé, etc. Et avec des caricatures parfois risquées, mordantes, qui n’épargnaient aucun pécheur, il concluait toujours à la sanction finale et conduisait le pécheur au diable et à l’enfer. « Le caractère évangélique de l’?uvre s’est manifesté dans l’absence absolue de ressources. « C’est là le miracle. Dieu seul guidait dans l’océan du journalisme.» Le « petit journal catholique humoristique » « dans l’absence absolue de ressources » eut un tel succès qu’il permit de fortifier les assises financières d’un groupe de presse considérable. Sur le même site on trouve ce texte du même Père Bailly : « Il y a deux ans, sur la première page du premier numéro du Fascinateur on affirmait timidement que les projections entreraient à l’église et prendraient leur part dans les splendeurs du culte. « Cela s’est accompli à diverses reprises, et ces jours-ci, nous avons eu comme la consécration solennelle de cette affirmation à Rome. Dans la basilique de Saint-Pierre, sous les yeux du Pape, l’électricité éclairait au fond du ch?ur un immense transparent qui a représenté successivement l’Immaculée Conception, puis l’apothéose des deux saints canonisés, la gloire de quatre béatifiés. « Si de tels spectacles n’ont pas le dessein de fasciner pieusement le fidèle, nous renonçons volontiers à nous appeler Le Fascinateur. En ce premier janvier 1905, soyons prophète. Tout ceci n’est qu’un commencement. Naguère les scènes de la Passion restituées au milieu de notre siècle, après avoir été fort combattues, ont eu succès à Nancy comme à Oberammergau, et M. Coissac, au nom de la Bonne Presse, les a faites prisonnières en nos projections et en notre cinématographe, pour en multiplier les éditions. » Texte un peu naïf certes, écrit dans un journal s’appelant audacieusement Le Fascinateur, mais l’Église a toujours su être dans cette ligne, finançant des films comme Golgotha où Harry Baur était Hérode, Jean Gabin Pilate et l’illuminé Robert Le Vigan un Christ très éclairé. Il y a quelques années, le cardinal Lustiger créa Kto (qu’il ne faut pas, paraît-il, prononcer catho mais K-T-O) une chaîne catholique sur le câble. Tous les diocèses ont un site Internet, le meilleur ayant été celui du Puy quand il disposait des merveilleux panoramas de La Chaise-Dieu qui sont maintenant mis en valeur dans le site. Je conseille vivement Abbaye-Chaise-Dieu.com où sont détaillés l’église, sur 360°, et la superbe Danse macabre. Jean-Paul II vient de signer un document d’une extrême importance, une lettre apostolique aux responsables des communications sociales : « C’est justement en considérant l’importance des médias que, il y a déjà quinze ans, j’ai jugé qu’il était inopportun de les laisser à l’initiative de particuliers ou de petits groupes, et je suggérais de les insérer avec évidence dans la programmation pastorale. Les nouvelles technologies, en particulier, créent de nouvelles occasions de communication comprise comme un service du gouvernement pastoral et de l’organisation des différentes tâches de la communauté chrétienne. « Que l’on pense, par exemple, à la manière dont internet fournit non seulement des ressources pour une plus grande information, mais habitue les personnes à une communication interactive. De nombreux chrétiens sont déjà en train d’utiliser de façon créative ce nouvel instrument, en explorant les potentialités pour l’évangélisation, l’éducation, les communications internes, l’administration et le gouvernement. « Mais à côté d’internet, il faut utiliser d’autres nouveaux médias et vérifier toutes les mises en valeur possibles des instruments traditionnels. Les quotidiens et les journaux, les publications de différente nature, les télévisions et les radios catholiques restent très utiles dans un panorama complet des communications ecclésiales. « De même que le contenu des médias doit être naturellement adapté aux besoins des différents groupes, leur but devrait toujours être de rendre les personnes conscientes de la dimension éthique et morale de l’information. De même, il est important de garantir la formation et l’attention pastorale des professionnels de la communication. « Souvent, ces hommes et ces femmes se trouvent devant des pressions particulières et des dilemmes éthiques qui surgissent du travail quotidien ; beaucoup d’entre eux «veulent sincèrement savoir et faire ce qui est juste dans le domaine éthique et moral», et ils attendent de l’Église une orientation et un soutien. « L’Église, forte du message de salut reçu de son Seigneur, est aussi maîtresse d’humanité. Aussi ressent-elle le devoir d’apporter sa propre contribution pour une meilleure compréhension des perspectives et des responsabilités liées au développement actuel des communications sociales. Justement parce qu’ils influencent la conscience des personnes, forment leur mentalité et déterminent leur vision des choses, il faut réaffirmer de façon forte et claire que les instruments de communication sociale constituent un patrimoine à défendre et à promouvoir. « Il est nécessaire que les communications sociales entrent, elles aussi, dans un cadre de droits et de devoirs organiquement structurés, tant du point de vue de la formation et de la responsabilités éthique, que des références aux lois et aux compétences institutionnelles. « Le développement positif des médias au service du bien commun est une responsabilité de tous et de chacun.» Et le Pape termine en mettant les moyens modernes sous l’invocation de la Sainte Vierge : « À Marie, qui nous a donné le Verbe de la vie, et qui a médité dans son c?ur ses ineffables paroles, je confie la route de l’Église dans le monde d’aujourd’hui. Que la Vierge Sainte nous aide à communiquer par tous les moyens la beauté et la joie de la vie en Jésus-Christ notre Sauveur.» Le Pape, toujours là au 21ème siècle, prend donc position en faveur d’Internet. Il ne pouvait guère faire autrement et considérer que le web était un terrain d’enfer. Sur le site de Pèlerin, Pèlerin.info, je relève sous la plume de Patrick Coudreau des propos sur la radio et les jeunes : « Un ado sur deux écoute la radio tous les jours. Pendant les heures de libre antenne, on y parle de sexualité de manière crue. Que faire quand son enfant est “accro” à ces émissions ? « Un jeune sur deux, entre 12 et 18 ans, est «scotché» à une ou plusieurs stations entre une et trois heures par jour, parfois davantage, le taux d’écoute étant supérieur le soir (71 %, contre 63 % le matin), même si l’après-midi a aussi ses inconditionnels. Et 30 % des 11-20 ans estiment qu’ils ne pourraient pas s’en passer. «Normal,sourit Michel Hughier, du Centre de liaison de l’enseignement et des moyens d’information (Clemi),elles sont spécialement conçues pour eux. Ils y écoutent ce qu’ils aiment et ils y discutent des mêmes choses. Des tribus se créent : il y a les inconditionnels de Skyrock, de Fun Radio, etc. Un phénomène d’identification typique de l’adolescence. » (?) « Peut-on tout traiter sur un mode hilarant, voire franchement déplacé ? C’est la question que beaucoup d’adultes se posent au sujet des émissions dites «de libre antenne» que les stations destinées au jeune public programment à partir de 21 heures. Si on y débat des aléas de la vie scolaire, des difficultés des relations avec les copains et les copines, on y aborde également, de manière très crue, les questions de sexualité. « Certaines confidences des auditeurs donnent régulièrement lieu à des dérapages verbaux, plusieurs fois sanctionnés par le Comité supérieur de l’audiovisuel (CSA). En théorie, cette instance de régulation ? qui peut être saisie par n’importe quel auditeur, même mineur, en cas de propos jugés choquants ? peut aller jusqu’à suspendre l’autorisation d’émettre d’une station. (?) – ?aucune station ne doit diffuser, entre 6 heures et 22 h 30, des programmes susceptibles de heurter la sensibilité des auditeurs de moins de 16 ans?. (?) « Pour se justifier, dirigeants des stations et animateurs parlent de réponse à un besoin, chez leurs auditeurs, «de s’exprimer sans tabou». D’autant qu’en dehors de ces émissions que le jeune écoute dans le refuge de sa chambre, il n’existe guère de lieu où garçons et filles puissent s’exprimer sur ces sujets, de cette manière-là en tout cas, c’est-à-dire avec des mots qu’ils n’utiliseraient pas avec leurs parents. «L’anonymat est complet, ce qui représente pour certains l’occasion de faire de la provocation à laquelle ils ne croient pas eux-mêmes », analyse Michel Hughier. « Tout n’est pas à jeter dans ces bavardages tous azimuts. «Les jeunes reconnaissent que Difool est parfois grossier, oui, mais qu’il parle comme eux et que son émission leur permet d’avoir des réponses à leurs questions, note Odile Lemant, psychologue clinicienne. Forts de ce succès, les animateurs-stars en rajoutent. Se définissant comme des «jeunes s’adressant aux jeunes sur des radios faites pour et par les jeunes» ? même si Difool, Max ou Romano ont tous dépassé la trentaine ?, ils se créditent d’une autorité que bien des observateurs leur contestent. «Ils sont perçus comme le grand frère à qui on peut tout confier, souligne Michel Hughier.Mais ils n’en ont pas les moyens, puisqu’ils ne connaissent rien, ou presque, de la vie de celui ou celle qui appelle.» « Surtout, à force d’évoquer à l’antenne des pratiques sexuelles marginales, ils courent le risque de laisser entendre qu’elles constituent la norme, quitte à complexer, voire inquiéter, des adolescents encore en pleine recherche identitaire. « Nous ne remettons pas en question l’intérêt d’un espace de libre parole, explique Myriam Naël, membre du conseil d’administration du Collectif interassociatif enfance et média (Ciem),nous demandons simplement à ceux qui répondent aux jeunes de le faire de manière responsable et respectueuse. » « En l’absence d’autres garde-fous ? on peut regretter que l’école, notamment, éveille si peu le sens critique des élèves quant aux radios qui leurs sont destinées ?, les parents se retrouvent donc en première ligne. «Il est capital qu’ils se responsabilisent comme ils l’ont fait pour la télévision ou Internet, insiste Agnès Vincent-Deray, du CSA.Or très peu de parents écoutent les émissions qui ont la faveur de leurs enfants. » L’Église évolue ! Le Pèlerin d’antan, évangile des chaumières, n’aurait jamais évoqué de tels sujets?


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