Devoteam : adieu l’infogérance, bonjour le Cloud

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Mise à  jour le 3/09 à  11h10 avec l’appellation Devoteam Cloud Services «  Nous avons vécu des années difficiles   ». ­Godefroy de Bentzmann, co-fondateur et co-président du directoire du groupe Devoteam (en photo), reconnaît sans ambages que la SSII sort d’une période chahutée. Stoppée par la crise, la SSII a du céder quelques fleurons,

Mise à  jour le 3/09 à  11h10 avec l’appellation Devoteam Cloud Services

«  Nous avons vécu des années difficiles   ». ­Godefroy de Bentzmann, co-fondateur et co-président du directoire du groupe Devoteam (en photo), reconnaît sans ambages que la SSII sort d’une période chahutée. Stoppée par la crise, la SSII a du céder quelques fleurons, comme son activité dans les télécoms (revendue à  Ericsson) ou ses filiales italienne et russe. Résultat  : après avoir culminé à  528 millions d’euros en 2011, le chiffre d’affaires est repassé sous la barre de 500 millions en 2013 (à  453,5 millions).

A l’occasion de ses résultats du premier semestre 2014, Devoteam confirme avoir retrouvé une certaine stabilité. A 216 millions d’euros, le chiffre d’affaires est quasi stable à  périmètre et taux de change constants (il recule de près de 9 % en valeur brute). La marge d’exploitation, si elle demeure à  un niveau bas comparé aux autres SSII, s’est améliorée de 0,6 point en un an (à  3,3 %). «  On engrange les bénéfices des efforts faits depuis un an et demi, veut croire ­Godefroy de Bentzmann. On est sorti de la phase projet dans la mise en œuvre de notre plan de transformation Eagle. Sur les leviers de performances que nous avions identifiés, comme le pilotage de la pyramide des à¢ges ou l’harmonisation des calculs de coûts, 80 % actions sont déjà  en place   ». Reste une source d’inquiétude  : le groupe continue de consommer du cash. La trésorerie disponible au 30 juin dernier s’élevait à  9,7 millions, contre 13,8 un an plus tôt, 22,6 deux ans plus tôt et 40,7 il y a trois ans.

Devoteam penche pour la Google Cloud Platform

Au-delà  de cette phase de stabilisation, la SSII semble vouloir reprendre l’initiative. En témoignent les prises de participation dans deux partenaires de Google, gPartner et Progis. Le premier, dont Devoteam détient aujourd’hui 70 %, est un spécialiste des Apps, de Maps ainsi que de la Search Appliance (serveur spécialisé dédié à  la recherche en entreprise). Elu en mars meilleur revendeur en Europe sur les Apps, gPartner a également été désigné par Mountain View partenaire de l’année sur le Vieux Continent en 2012 et 2013. Progis est, de son côté, spécialisée dans les technologies de géolocalisation Google. Le montant de la participation de Devoteam n’a pas été précisé.

Il n’en reste pas moins que, via ces deux opérations, Devoteam choisit clairement Google et notamment sa Cloud Platform, confirmant ainsi un premier partenariat passé avec Mountain View il y a un an. «  Nous considérons que le Cloud sera tiré par les usages et que la plate-forme de Google est bien adaptée à  cette approche   », commente le dirigeant. Une façon aussi de se distinguer des nombreuses sociétés travaillant autour de AWS, la plate-forme Cloud aujourd’hui leader.

Avec ces achats, c’est aussi un nouveau pan de la stratégie de Devoteam qui est en train de prendre forme. Comme l’explique ­Godefroy de Bentzmann, le projet consiste à  mettre en place une nouvelle organisation, dénommée Devoteam Cloud Services, dont la vocation sera de se positionner sur les projets tirés par les métiers. «  Nous allons proposer des services d’usage s’appuyant en particulier sur le Cloud de Google, ServiceNow (gestion de services IT, NDLR) et d’autres outils comme RunMyProcess (conception et intégration de processus métiers, NDLR)   », précise le co-fondateur de la SSII. Bref, un pur positionnement de broker de Cloud, qui, au passage, signe aussi la fin de l’aventure de Devoteam dans l’infogérance.

Devoteam et les datacenters, c’est fini

Basée sur le contrat signé avec Pierre Fabre en 2005, cette activité, organisée autour d’un datacenter située à  Castres, à  côté du siège du labo pharmaceutique, n’a jamais réellement décollé. Et sera prochainement abandonnée, Pierre Fabre ayant annoncé sa volonté de transférer la prestation à  un autre infogérant, Thales. «  Nous allons continuer à  opérer des services produits dans le Cloud ou dans les datacenters des clients. Mais nous ne souhaitons plus posséder nos propres datacenters, tranche ­Godefroy de Bentzmann. Les acteurs de l’infogérance sont menacés par les mouvements des entreprises vers le Cloud et vers les projets portés par les usages. Pour ces transformations, les clients ont besoin d’acteurs d’une certaine taille, bien positionnés sur le conseil en transformation   ».

Un domaine o๠Devoteam s’est également renforcé, via une prise de participation majoritaire (54%) dans Axance, cabinet de conseil spécialisé dans l’expérience utilisateur (notamment autour du mobile). Au total, ces acquisitions amèneraient environ 20 millions d’euros de chiffre d’affaires supplémentaires à  Devoteam pour environ 80 personnes, selon les chiffres donnés par la SSII.

En 2012, gPartner a réalisé 7,6 millions d’euros de CA, pour un résultat net positif. Tandis qu’Axance a publié un chiffre d’affaires de 3,2 millions d’euros assorti d’un bénéfice net. Seul Progis affichait une perte en 2013, sur un chiffre d’affaires de 3 millions d’euros.

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