Compteurs Gazpar : GrDF ouvre les vannes pour Capgemini

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La SSII Capgemini remporte les premiers contrats autour de la mise en place des 11 millions de compteurs de gaz communicants de GrDF. Au total, la mise en place de Gazpar doit coûter plus d’un milliard d’euros à l’opérateur.

Désormais au coude à coude avec Linky dans son calendrier de déploiement, Gazpar, le compteur communicant de GRdF (réseau de distribution du gaz naturel), a reçu le feu vert du gouvernement dans le courant de l’été. La construction de la solution entre donc dans sa phase opérationnelle, avec la signature des premiers appels d’offre. Capgemini a ainsi annoncé cette semaine avoir remporté deux contrats (pour un total de 23 millions d’euros) portant sur la mise en place du système d’information permettant de gérer la masse de données que créeront les 11 millions de compteurs qui doivent être déployés sur le territoire entre 2015 et 2022. La SSII a notamment devancé IBM et Atos, deux autres spécialistes des smart grids, ainsi qu’un consortium bâti pour ce contrat. « La première partie du contrat porte sur la construction d’une solution permettant d’assurer la régularité de la télérelève. La solution que nous allons bâtir reposera sur une technologie Sagemcom, détaille Marc Giraud, directeur associé Energies & Utilities chez Capgemini. Le second volet vise à gérer la qualité de cette relève de données au travers d’Oracle MDM afin de produire les services qui seront exploités par GrDF mais aussi par les usagers. »

Concrètement, 15 000 à 20 000 concentrateurs vont transmettre à ces SI de collecte et de préparation des données les messages émis par les compteurs. « Dans la pratique, chaque compteur émettra deux fois par jour, et à chaque fois en double, les informations de consommation de la veille. Nous recevrons donc plus de 40 millions d’informations par jour une fois la totalité du parc déployé. Même si seules 11 millions d’informations seront ensuite réellement exploitées. » L’émission d’informations redondantes servant à atteindre le seuil fixé par GrDF : au minimum 98 % d’informations de consommation collectées.

Relève à l’heure voire au quart d’heure

Si cette maille quotidienne constitue le mode de fonctionnement classique de Gazpar, les SI sont prévus pour s’adapter à d’autres rythmes. « On sera capable de gérer des télérelèves instantanées », promet Marc Giraud. GrDF prévoit de facto de proposer à ses usagers un service de suivi à l’heure, afin qu’ils puissent mieux gérer leur consommation. De même,  une maille au quart d’heure est également prévue, GrDF ayant l’intention de se servir de cette option pour réaliser des campagnes de tests lui permettant d’améliorer sa compréhension des flux sur son réseau et de pouvoir le dimensionner en fonction. Le changement de cadence des compteurs Gazpar pourra être effectué à distance.

Selon les calculs de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), Gazpar ne devrait pas être rentable pour GrDF : les gains d’efficacité opérationnelle, notamment la diminution des opérations de relève manuelle, étant loin d’être suffisants pour compenser l’investissement. Mais, pour la CRE, Gazpar sera un gain pour la collectivité en raison des nouveaux services qu’amène la télérelève. Services qui permettront aux consommateurs de mieux maîtriser leurs dépenses. La CRE attend 1,15 milliard d’euros d’économies de ce seul poste. Et d’expliquer que, en Grande-Bretagne (18 000 foyers équipés) et en Irlande (2 000), les économies constatées sont comprises entre 2 et 3 % de la consommation des foyers. Pour ses projections en France, la CRE a retenu un gain de 1,5 %.

Prédire les pannes sur les compteurs

L’équation économique périlleuse du projet explique les efforts prévus d’emblée en matière de gestion du parc. Si les systèmes construits par Capgemini vont bien sûr alimenter le service de facturation de GrDF (construit par le même prestataire d’ailleurs), ils doivent aussi aider l’opérateur à optimiser ses interventions sur le futur parc de compteurs communicants. En détectant des anomalies, comme des données non transmises mais aussi une baisse de la puissance radio d’émission afin de déclencher des opérations de maintenance prédictive, sur des compteurs qui vont prochainement tomber en panne. « L’enjeu du taux de disponibilité des compteurs est lié à une amélioration des interventions », analyse Marc Giraud. A noter que Cap a prévu d’intégrer des données géographiques afin de proposer des cartes permettant d’analyser les incidents, facilitant ainsi la détection de trous de couverture (les communications s’effectueront en GPRS) ou la panne d’un concentrateur.

Après avoir travaillé sur les spécifications depuis janvier dernier, Capgemini entre dans la phase de réalisation des systèmes, étape qui doit lui prendre un an, selon Marc Giraud. Délai qui sera allongé d’une phase de tests et de recette, que le directeur associé de la SSII évalue une autre année. « Sur ce type de projets d’intégration, il ne faut pas lésiner sur les phases de qualification », dit Marc Giraud.

Au total, le projet Gazpar devrait coûter 1,05 milliard d’euros (877 millions pour le déploiement des compteurs, modules radio et concentrateurs ; 138 millions pour les SI et l’adaptation des SI existants).


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