Citrix rachète ShareFile: pour partager quoi?

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Cette acquisition d’un éditeur de partage de fichiers en ligne est présentée comme un investissement stratégique sur le cloud computing. Rien de moins…

Il est parfois des acquisitions étonnantes, et des explications stratégiques pour le moins surprenantes.
Ainsi en est-il du rachat de ShareFile par Citrix.
Certes, il faut toujours rassurer le marché et les investisseurs.

Envoyer des grosses pièces jointes via un stockage en ligne, partager de façon sécurisée des fichiers dans un dataroom virtuel (ou plus simplement un espace en ligne avec gestion de droits d’accès) fait-il de ShareFile un acteur incontournable du cloud ? À voir.
Sur son service en ligne créé en novembre 2005, ShareFile annonce 2 millions d’utilisateurs en entreprise, dont plus de 14 000 payants, sur plus de 100 pays. Le service permet d’envoyer des fichiers joints d’une taille de 10 Go, avec gestion du suivi.
Depuis 2009, ShareFile a aussi lancé sa Data Virtual Room, des espaces sécurisés de partage de documents intégrant des normes règlementaires destinées aux secteurs financier, juridique et des biotechnologies.

Une activité cloud stratégique ?
Citrix met en avant l’acquisition d’une « plate-forme technologique puissante et d’une équipe talentueuse et expérimentée dans le cloud computing et les services liés aux données.»
Des propos à tempérer. En effet, les équipes disposent certainement de talents sur le service en ligne, mais l’aspect cloud démontre ici toute sa force marketing. Il s’agit en fait d’un service en ligne très classique, qui a le mérite d’avoir survécu au milieu d’une ribambelle d’acteurs -plus ou moins fantaisistes – dont la plupart ont disparu ou sont moribonds.

Un modèle économique assuré ?
Quant au modèle économique de ce genre d’entreprise, il s’agit de services qui risquent fort d’être rapidement proposés par les fournisseurs d’accès Internet, soit gratuitement, soit à des prix très compétitifs. Il s’agira alors d’apporter réellement une forte valeur ajoutée.
Bref : une opération très intéressante pour les créateur de cette société. Peut-être pour Citrix qui pense en obtenir un portefeuille de TPE/PME.
De là à parler « d’une acquisition hautement stratégique » pour un spécialiste des communications sécurisées à distance…
Quelques-uns de ses ingénieurs pourraient sans aucun doute développer ce type de service en quelques semaines.
Enfin, il semble exagéré de parler d’outil de cloud collaboratif en ligne.
En effet, si les mots ont encore un sens, un outil de collaboratif va bien au-delà de ces quelques fonctions intéressantes, mais tout de même basiques : collaboration en temps réel en ligne, workflows, édition de documents en ligne, collaboration multimédia…

Les conditions de cette acquisition n’ont pour l’instant pas été divulguées.
Il serait raisonnable de penser que le montant de la transaction ne sera pas de nature à impacter les résultats de Citrix.


Auteur : José Diz
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