Crise : le Cigref ne se fait pas d'illusions

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Le nouveau président du Club informatique des grandes entreprises françaises prévoit un ralentissement des investissements à court terme

Face à un contexte économique maussade, les grandes entreprises, notamment les banques, vont tailler dans leurs dépenses informatiques. Voila le premier constat du nouveau président du Cigref, Bruno Ménard, vice-président du géant Sanofi-Aventis, en charge des systèmes d’information qui remplace Didier Lambert, le DSI d’Essilor.

Dans un entretien aux Echos, le nouvel homme fort du club s’explique :“La crise actuelle aura des impacts sur les budgets des DSI dans la plupart des secteurs. Les budgets des systèmes d’information (SI) augmentent faiblement car nous travaillons notre efficience pour financer les projets innovants. Ceci dit, il faut s’attendre à ce que les fonctions SI soient mises à contribution, comme toutes les fonctions de l’entreprise, pour faire face à la situation économique dégradée”.

En Europe, SAP a été le premier à sonner le tocsin. Dans un communiqué, Henning Kagermann, patron de l’éditeur allemand, indique avoir connu “une réduction très brutale et inattendue” de ses activités à la fin de l’été.

“L’évolution des marchés boursiers ces dernières semaines est dramatique et inquiétante pour beaucoup d’entreprises. Ces préoccupations ont conduit à une réduction très brutale et inattendue de nos activités à la fin du troisième trimestre”, explique-t-il.

Même tonalité de la part de Steve Ballmer, patron de Microsoft :“La situation financière va affecter à la fois les dépenses des consommateurs mais aussi des entreprises et particulièrement celles des industries de services financiers. Il poursuit, “je pense que tout le monde doit anticiper le fait qu’aucune compagnie n’est immunisée”.

D’autres facteurs expliquent également le frilosité des entreprises dans leurs dépenses, et notamment la hausse des coûts de maintenance imposée par certains éditeurs de progiciels comme SAP.“Cette tendance à l’augmentation des coûts de maintenance se retrouve assez largement chez les éditeurs de logiciels. Cela met clairement une pression à la hausse sur nos coûts fixes, avec une conséquence directe sur notre capacité à initier de nouveaux projets et à planifier nos activités, et les ressources correspondantes, sur le long terme”, souligne le patron du Cigref au quotidien.


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