Comparatif Mac G5 : la communauté Apple s’émeut !

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Ce n’est pas impunément que l’on s’attaque à Apple ! Après nos articles sur les tests concernant l’Apple Power Mac G5, la communauté Apple fait front…

La communauté Apple est réputée pour sa réactivité et sa passion, et nous le prouve à la suite de la publication de notre article relatant certains doutes quant à l’intégrité des tests ayant permis de mesurer le Power Mac G5 face à sa concurrence sur plateforme Intel.

Devant l’abondance de réactions, nous vous communiquons quelques morceaux choisis, avec le regret de ne pouvoir publier tous vos commentaires, faute de place et de temps. Olivier Martin : Contrairement à ce que vous affirmez, il semblerait qu’Apple ait été au contraire d’une honnêteté inhabituelle dans ses tests de benchmark, en désactivant SUR LES DEUX PLATEFORMES, tout ce qui est spécificités et optimisations … Nous n’avons pas souhaité mettre en doute l’honnêteté d’Apple, et le ton conditionnel de notre article se voulait prudent. Les tests sont souvent soumis à caution, et ce n’est pas spécifique à Apple. Si généralement les tests sont bons, ce sont leurs interprétations qui sont souvent sources d’interrogations. Olivier Martin : On dirait que ça vous choque qu’Apple fasse mieux que Wintel ? J’ai l’impression qu’au delà de ces tests il s’agit plus d’un système de valeur et d’une idéologie (celle d’Apple) et d’une certaine “vision” de l’informatique que vous contestez. A mon sens il serait plus honnête de l’exprimer franchement… C’est mal nous connaître, chez Silicon.fr, que de douter de notre attitude face à Apple. Le ton critique de nos articles devrait vous rassurer sur ce point. IC16 Gillet : Les ordinateurs Apple ont toujours été d’un fonctionnement plus simple que les PC. Aujourd’hui, je constate de plus en plus des bogs et des virus sur les Pc. Rien de cela chez Apple. Nous travaillons professionnellement depuis 20 ans, avec ce matériel qui nous donne une satisfaction totale. Les PC, non. Pourquoi avez vous cette position négative vis-à-vis d’un fabricant qui innove et avec intelligence ? Votre position nuit à votre image de sérieux… Vous croyez ? Nous constatons donc, bizarrement, que nos articles critiques sur AMD, Intel ou Microsoft, ne nuisent pas à notre image ! Ils procèdent pourtant de la même démarche critique que sur l’article Apple incriminé. Samuel Malarik : Je vous demanderai de bien vouloir lire les benchmarks publiés par VeriTest et renseigner les renseignements publiés concernant la désactivation des instructions « non standard ». En vous croyant de votre impartialité journalistique, je vous demanderai de bien vouloir vérifier vos informations avant publication. Avez vous remarqué que nous avons fait plus fort encore, puisque nous vous avons fourni le lien vers l’original des tests effectués par VeriTest, ce qui vous a permis de vous faire votre propre opinion. Samuel Malarik : Concernant votre brève, veuillez noter que VeriTest a voulu faire des comparaisons sur les processeurs et non sur l’ensemble des fonctionnalités offertes par les puces. Ils ont donc choisi des configurations réellement comparables de par leurs spécificités. Vous notez que VeriTest a désactivé les instructions SSE2 et la fonction d’HyperThreading des puces INTEL, mais sachez que sur les G5, les instructions VelocityEngine (qui pour rappel font la différence entre des processeurs G3 et G4 ? et Dieu sait qu’elles font une réelle différence de puissance) l’ont été aussi. De plus votre article mentionne que le compilateur n’était pas optimisé pour l’architecture X86. Alors si on continue sur ces points, on noterait que ni le système (tests sous Jaguar ? 32 bits), ni le compilateur n’était optimisé pour la capacité 64 bits du G5 ! Pierre-Louis LAMBALLAIS : Je suis développeur depuis de nombreuses années et plus particulièrement développeur en assembleur depuis 1987. J’ai beaucoup pratiqué les processeurs de la famille 68000 et je fais aujourd’hui du PowerPC. Je reste toujours surpris par cette volonté de test et surtout par les résultats dont je ne vois pas l’intérêt, et surtout la véracité. En effet, nous sommes dans une spirale assez étonnante : d’un côté nous avons des langages de plus en plus éloignés de la machine (C++, Java…), et de l’autre nous avons des processeurs dont le fonctionnement est optimisé d’une manière telle que les compilateurs n’ont quasiment aucune chance de s’en sortir. Ainsi, sur les PowerPC, deux travaux essentiels ont été menés pour l’optimisation : 1) Avoir des instructions qui font toutes la même taille. Elles occupent toutes 4 octets, ce qui permet de se déplacer très rapidement en mémoire. Ainsi, les branchements qui prennent habituellement beaucoup de temps sur les processeurs, sont presque tout le temps “prédis” sur les PPC et n’occupent même pas un cycle d’horloge. 2) Des canaux de décodage d’instructions ont été ajoutés, permettant de décoder plusieurs instructions en même temps. Mais derrière ce tableau idyllique se cache de grosses ruses : ainsi un PPC n’est pas capable de décoder simultanément des instructions identiques ! Il n’a pas en fait plusieurs exemplaires d’un décodeur, mais plutôt plusieurs décodeurs spécialisés. Ainsi sur un G4, il y a un décodeur pour les instructions sur les entiers et un autre pour les instructions sur les flottants. Prenons quelques instant pour imaginer un bout de code avec 20 instructions sur les entiers et 20 instructions sur des flottants. Si on écrit le code avec d’abord les 20 “entiers” et ensuite les 20 “flottants”, on ne va pas utiliser les deux décodeurs en même temps : pendant qu’on traite les 20 instructions sur les entiers, le décodeur flottant est au chômage technique, et vis versa. Un bon développeur en assembleur va mélanger allégrement les 2 types d’instructions. Il va se retrouver avec un code hyper confus, mais qui va utiliser à plein les deux décodeurs en même temps et qui va donc aller très vite. De même, la prédiction des branchements ne peut se faire qu’avec une distance entre les tests et les branchements. En clair, au lieu de faire “groupe de calcul, decrémentation du compteur, branchement suivant sa valeur” il faut faire “décrémentation du compteur, groupe de calcul, branchement suivant valeur du compteur”. Là encore, on va gagner énormément en vitesse, mais construire automatiquement du code de ce type avec un compilateur, ça me ferait doucement rigoler, en tout cas certainement pas avec des compilateurs aussi récent que ceux qu’on a sur les G4 ou les G5. La seule manière de tester serait de prendre modèle sur les challenges entre démo-maker : voici une image calculé par un algo et voici le code en C de cet algo. A vous de ré-écrire ça comme vous voulez pour que ça aille le plus vite possible. Mais là, on est loin de “je prend un bout de code, je compile et je regarde un pseudo-résultat. Une idée bien séduisante, mais qui risque fort de ne contenter aucune des communautés. Merci à tous pour vos contributions. Il n’y a guère que les “Apple maniacs” ou les “Linuxiens” pour s’exprimer avec autant de ferveur. Et merci de continuer à nous faire part de vos commentaires à redaction@silicon.fr Lorsque l’on teste deux véhicules automobiles, on ne débranche pas des accessoires de l’un sous prétexte que l’autre n’en dispose pas ! Pourquoi n’en est-il pas de même dans le monde informatique ?

Et peu importe que le G5 soit supérieur au Xeon, ou à l’Itanium. Ou le contraire d’ailleurs ! Car connaissez vous un fidèle d’Apple qui achèterait un serveur Itanium? et vice versa ? Quant aux tests, chacun sait que le testé essayera d’en présenter les résultats sous le meilleur profil par rapport à ses attentes. Il s’agit donc de conserver un regard critique. Que la communauté Apple soit sensible aux critiques, c’est tant mieux, car le rapport passionnel qui existe entre le Mac et son propriétaire est en partie ce qui assure la cohésion de la communauté, et qui permet à Apple de continuer d’occuper la position qui reste la sienne. Mais il ne peut y avoir deux poids, deux mesures, au même titre que nous ne pouvons adopter une attitude manichéenne, avec Apple dans le rôle du bon, et Wintel dans le rôle du méchant, ou le contraire d’ailleurs, et avec les utilisateurs de l’un ou de l’autre en arbitres… Mais au final, nous retiendrons que la polémique soulevée par notre article démontre que le monde Apple est toujours aussi passionnel, et nous nous en félicitons.


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