Collaboration en ligne : plus 40 % par an jusqu’en 2010

Logiciels

Une étude du cabinet Markess sur ce marché montre l’intérêt croissant des organisations pour ces solutions, et indique les freins essentiels à leur adoption

Pour cette étude “ Solutions Collaboratives & Communication d‘Entreprise en mode ASP / SaaS” le cabinet Markess International s’est appuyé sur 280 interviews de responsables d’organisations françaises et 30 entretiens d’éditeurs, réalisés en avril et mai 2008. « Ce panel regroupe 147 “adeptes” utilisant déjà des solutions collaboratives en mode ASP/SaaS ou l’envisageant d’ici 2010, et 133 “ incertains” ou “ réfractaires”, » précise Emmanuelle Olivié-Paul, directrice associée chez Markess International.

Par “ASP/Saas”, l’étude se réfère à des « solutions applicatives le plus souvent accessibles en ligne via IP et un navigateur, payées en fonction de l’utilisation, hébergées hors de l’entreprise, sans acquisition de licences logicielles. » Coté applications, il s’agit de : messagerie d’entreprise, agenda partagé en ligne, outils de bureautique en ligne, solutions de conférence web, wikis, blogs et autres outils de gestion de réseaux sociaux, gestion de projet, gestion documentaire, et des solutions de type Centrex IP.

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Bling-bling sur le collaboratif

Emmanuelle Olivié-Paul souligne l’intérêt des organisations pour le segment des “blog-wiki-réseaux sociaux“ « grâce à des interfaces web ergonomiques, simples à utiliser et naturelles pour les plus jeunes employés. »Pourtant, on constate surtout le phénomène de mode et le peu de concrétisation sur le terrain. Bien entendu, cela suffit peut-être à en faire un argument marketing. Car, un blog nécessite d’y consacrer du temps, et donc de perdre en productivité. Par ailleurs, il serait suicidaire d’inciter les employés à partager à partager leur profil en ligne, sauf à vouloir s’en débarrasser en ces heures de manques de profils intéressants. Enfin, les divers portails et logiciels RH proposent tous des interfaces Web. Et ce, pour toutes les bourses, y compris en mode ASP…

Un marché dynamique avec des applications “traditionnelles” à l’honneur.

Le marché français de la collaboration en mode ASP-Saas est évalué par Markess à 150 millions d’euros en 2008. Si ce segment reste modeste dans un marché français des applications de 1,2 milliard d’euros en 2007, il est appelé à croître de 53 % pour atteindre 230 millions en 2009, et de 43 % jusqu’à 330 millions de 2010. Des chiffres tout de même respectables, si l’on considère que le territoire vierge des PME/PMI reste à conquérir.

Pour Emmanuelle Olivié-Paul, le marché français de collaboration en mode ASP-Saas regroupe « de très grandes organisations de plus de 10 000 collaborateurs et de celles de moins de 99 employés. Ces dernières n’étant généralement pas encore équipées y trouvent aussi un intérêt économique.»L’étude montre aussi que les pionniers du secteur des technologies de l’information mènent le bal avec 70 % des entreprises de ce secteur ayant recours à ces solutions ou l’envisageant. Par ailleurs, la banque, l’assurance et les services apparaissent plus ouverts et moteurs que d’autres secteurs.

52 % des sondés affirment utiliser ou avoir planifié l’utilisation de solution collaborative en mode ASP ou Saas d’ici à 2010. Parmi les applications les plus sollicitées, on retrouve logiquement le partage d’agenda ou de calendrier en ligne (34 %) et la messagerie (33 %), ainsi que la conférence à distance (30 %). En revanche, les intentions d’équipement d’ici à 2010 donnent la priorité au partage d’agenda et à la gestion de projet (31 %) suivi de la conférence en ligne et à la gestion de contenu (30 %). Bref, la traduction logique du travail en mode projet et en équipe, avec des collaborateurs souvent dispersés géographiquement.

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Les raisons d’y aller, ou de s’en passer

Parmi les leviers favorisant l’adoption des solutions collaboratives en mode ASP-Saas, les sondés citent à plus de 50 % : la facilité d’accès (notamment via un navigateur web), l’accès distant pour des collaborateurs nomades (mobilité ou télétravail…), la volonté d’encourager le partage et la collaboration en réseau, la recherche d’économies sur les coûts de réunion, le retour sur investissement rapide, ou encore la réponse à la dispersion géographique ou au multisites. Autant de raisons qui pourraient inciter les plus hésitants.

En tête des freins majeurs parmi les organisations réfractaires, on trouve l’intégration difficile au système d’information existant pour 47 % (frein secondaire pour 23 %). Cela explique certainement le peu d’engouement exprimé par les PME/PMI rapporté par Pour Emmanuelle Olivié-Paul : pas ou peu informaticiens en interne, informatique souvent hétérogène, etc. Un grand classique arrive au second rang des freins : la sécurité des échanges et confidentialité mentionnée par 45 % des sondés (et en secondaire par 30 %). Une appréhension renforcée par le troisième argument avancé : l’hébergement hors de France (45 % et 19 %). Enfin, la problématique d’intégration aurait pu être résolue par la synchronisation, mais les sondés place en quatrième frein “ Synchronisation avec d’autres outils” (38 % et 28 %).

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Si on confronte les avantages avancés aux freins redoutés, on constate que les obstacles devraient facilement être levés. Un lourd travail d’explication de la part des prestataires s’impose, en s’appuyant peut-être sur les témoignages de clients déjà satisfaits. Néanmoins, si le changement des habitudes des utilisateurs peut rendre l’exercice plus délicat, les objections des informaticiens (parfois injustifiées) représentent aussi un point de focalisation auquel les offreurs commencent à s’attaquer. Après être passés pendant longtemps directement par les directions opérationnelles.


Auteur : José Diz
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