Cloudwatt ambitionne de devenir le moteur européen du cloud

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Cloudwatt moteur europeen

En amont du lancement de son offre en décembre, Cloudwatt, nouvel acteur du cloud computing soutenu par l’État français, a dévoilé mardi sa stratégie et précisé tabler sur un chiffre d’affaires de 500 millions d’euros à l’horizon 2017.

Près d’un mois après qu’Arnaud Montebourg a salué l’avènement du cloud français, Cloudwatt, entreprise commune d’Orange, Thales et la Caisse des dépôts présidée par Patrick Starck, a dévoilé ses ambitions mardi lors d’une conférence de presse organisée à Paris, Quai Branly, en présence de la ministre Fleur Pellerin.

Dédiée au développement de services d’infrastructure en mode cloud, l’entreprise ambitionne de devenir un leader européen de l’informatique en nuage à l’attention de « tous les professionnels », PME, grands comptes et secteur public.

De la souveraineté numérique

« Le cloud est une révolution comportementale, technologique, sociétale… Les cartes seront redistribuées. Nous avons une chance de peser sur ce marché en tant qu’acteur européen, de coller à la demande, à la hausse ou à la baisse, avec un paiement à l’usage », a déclaré Patrick Starck. Ce point de vue est partagé par Fleur Pellerin.

Après avoir déclaré que l’enjeu consiste à garantir « la souveraineté numérique de la France, dans la puissance de calcul comme dans le stockage des données », la ministre en charge de l’Économie numérique a rappelé qu’exploiter les atouts du cloud, dont les économies d’échelle réalisées grâce à la mutualisation des ressources, est essentiel.

L’Europe elle-même, en dévoilant le 27 septembre sa stratégie visant à stimuler la productivité de l’UE grâce à l’informatique dématérialisée, « assume pleinement que les pouvoirs publics ont un rôle central a jouer dans le domaine ». Fleur Pellerin a poursuivi : « le cloud computing représente déjà un marché de 2,8 milliards d’euros en France et enregistre une croissance de 35 % par an ». Et 80 % des sociétés utilisatrices réduiraient leurs coûts de 10 % à 20 %.

Pour « stimuler la compétitivité, partager les risques et bénéficier d’un effet de levier sur l’investissement privé », l’État a donc investi dans deux projets concurrents, à savoir : les sociétés Cloudwatt et Numergy qui disposent chacune d’un capital de 225 millions d’euros, dont 75 millions investis par la Caisse des dépôts via le FSN.

Il s’agit par conséquent de soutenir de grands acteurs européens capables de faire face à la concurrence américaine de firmes telles que IBM, Google et Amazon. Parallèlement, davantage de PME françaises actives dans les infrastructures, plateformes et logiciels en tant que services (IaaS, Paas, SaaS) pourraient bénéficier des investissements d’avenir. Les concertations débuteront dans « les semaines à venir », a déclaré la ministre.

Lancement de l’offre commerciale en décembre

En amont de la présentation de ses tarifs le mois prochain et de la commercialisation de son offre en décembre, Cloudwatt veut convaincre de sa crédibilité l’auditoire constitué d’investisseurs, industriels, politiques et journalistes.

Son modèle de commercialisation est hybride. Cloudwatt disposera d’une interface de type e-commerce et pratiquera la vente directe, mais la majorité de ses revenus émaneront de la vente indirecte effectuée par des partenaires, SSII, éditeurs de logiciels et intégrateurs, qui adapteront ses services à leur propre clientèle.

« Nous partons d’une page blanche. La sécurité est au cœur de notre stratégie, ainsi que la transparence », a affirmé Patrick Starck, avant de préciser que le modèle de Cloudwatt consiste à produire « en grand volume et à bas coûts – low cost ne veut pas dire mauvaise qualité – des services standards, prêts à utiliser ».

Le président de Cloudwatt a insisté : « Nous avons l’agilité d’une startup. Il n’y a pas de transfert d’actifs de la part d’Orange et Thales, qui contribuent au projet en tant qu’investisseurs, partenaires et clients. De plus, nous privilégions la réversibilité et ne voulons pas enfermer les clients dans des architectures propriétaires, bien au contraire. »

Dans ce contexte, l’open source est un élément « stratégique et structurant » pour Cloudwatt. L’entreprise a opté pour une infrastructure système ouverte (OpenStack, jBilling, SugarCRM, Prestashop…) installée dans le datacenter d’Orange Business Services à Val-de-Reuil (Eure) et sécurisée par Thales.

De plus, Cloudwatt est ‘corporate sponsor’ de la fondation OpenStack et contribue au développement de l’écosystème open source en coopération avec des acteurs tels que eNovance, Ysance, Alpha Layer et Linagora.

Cloudwatt envisage 300 à 500 emplois directs et table sur 500 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici cinq ans.

Crédit photo : © Silicon.fr


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Auteur : Ariane Beky
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