Dépense IT : l’Europe est le maillon faible de la reprise

DSI

0,7 %. C’est la maigre croissance dont devra se contenter l’IT en Europe de l’Ouest cette année, selon le cabinet d’études Gartner. Certes, cette expansion suit une année 2013 de franche récession (- 2,3 %), mais le rythme que connaîtront les pays européens cette année restera bien faiblard comparé à  la moyenne mondiale  : +

0,7 %. C’est la maigre croissance dont devra se contenter l’IT en Europe de l’Ouest cette année, selon le cabinet d’études Gartner. Certes, cette expansion suit une année 2013 de franche récession (- 2,3 %), mais le rythme que connaîtront les pays européens cette année restera bien faiblard comparé à  la moyenne mondiale  : + 3,6 % (à  taux de change constant). Une moyenne tirée par les Etats-Unis (+ 4,2 %), l’Amérique latine (+ 5,9 %), l’Asie (+ 5,3 %), l’Europe de l’Est (+ 5 %) et la zone Moyen-Orient Afrique (+ 4,7 %).

Seule zone en récession en 2013, l’Europe de l’Ouest parvient tout de même à  recoller au Japon, pour lequel Gartner prévoit une croissance similaire pour 2014. Et, pour le cabinet d’études, ce décrochage est appelé à  perdurer  : entre 2015 et 2017, le taux de croissance de la dépense IT en Europe de l’Ouest devrait s’étager entre 1,3 et 1,8 %, loin de la moyenne mondiale (entre 3,5 et 4 %). Seul le Japon fera pire. Maigre consolation…

richard gordon gartner «  En comparaison des prévisions du précédent trimestre, les taux de croissance mondiaux pour 2013 et 2014 ont été revus à  la baisse de 0,3 et 0,4 % respectivement, détaille Richard Gordon, vice-président du Gartner, interrogé par la rédaction (en photo ci-contre). Cette révision à  la baisse résulte d’une réduction des prévisions de croissance sur les marchés des services et terminaux télécoms pour 2014. » Un ajustement dicté par le comportement des utilisateurs américains (qui abandonnent le téléphone fixe pour se contenter du mobile), par l’attrait des Chinois pour les solutions de messagerie instantanée (ce qui diminue le recours à  la voix), mais aussi par le souci des consommateurs européens de garder leurs dépenses télécoms sous contrôle. Au total, les services télécoms – première source de dépense IT dans le monde (1  653 milliards de dollars en 2014 sur un total de 3  777 milliard de dollars) – ne connaîtront, cette année, qu’une croissance modeste de 1,2 %.

Boom du CRM et du SCM

La dépense IT mondiale est en revanche dopée par le logiciel d’entreprise (300 milliards de dollars en 2014, + 6,8 %). «  Dans le domaine de l’information – ou Big Data -, les entreprises donnent la priorité à  leurs investissements dans l’analytique B2C et B2B, analyse Richard Gordon. Le CRM et la gestion de la chaîne logistique (SCM) vont connaître une période de croissance forte qu’expliquent des tendances profondes. Pour le premier, les investissements des grandes organisations en Amérique du Nord et en Europe de l’Ouest, qui se concentrent sur des domaines comme le commerce mobile, le online, la gestion des campagnes marketing ou la fidélisation clients, vont amener un taux de croissance annuel moyen de 14,8 %. Concernant le SCM, la longue période de sous-investissement fait désormais place à  une période o๠de nombreuses organisations, notamment en Amérique du Nord, tirent parti des technologies pour améliorer l’expérience client et réduire les coûts.   » Sur ce segment, Gartner s’attend à  un taux de croissance moyen supérieur à  10 % au cours des années qui viennent.

Derrière cette locomotive logicielle, les terminaux (PC, portables et tablettes, 697 Md$ au total) et les services IT (963 Md$) afficheront un taux de croissance supérieure à  la moyenne du marché  : respectivement 4,3 et 4,5 %. «  Les prévisions concernant les services IT ont été légèrement revues à  la baisse, approximativement de 0,1 % à  taux de change constants sur les années 2013 à  2017. Cette révision provient en premier lieu des réductions de dépenses dans l’infogérance, notamment dans la co-location, l’hébergement et l’outsourcing de datacenters. Nous voyons de plus en plus les DSI reconsidérer la mise en œuvre de datacenters pour accélérer leur transition vers le Cloud Computing   », observe Richard Gordon.

Virtualisation de serveurs  : la saturation  ?

Cette accélération du Cloud a également des conséquences sur les dépenses de systèmes pour datacenters, dont la progression pour 2014 a été ramenée de 2,9 à  2,6 % par le Gartner (à  143 Md$). En raison d’une réduction des prévisions des ventes de systèmes de stockage à  contrôleur externe et d’applications de communication d’entreprise (qui migrent vers le Cloud). «  La virtualisation de serveurs et l’adoption des environnements de travail hébergés, des projets qui guident les investissements dans les systèmes de stockage à  contrôleur externe, ralentissent à  mesure que la proportion de serveurs déjà  virtualisés augmente   », observe Richard Gordon.

Crédit photo : Carlos Amarillo / Shutterstock

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