Dan Waren (GSMA) : «L'arrivée de Free Mobile va perturber le marché en France»

Réseaux

Selon la GSM Association, la France accuse un retard sur les accès haut débit mobiles en Europe. La faute aux tarifs élevés.

Le haut débit mobile (HSPA ou 3G+) en France serait-il en retard par rapport à ses voisins européens? Indubitablement selon la GSMA (GSM Association qui représente les industriels des télécoms mobiles) qui, à l’avant-veille du Mobile World Congress de Barcelone (15-18 février), s’appuie sur un rapport du cabinet CCS Insight. Selon l’étude, quand les Anglais paient 17 euros par mois pour 3 Go de données échangées (et moins de 5 euros par gigaoctet), les Français dépensent jusqu’à 85 euros pour 4 Go. Faible consolation, la France n’a rien à envier à l’Allemagne où les données mobiles se paient également à prix d’or : 45 euro le Go.

Résultats, La France compte 5,2 millions de connexions HSPA contre 9,6 millions au Royaume-Uni, 12,5 millions en Italie, 6,2 millions en Espagne et 8,9 millions en Allemagne. Pour la GSMA, le prix constitue donc le principal frein à l’adoption du haut débit mobile en France. Et ce, d’autant que les Français disposent paradoxalement des offres d’accès Internet fixes parmi les moins chères et les mieux fournies en services (triple play, voire quadruple play) d’Europe.

Un réseau optimisé

Mais la situation devrait vite évoluer dans l’Hexagone. Pour Dan Warren, director of technology à la GSMA, l’arrivée de Free Mobile, intronisé 4e opérateur mobile depuis fin 2009, va changer la donne. « Free va proposer un prix plus bas qu’actuellement », avance le responsable. Le nouvel opérateur en aura-t-il vraiment les moyens? « Oui car il va construire un réseau de nouvelle génération optimisé pour les données 3G/HSPA. Les coûts d’exploitation seront plus bas. »

Sans oublier la pression concurrentielle. « L’introduction d’un nouveau concurrent aura un aspect perturbateur », juge Dan Warren. Une perturbation qui devrait se ressentir bien avant le lancement des premières offres de Free, fin 2011 au mieux. « Les opérateurs vont anticiper l’arrivée de Free en cherchant a élargir leurs parts de marché. » Ce qui pourrait passer par de nouvelles offres aux conditions plus attractives qu’aujourd’hui. « Il y a une opportunité aujourd’hui en France. »

HSPA et Wifi au même niveau dans l’entreprise

Un élan qui devrait permettre à la France de rattraper son retard sur le haut débit mobile, tout comme l’Espagne. « La France va commencer à voir le nombre de connexion HSPA augmenter », soutient le porte-parole de la GSMA. Et ce d’autant que le haut débit mobile ouvre de nouveaux usages dans l’entreprise. « Les entreprises ont besoin de l’Internet mobile et placent le HSPA au même niveau que le Wifi. Le HSPA a déjà pris de l’importance sur les laptop des entreprises, lesquelles développent des applications. Cela change la façon dont elles travaillent. » Sans oublier l’aspect pratique d’un réseau performant, disponible à tout moment, et dont l’usage est simplifié par l’absence de paramétrage d’accès au réseau pour le salarié.

Globalement, l’Europe va adopter massivement le HSPA. Le marché du haut débit mobile devrait ainsi passer de 22 millions de comptes en 2009 à 43 millions en 2011. Et les revenus quasiment doubler : de 6 milliards d’euros aujourd’hui à 11 milliards d’ici deux ans. « Le HSPA va devenir la technologie mobile par défaut en Europe », assure Dan Warren. Un marché qui, techniquement, évoluera avec le déploiement du LTE (Long Term Evolution), soit la 4G. Mais pour l’heure en France, seul Bouygues Telecom a annoncé ses ambitions dans le domaine, souligne Dan Warren. Sans s’engager sur un calendrier.


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