Comment le client léger apporte-t-il de vraies économies ?

Régulations

Retour d’expérience avec le service informatique de la ville de Dayton, de l’Etat américain de l’Ohio, qui abandonne son architecture informatique hétérogène et obsolète, et ses PC, au profit de postes clients légers en réseau

Lorsque William Hill a pris la direction des services IT de la ville de Dayton, il fait un constat qui l’effraie : 2.200 des 3.000 employés disposent d’un poste informatique de bureau, mais plus de 10 logiciels différents de traitement de texte circulent, et il est incapable d’évaluer le nombre de bases de données actives.

Les utilisateurs sont dispersés dans 123 bâtiments. Et les données stratégiques de l’administration, stockées sur 6 mainframes obsolètes, ne sont accessibles que par 80 terminaux via des connexions en 9,6 Ko/s. Résultat, les données stockées sur les ordinateurs sont inaccessibles, la gestion des postes est devenu ingérable, et les mises à jours sont un vrai cauchemar. Tournant le dos aux nombreux projets de réseaux de PC qui lui sont proposés sur le marché, une spécialité américaine, William Hill va faire un choix technologique inattendu : des postes clients légers. Le “client léger” est basé sur une combinaison de postes Wyse Winterm, qui agissent comme des terminaux. Les applications et appels aux données s’exécutent à l’aide de Windows Terminal Server de Microsoft (ou Microsoft Remote Desktop Protocol pour les postes mobiles) et de Metaframe (devenu Presentation Manager) de Citrix. Un réseau de fibre optique relie les serveurs. Quant aux données, elles ont disparu des postes PC. Elles sont désormais stockées et consolidées sur des périphériques de stockage connectés en NAS et SAN, solutions Clariion d’EMC, puis sur des librairies de bandes StorageTek. Bilan de l’opération, William Hill annonce une économie annuelle de 700.000 dollars. Principalement obtenues sur la réduction des coûts de maintenance auprès des utilisateurs, ainsi que sur l’administration des applications et des données. Exemple concret, le service informatique est passé de 75 à 36 employés ! Le marché du client léger va exploser Une étude d’IDC révèle que le marché des clients légers devrait progresser annuellement de 20% entre 2005 et 2008. Et la part de marché des équipements de l’utilisateur léger devrait doubler sur la même période et occuper 2% du marché global des PC. Les acteurs du marché sont prêts. Microsoft, Citrix, HP ou Sun pour les applicatifs, le support du client ou des serveurs. Wyse, Neoware et HP occupent la plus grande part côté client. Enfin Tarantella, Novell Zenworks et Citrix apportent une valeur ajoutée par des outils de la sécurité et de ‘load balancing‘ entre les fermes de serveurs Quels avantages peut-on en tirer ? Une étude de Gartner compare le modèle du PC en réseau avec celui du client léger ou terminal sous Windows. L’économie globale TCO (total cost of ownership) serait de l’ordre de 35% à 40%. Le principal poste d’économies porterait sur le coût des opérations directement liées aux terminaux Windows, pour une réduction de coût plus sensible encore, de l’ordre de 40% à 72%. Suivent la résolution des problèmes, les changements de configuration, la gestion des disques et données, la planification des capacités de stockage, la sauvegarde, l’archivage et la restauration. La centralisation des données est l’une des principales motivations des entreprises qui passent au client léger. Mais les avantages sont multiples. Ainsi, une application est toujours à jour, les fichiers sont synchronisés, les temps de maintenance réduits. Le ROI (return on investment) s’en trouve accéléré. L’une des forces du client léger c’est que si une branche cède, les données restent dans le data center, sur lequel se concentre toute l’attention en matière de sécurisation et de sauvegarde. Une démarche qui n’incombe plus à l’utilisateur, qui ne souffre plus des problèmes physiques éventuels de son poste en matière de données. La centralisation ne fait pas tout ! Autre argument, la centralisation apporte un très haut niveau de contrôle de l’intégrité des données, sans avoir à se préoccuper des multiples versions éventuelles d’un même contenu. Erreur ! Centraliser l’information n’implique pas automatiquement que de multiples versions d’une même donnée ne circulent. Cette faille inévitable vient démontrer que l’adoption d’une stratégie et d’une plate-forme de clients légers doit s’accompagner d’une évolution culturelle de l’entreprise. Le client léger implique au contraire une démarche très rigoureuse, surtout sur la gestion et le stockage des données. C’est un aspect qui manque dans la communication des acteurs de ce marché, sans doute par la dispersion de ces dits acteurs et le manque de maîtrise de l’ensemble des pièces du puzzle. L’autre danger provient de la tendance à réduire l’ensemble des budgets IT. Pourtant une large attention doit être consacrée au stockage des données, une évolution technologique majeure influencée par l’explosion des volumes de données et l’évolution des règles de gouvernance. Les sous systèmes de stockage attachés à un SAN, par exemple, sont encore d’un prix sensiblement plus élevé. Et les attentes du client en volume de stockage n’ont théoriquement pas de limité. Et puis, le client léger ne peut pas tout supporter ! Et de nombreuses applications ne peuvent encore tourner sur un environnement partagé de ce type. Actuellement, à Dayton, le ratio client léger / poste PC est de l’ordre de 50/50. Mais William Hill n’en démord pas. Il vient de passer commande de serveurs blade HP et de terminaux Wyse 9450. Avec un objectif, passer à 90% de clients légers?


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