Debitel : un quatrième opérateur mobile français

Régulations

En utilisant le réseau de SFR, Debitel devient le premier opérateur virtuel (MVNO) du marché. Il commercialisera ses premières offres en juillet. Des offres pour le moment très ciblées

Le marché français de la téléphonie mobile compte un nouvel acteur : l’allemand Debitel. Une petite révolution, le secteur n’avait pas bougé depuis l’arrivée de Bouygues Télécom. Les Français auront donc désormais le choix entre quatre opérateurs même si Debitel n’est pas un opérateur mobile à proprement parlé.

Le nouvel entrant est un opérateur virtuel ou MNVO (Mobile Network Virtual Operator). Il ne possède pas d’infrastructures (lignes, commutateurs, antennes?) mais utilisera celles de SFR, le deuxième opérateur français. SFR loue ainsi son réseau (ventes de minutes et de SMS en gros) au profit de Debitel qui commercialisera ses offres. Le contrat entre SFR et Debitel, dont on ne connaît pas les détails financiers, a été conclu pour une période de neuf ans. Il s’applique aux réseaux GSM et GPRS. Plus tard, l’UMTS sera également concerné. Mais pour le consommateur français, cette organisation ne changera rien. Tout se passera comme s’il avait à faire à un nouvel acteur sur ce marché. Debitel commercialisera ses offres sous sa propre marque et au sein de son propre réseau de distribution, les boutiques Videlec (80 en France). En tant qu’opérateur virtuel, il dispose d’une liberté totale au niveau commercial. Dans un premier temps, l’opérateur aura une démarche très ciblée. Il visera trois publics. Les jeunes, avec une offensive sur le prix des SMS (9 centimes d’euros quelque soit l’utilisation), les “non équipés” qui représentent plusieurs millions de personnes en France et les communautés, notamment les étrangers vivant en France avec des forfaits adaptés. Outre les SMS à 9 centimes d’euros, Debitel proposera 5 forfaits considérés par l’opérateur comme les moins chers du marché (facturation à la seconde dès la première seconde): 2h : 25 euros par mois 3h : 33 euros par mois 4h : 38 euros par mois 6 h : 51n euros par mois 8h : 64 euros par mois Des forfaits ciblés La minute supplémentaire au-delà du forfait sera vendue 25 centimes d’euros. Par ailleurs, un forfait “au compteur” sera également proposé. Destiné aux “réfractaires du forfait”, cette formule se présente sous la forme d’un abonnement : 17 euros par mois et de communications facturées à la minute : 17 centimes d’euro/minute. Selon Debitel, cette formule est un grand succès en Allemagne notamment. Trois options seront incluses d’office, quelque soit l’abonnement : la présentation du numéro, la facturation détaillée et l’option monde grâce aux accords de roaming (itinérance) passés avec SFR. Tout est donc fait pour stimuler la concurrence sur le marché des mobiles. Une volonté partagée par le gouvernement et le régulateur (l’ART) qui ont récemment fait le forcing pour que les opérateurs baissent les prix et s’ouvrent à la concurrence par le biais d’opérateurs virtuels (voir nos articles). SFR est donc le premier à jouer le jeu après des négociations avortées avec d’autres acteurs du marché comme Tele2 et Phone House. Pour la filiale de Vivendi, le choix de Debitel s’explique facilement. Le groupe allemand est déjà un opérateur virtuel puissant qui compte en Europe 10 millions de clients. Il connaît donc ce métier. Il est par ailleurs présent en France depuis plus de dix ans en tant que distributeur des offres des opérateurs. Enfin, il dispose d’un réseau de distribution physique, les boutiques Videlec, indispensables pour attirer la cibles des non-équipés. Pour autant, l’arrivée de Debitel ne risque-t-elle pas de cannibaliser les clients SFR ? L’opérateur ne le pense pas car Debitel visent des cibles de niche : les jeunes, les primo-accédants et les communautés. D’ailleurs, les objectifs sont dans un premier temps modestes : 100.000 clients par an, soit 5% de part de marché des ventes nettes annuelles. Mais pour les deux groupes, l’arrivée d’un nouvel entrant dynamisera forcement le marché. Et de nouveaux opérateurs virtuels pourraient s’adosser à SFR, notamment dans l’UMTS. Qui es tu Debitel?

Debitel, groupe allemand, est le premier fournisseur européen de services mobiles sans réseau. Il a généré 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2003, compte 10 millions de clients et emploie 3.000 salariés.

Il est opérateur virtuel dans cinq pays et avec une quinzaine d’opérateurs nationaux. Il compte 2500 points de vente en propre dont boutiques Videlec en France. En France justement, Debitel est présent depuis 10 ans et commercialise dans ses points de vente les offres des trois opérateurs en tant que SCS: société de commercialisation de services.


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