Consolidation dans les SSII : Atos va racheter Bull

Régulations

Atos a lancé une offre publique d’achat pour acquérir Bull, pour se renforcer dans le HPC, la cybersécurité et le cloud. L’opération est estimée à 620 millions de dollars dans un marché des SSII en pleine consolidation.

Après le rapprochement Sopra-Steria désormais bien engagé, au tour d’Atos et de Bull de publier les bans de mariage. Cette fois, pas question d’une prétendue fusion entre égaux, c’est bien Atos (8,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 76 300 personnes) qui absorbe Bull (1,3 milliard, 9 200 personnes) pour 4,9 euros par action, soit une prime de 22 % par rapport au cours de clôture de vendredi dernier. Soit une valorisation totale de 620 millions d’euros. Approuvée par les conseils d’administration des deux entreprises, la transaction est déjà appuyée par les deux principaux actionnaires de Bull, Crescendo Industries et Pothar Investments (soit 24 % du capital).

Cette acquisition permet à Atos de se renforcer significativement sur le calcul hautes performances (Lire par exemple notre article consacré au récent contrat gagné par Bull pour la construction d’un calculateur pétaflopique) ainsi que sur les marchés proches de la Défense. Bull possède une expertise reconnue dans la cybersécurité (130 millions d’euros en 2013). Rappelons qu’un des autres leaders français de la cybersécurité, Thalès, vient lui aussi de se renforcer en mettant la main sur les activités d’Alcatel-Lucent en la matière.

Cloud : Numergy + Canopy

L’apport de Bull permet également à Atos de renforcer ses positions en France – où la SSII est en difficultés – et dans l’infogérance. Dans l’Hexagone, la combinaison des deux entités doit donner naissance à une force de frappe supérieure à 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires par an. Avec un positionnement renforcé sur le secteur public. Dans l’infogérance, Bull amène dans la corbeille 500 millions de revenus par an.

« Les équipes de Bull dont la compétence est hautement reconnue dans des technologies de pointe, tels que la puissance de calcul, la gestion et l’analyse des données, et la cybersécurité complètent les capacités d’Atos de déploiement à très grande échelle », explique Thierry Breton, le Pdg d’Atos dans un communiqué.

Le rapprochement permet également à Atos de se renforcer dans le Cloud, en mettant notamment la main sur la participation de Bull dans le Cloud souverain Numergy. Une offre que distribue Bull. Rappelons qu’Atos avait été écarté de ces projets financés par les Investissements d’Avenir et a monté depuis sa propre filiale Cloud, Canopy, créée en joint-venture avec EMC-VMware. Récemment interrogé dans nos colonnes, le Pdg de Canopy, devenu en juillet 2013 la division Cloud d’Atos, avait expliqué réaliser 270 millions d’euros de chiffre d’affaires et viser les 700 millions en 2016.

Selon le communiqué, l’addition des forces permettra au nouveau groupe d’afficher immédiatement un chiffre d’affaires de 400 millions d’euros dans le Cloud, Canopy y compris. A comparer toutefois aux quelque 10 milliards que pèsera le groupe Atos une fois le mariage consommé.

Breton, un ancien de… Bull

En parallèle, fidèle à sa volonté de créer des structures dédiées à certaines activités (Worldline, Canopy…), Atos annonce sa volonté de créer une entité vouée au Big Data et à la cybersécurité sous la marque Bull, en s’appuyant sur l’expertise de ce dernier en matière de calcul hautes performances (HPC).

Atos prévoit de boucler cette OPA amicale d’ici à fin juillet. Rappelons qu’en 2010, le groupe dirigé par Thierry Breton, passé chez Bull au début des années 90 au moment où le fleuron de la technologie française était en grandes difficultés, s’était déjà considérablement renforcé en acquérant Siemens IT Solutions and Services pour 850 millions. Le groupe était également candidat au rachat de Steria mais a été éconduit.


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