La croissance des start-ups françaises dopée par l’international

Régulations

Le chiffre d’affaires des start-ups numériques financées par le capital risque a progressé de 43% en 2013. Et leurs effectifs ont augmenté de 22%, d’après EY et France Digitale.

Malgré un contexte incertain, la performance économique et sociale de jeunes pousses numériques financées par le capital risque est bien au rendez-vous. En témoigne le troisième baromètre annuel du secteur réalisé par le cabinet de conseil EY (Ernst & Young), en partenariat avec France Digitale, association regroupant start-ups et investisseurs.

Des revenus en hausse de 43%

À 881 millions d’euros en 2013, le chiffre d’affaires total des 116 start-ups interrogées a progressé de 43% par rapport à 2012. Cette forte croissance est portée par le développement à l’international de ces jeunes pousses qui réalisent 39% de leur chiffre d’affaires hors de France.

La tendance est plus marquée pour les entreprises dont les revenus annuels varient entre 0 et 5 millions d’euros. Leur chiffre d’affaires réalisé à l’international a bondi de 99% sur un an, contre 71% en France. Sur le marché européen, en revanche, la croissance moyenne ne dépasse pas 48% pour ces structures. Enfin, 24% des entreprises du baromètre ont déjà attiré des « capital-risqueurs » étrangers.

91% d’emplois en CDI

Les effectifs des start-ups du baromètre ont progressé de 22% avec 7 566 emplois créés en 2013, contre 6 190 en 2012. Par ailleurs, 91% des contrats de travail proposés par ces jeunes pousses sont à durée indéterminée (CDI). À titre de comparaison, tous secteurs confondus, dans les entreprises de plus de 10 salariés en France, plus de 83% des recrutements ont été réalisés en CDD au premier trimestre 2013. Concernant le baromètre, les jeunes pousses au chiffre d’affaires inférieur à 50 millions d’euros concentrent plus de 50% de l’effectif total.

90% des sociétés interrogées déclarent utiliser des instruments de capital, essentiellement des bons de souscription de parts de créateur d’entreprise (BSPCE) pour motiver leurs salariés, âgés en moyenne de 32 ans et diplômés (du Bac+3 au Bac+5). En revanche, 96% des start-ups assurent ne pas avoir distribué de dividendes. Le salaire d’un dirigeant de start-up (seuls 6% des entrepreneurs du baromètre sont des femmes) représente en moyenne le double seulement de celui d’un salarié de jeune pousse. La situation est tout autre dans les grandes entreprises où l’écart des rémunérations entre dirigeants et salariés peut être abyssal…

Le soutien à l’innovation

L’aide publique à l’innovation est diversement utilisée. Alors que 77% des start-ups interrogées ont eu recours au Crédit impôt recherche (CIR) et 75% au Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), seules 17% ont bénéficié du Crédit d’impôt innovation (CII). Et plus de la moitié des sociétés du baromètre (54%) ont le statut de jeune entreprise innovante (JEI).

Mais les contrôles fiscaux liés à l’obtention d’un crédit d’impôt ont augmenté. 24% des start-ups du baromètre ont fait l’objet d’un contrôle fiscal en 2013, contre 18% en 2012. Une proportion qui inquiète l’industrie. « En France, la croissance passe par l’innovation et donc le numérique », note Franck Sebag, associé chez Ernst & Young. Selon lui le renforcement du tissu d’entreprises de taille intermédiaire (ETI) innovantes est « essentiel ».

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Auteur : Ariane Beky
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