Club CRIP et UE: quid du 'green IT' au delà du datacenter?

Réseaux

50% des entreprises ne se sentiraient pas concernées par les écononomies d’énergie  -dixit une étude d’Avanade. Pourtant, quelques questions se posent…

Petites structures, PME ou collectivités locales: ces sites ne disposent généralement pas d’un datacenter. Et cependant, collectivement, ils accroissent les consommations vertigineuses en énergies. Or, personne ne se sent concerné par l’empreinte carbone!

Du reste, notons au passage qu’une toute récente étude d’Avanade (**) montre que 50% des entreprises ne se sentent pas concernées par les écononomies d’énergie.

Alors faisons de l’analogie : une partie des services utilisés par les petites structures sont effectivement délocalisés dans des datacenters sur lesquels les organismes de normalisation et de gouvernance se sont penchés, suite à l’impulsion donnée par l’UE ( DG environnement, Infoso, Energie et Transport), une bonne partie des équipements qui requiert de l’énergie se situent dans les locaux du petit client, voire dans sa maison.

Ce dernier doit donc avoir une vision globale « développement durable » tant dans ses décisions d’investissement en équipements basse consommation (indication faussée mais existante), mais aussi en équipements de label durable (fabrication, consommation, recyclage…) .

Alors, si des indicateurs sont pertinents au niveau datacenter, certains d’entre eux devraient l’être au niveau des TPE et des particuliers. Si les datacenters réclament une supervision fine des indicateurs et une automatisation, une optimisation des coûts énergétiques, ainsi qu’une diversification des sources, pourquoi ne pas y penser pour eux ?

Une supervision globale de l’énergie (chaufferie, équipements électroménagers, de loisirs, IT et télécoms…) permettrait au consommateur citoyen d’être sensibilisé, d’être davantage attentif à l’optimisation, de pouvoir décider en fonction de ces besoins. Par exemple: éteindre manuellement ou automatiquement l’éclairage dès qu’une pièce est vide. Autre exemple: activer son chauffage, ses équipements ménagers aux heures de moindre coûts et risques sur la consommation

C’est léonin, mais il y a aussi besoin d’observations plus fines (même en disposant d’alimentations dynamiques en fonction de la puissance consommée) sur le chauffage en fonction des variations de températures et des pièces, sur les productions d’énergies diversifiées, sur la consommation d’eau, sur la multiplicité des petits appareils (iPad, iPod, chaîne hifi, disques, téléviseurs…)

Alors comment piloter ? Le savoir faire sur la “supervision au niveau des opérateurs de service ne peut-elle pas s’appliquer aux TPE voire aux particuliers? Comme pour d’autres types de professionnels, travailleurs indépendants, professions libérales?

L’effort nécessaire pour sensibiliser, pour conseiller, pour informer et aider à prendre des décisions au niveau individuel n’est-il pas à la hauteur de l’enjeu? Qui alors aujourd’hui conduit la réalisation de bonnes pratiques, l’éducation , la réflexion, la définition des actions et des services nouveaux évoqués ci-dessus ?

Afin que l’on ait dans quelques années des résultats significatifs en termes de réduction de la dépendance énergétique, en termes d’efficacité énergétique et de réduction des coûts au niveau des individus, ne peut-on pas avoir un montage de réflexion comme l’ont fait opérateurs, fournisseurs , organismes de normalisation dans le cas du GSM (GSMA, ETSI…) ou des opérateurs et installateurs en termes de qualité d’installations dans les immeubles (‘Q2C’ en France) ? Ici sont concernés fournisseurs d’énergies locales, opérateurs de réseaux, organismes de normalisation, représentants utilisateurs , prestataires de services… La liste est longue!

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(*) Michel Borne, consultant chez Bream & Laanaia

( **) Plus de 50% des entreprises ne comptent pas leur énergie IT Une étude mondiale, commanditée par Avanade, révèle que plus de la moitié des entreprises ne tiennent pas compte du coût de l’énergie dans leur budget IT.Certes, les dirigeants et les décideurs en informatique soulignent l’importance majeure de l’énergie dans les coûts de fonctionnement, mais, en réalité, ce facteur est négligé dans l’organisation du budget.Nous sommes en plein paradoxe. Les entreprises sont d’accord pour dire que l’énergie est un poste essentiel, mais plus d’un responsable consulté sur deux avoue ne pas tenir compte de ces coûts lors de l’établissement du budget IT.« Dans les conditions actuelles, les entreprises ont réduit leur budget d’investissement et leurs ressources en informatique », déclare Tyson Hartman, CTO mondial chez Avanade. « Elles veulent maintenir la rentabilité avec des ressources réduites, tout en améliorant la qualité du service. Un cabinet d’études en informatique estime que dans les années qui viennent, la plupart des centres de données coûteront autant en énergie qu’en infrastructure. Afin d’être capable d’ajuster le budget informatique pour contrôler ces coûts croissants, il faut donc commencer à étudier des alternatives plus respectueuses de l’environnement comme la virtualisation de serveurs et l’informatique de type cloud. »Cette étude montre une évolution des priorités :- plus de la moitié des entreprises affirme évaluer les coûts associés à un système avant de le mettre en place;- pour 89 % des responsables consultés, le coût d’acquisition est un facteur important de toute décision d’achat;- l’énergie est l’un des trois principaux postes de coût annuel pour 25 % des entreprises.Or, la plupart des entreprises ne mesurent pas leur consommation d’énergie. Ce n’est pas une de leurs priorités pour réaliser des économies.- 53 % des entreprises ne tiennent pas compte du coût de l’énergie lors de l’établissement du budget IT. Ceci conduit à un net décalage entre les prévisions du budget et de la mise en place de l’informatique dans la société;- Seulement 26 % intègrent la réduction de la consommation d’énergie dans leur stratégie d’économies;- le coût de l’énergie est également un facteur majeur lors de l’étude des solutions de ‘cloud computing’ et de ‘SaaS’ (Software-as-a-Service). Pour 51 % des entreprises, la consommation d’énergie est un facteur important lors de l’étude de solutions de type cloud.Réalisée par Kelton Research pour Avanade entre le 26 août et le 11 septembre 2009, cette étude sur le ‘Cloud Computing’ a été réalisée. 502 directeurs, chefs d’entreprise et décideurs en informatique ont été consultés. L’étude couvrait 18 pays en Amérique du Nord, en Europe et en région Asie-Pacifique.

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