Cuba, premier pays utilisateur de Linux

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Linux progresse sur les postes de travail. Il est ainsi de plus en plus présent en Amérique centrale, en Amérique du Sud, en Afrique, ainsi qu’en Europe.

L’équipe du site Pingdom vient de s’essayer à un exercice intéressant, mais laborieux : utiliser les statistiques de navigation issues de StatCounter pour déterminer les parts de marché de Linux, pays par pays. Ils ont ainsi pu mettre en place un top 20 des contrées présentant le meilleur taux d’utilisation de Linux sur le marché desktop.

La première place revient à Cuba, avec 6,33 % de machines sous Linux. C’est un incontestable succès pour ce noyau open source, même si ces parts de marché doivent ici se traduire par un nombre assez faible d’ordinateurs. Notez que, plus au sud, le Venezuela et le Paraguay réalisent eux aussi de très bons scores : 3,7 % et 3,2 %.

Les pays d’Afrique sont bien placés, plusieurs comptant plus de 2 % d’utilisateurs de Linux : Zimbabwe (3,15 %), Mozambique (2,93 %), Ouganda (2,48 %), Éthiopie (2,42 %), Kenya (2,33 %), Tanzanie (1,63 %), Madagascar (1,6 %) et République démocratique du Congo (1,43 %). Parmi les zones en voie de développement, l’Afrique semble la région la plus avancée dans son adoption de Linux. L’Europe s’en sort avec les honneurs, la France occupant la treizième place du classement proposé par Pingdom : Macédoine (2,8 %), Finlande (2,31 %), Espagne (1,89 %), République Tchèque (1,73 %), France (1,73 %), Italie (1,54 %), Estonie (1,5 %) et Allemagne (1,26 %).

Nous ne pouvons que remarquer l’absence des États-Unis dans le top 20, chose logique sachant que l’utilisation de Windows n’y a pas le même impact économique qu’ailleurs. Sans surprise, les principaux partenaires commerciaux des USA, le Canada et le Royaume-Uni, sont également en dehors de cette liste. L’Asie est l’autre grande absente de ce classement. Il est probable que la copie massive de logiciels commerciaux limite ici les possibilités d’implantation de Linux. Seule l’Inde est présente… de justesse, avec 1,26 % d’utilisateurs.

Enfin, la Russie est, elle aussi, absente du top 20. Si la copie illicite de produits payants y fait rage, un autre phénomène est à l’œuvre : pour des raisons structurelles, beaucoup de Russes ne peuvent surfer hors de leur pays (et, dans l’autre sens, StatCounter ne peut mesurer la fréquentation de nombre de sites russes). Notez que le gouvernement prévoit cependant de basculer rapidement l’ensemble de ses services sous Linux.

Pindgom estime qu’il y a aujourd’hui au moins 15 millions d’utilisateurs desktop de Linux dans le monde. Bien évidemment, ces chiffres ne comptabilisent que les machines se connectant au web. Il est fort probable que les postes déployés massivement au sein de la gendarmerie nationale ou des écoles brésiliennes ne soient pas tous connectés au web, et s’avèrent, de surcroît, utilisés par plus d’une personne (les 2,5 millions de machines Linux en cours d’installation dans les écoles brésiliennes seront ainsi mises à la disposition de 52 millions d’élèves).

Bien évidemment, ces chiffres ne prennent pas en compte le marché des serveurs, où Linux est bien plus présent. C’est encore plus vrai pour les serveurs web, où les OS basés sur un noyau Linux règnent aujourd’hui sans partage.


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