Deutsche Telekom compte supprimer 32.000 emplois

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L’opérateur historique allemand taille dans le vif pour résister à la concurrence

On sait que les opérateurs télécoms historiques européens sont à la croisée des chemins. Concurrencés par la téléphonie sur IP et les opérateurs alternatifs dans les liaisons fixes et par les FAI pour l’Internet haut-débit, ces géants doivent revoir aujourd’hui leurs stratégies. Et leurs coûts.

Afin de mieux se concentrer sur ces marchés hyper concurrentiels, le numéro un européen des télécommunications a décidé d’employer les grands moyens. Après avoir annoncé un investissement de 3 milliards d’euros dans le fixe (mise en place d’un réseau en fibre), l’opérateur annonce son intention de supprimer pas moins de 32.000 postes sur trois ans (sur un effectif total de 247.000 salariés). Le groupe précise que le nombre de suppressions de postes sera ramené à 19.000 en termes nets, compte tenu de 6.000 nouvelles embauches et du reclassement de 7.000 autres salariés par le biais de sa filiale de services professionnels Vivento-Kraefte. L’opérateur, qui estime le coût de ces suppressions autour de 3,3 milliards d’euros, a précisé qu’elles interviendraient surtout chez T-Com (110.000 salariés), sa filiale de téléphonie filaire en sérieuse difficulté depuis plusieurs trimestres, et qu’il n’y aurait pas de licenciement sec avant 2008. Dans le détail, T-Com va perdre 20.000 emplois, les services informatiques (T-Systems) 5.500 et l’administration du groupe 1.500. En France, Deutsche Telekom, via T-Online, exploite le FAI Club-Internet. “Le réalignement du secteur à travers le monde, la rapidité des avancées technologiques et, en particulier, l’environnement très compétitif dans les domaines de la téléphonie filaire et du haut débit en Allemagne imposé par l’état de la réglementation accentuent les défis auxquels doit faire face le groupe Deutsche Telekom dans son ensemble”, peut-on lire dans un communiqué. Depuis plusieurs mois déjà les dirigeants de Deutsche Telekom avaient préparé le terrain en évoquant des suppressions d’emplois “inévitables” pour le groupe, qui a déjà réduit ses effectifs de plus de 100.000 personnes ces dix dernières années. Un moratoire conclu avec les syndicats interdisait toute suppression de poste jusqu’à fin 2005. Après les coupes franches réalisées chez Siemens, l’Allemagne se prépare donc à un nouveau plan social de grande importance qui ravivera encore un peu plus les tensions sociales dans le pays. Une bien mauvaise nouvelle pour le nouveau gouvernement d’Angela Merkel. Et une telle annonce pourrait donner des idées à la concurrence, notamment France Télécom… Rappelons que selon les syndicats, l’opérateur français aurait supprimé 33.000 emplois en trois ans, tandis que chez l’espagnol Telefonica ce sont 15.000 emplois dans la téléphonie fixe qui vont disparaître de 2003 à 2007. Pas de contre-offre sur O2

Deutsche Telekom dément toute intention de lancer une contre-offre sur l’opérateur mobile britannique O2, cible d’une offre amicale de rachat de l’espagnol Telefonica.

“Deutsche Telekom ne fera pas de contre-offre sur O2. Cela ne serait pas dans l’intérêt de nos actionnaires”, a déclaré Karl-Gerhard Eick, le directeur financier du groupe allemand. Telefonica a offert lundi 17,7 milliards de livres (26 milliards d’euros environ) cash pour racheter O2, une OPA amicale qui a alimenté des spéculations sur la possibilité d’une surenchère de Deutsche Telekom qui avait déjà tenté de se rapprocher d’O2 avec KPN.


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