Connaissez-vous le kiswahili ? Microsoft oui?

Régulations

Après l’afrikaans et l’izizulu, Microsoft a traduit les principales applications d’Office dans une troisième langue vernaculaire, le kiswahili. Une quarantaine d’adaptations régionales africaines vont suivre

Reconnaissant le rôle essentiel que peuvent jouer les technologies dans le développement des pays dits ‘sous développés’ et émergeants, en particulier l’Afrique, Microsoft annonce la traduction d’une partie d’Office en kiswahili.

Cette langue est particulièrement développée dans l’Est africain, notamment au Burundi, au Kenya, en Ouganda, au Rwanda et en Tanzanie, ainsi que sur les îles africaines de l’Océan Indien. Elle est probablement la plus parlée en Afrique, employée par plus de 100 millions d’africains. L’adaptation linguistique concerne les principales applications de la suite bureautique Microsoft Office, à savoir le traitement de texte Word, la messagerie Outlook, le tableur Excel et le logiciel de présentation PowerPoint. En revanche, comme la plupart des langues régionales, le kiswahili est l’objet de nombreux dialectes. Comment l’éditeur a-t-il résolu la question du glossaire ? Isaiah Okoth, directeur régional de Microsoft, a par ailleurs indiqué que ces logiciels seront traduits dans une quarantaine de langues régionales, notamment le hausa et le yoruba, d’ici à la fin 2006. Au-delà du discours ‘écologique’ de Microsoft, en traduisant sa suite bureautique dans des langues régionales, voire parfois locales, l’éditeur réalise une bonne affaire stratégique. Et effet, Office est de fait l’unique alternative pour disposer d’une solution logicielle bureautique et linguistique dans les pays qui supportent ces langues. Au vu de la difficulté pour traduire et adapter des applications en versions linguistiques régionales, les éditeurs ne sont pas légion à se présenter au portillon, l’anglais reste donc dominant, et Microsoft ne peut avec cette stratégie commerciale que renforcer sa position. Jusqu’à ce que la communauté ‘open source’ s’y intéresse et investisse la niche ? Plutôt jusqu’à ce que le parc installé justifie d’un éco système suffisant pour rentabiliser l’investissement dans une adaptation linguistique, comme c’est le cas pour les langues européennes, par exemple.


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