Didier Guyomarc'h, Informatica France: “Notre partenariat avec SalesForce”

Logiciels

Informatica annonce le lancement de l’offre ‘SAAS’ issue de son partenariat avec SalesForce. Le point avec le dg d’Informatica France, Didier Guyomarc’h

Pourquoi l’ETL se positionne-t-il naturellement sur l’informatique distribuée et sur l’externalisation, ASP ou SAAS ?

D.G.: Les systèmes informatiques des entreprises contemporaines conjuguent les ‘intranets’ et les ‘extranets’, et doivent donc corréler ou consolider des données éclatées et multisources. Alors, elles ont besoin d’un ETL comme le nôtre pour intégrer des données pertinentes et avec un maximum de qualité.

Aujourd’hui, on rencontre deux approches. La première, le Business Process Outsourcing (BPO) consiste à externaliser les fonctions non stratégiques et leurs données, appartenant à l’entreprise. Dans ce cas, il faut réconcilier les données des ERP, et autres progiciels internes, avec celles situées au-delà du ‘firewall’ de la société. L’autre approche, du type Salesforce.com, propose une externalisation d’application (CRM pour Salesforce) dont les licences sont vendues sous forme d’abonnement. Là encore, il s’agit de corréler les données CRM externes avec les informations internes.

Pour ces deux formules, le client demande donc de réconcilier les données internes et externes sur un mode ?à la demande?.

En mai 2005, vous annonciez votre évolution (roadmap) vers le ‘on demand’ : un accord avec salesforce au troisième trimestre 2006, et des partenariats avec d’autres éditeurs pour le premier trimestre 2007. Où en êtes-vous ?Nous respections effectivement ce calendrier, et notre stratégie d’ETL ?à la demande? s’effectuera en 3 étapes.

Première étape, l’accord avec salesforce.com (un connecteur Informatica vers cette solution) nous permet de valider le concept et de tester l’intérêt du marché. Un résultat sans surprise au vu des succès enregistrés par Salesforce et son mode de vente !

Dans un second temps, déjà initié, nous collaborerons avec une dizaine d’éditeurs verticaux proposant des logiciels à la demande. Notre objectif : proposer nos solutions pour offrir un maximum de qualité des données et de disponibilité.

Enfin, dans trois à quatre ans, nous étudierons l’opportunité éventuelle de repenser notre approche en termes de services à la demande. Toutefois, la demande devra devenir significative, suite au succès avéré de notre seconde étape sur une dizaine d’acteurs du Software as a service‘ (Saas).

Actuellement, un premier client français dans la location longue durée de véhicules nous fait déjà confiance pour l’offre combinée avec Salesforce.

La concentration du marché de l’ETL a été rythmée par les rachats effectués par Business Objects, IBM puis dernièrement Oracle. Quels dangers représentent ces concurrents, dont certains proposent ou étudient de très près les offres du type SAAS (software as a service) ?

Le dernier rachat en date concerne l’acquisition du français Sunopsis par Oracle. Sunopsis est une entreprise plus modeste qu’Informatica, et, surtout, sa technologie est différente ainsi que sa cible de clients. En effet, Sunopsis propose un ELT (cf. l’encadré en fin d’interview) permettant de générer des applications non critiques, et destinées au mid-market. Informatica propose un ETL [cf. l’ encadré en fin d’interview] visant plutôt les grands comptes, avec des prix d’entrée de gamme à partir de 50.000 à 60.000 euros. Sept ou huit ans après avoir développé Oracle Datawarehouse Builder, le rachat de Sunopsis résonne comme un aveu d’échec. Par ailleurs, Siebel Analytics intègre l’ETL d’Informatica, et Oracle vient de renouveler notre partenariat commun pour une durée de quatre ans en septembre 2006.

Quant à Business Objects, son rachat d’Acta date de plus de deux ans, et sur 900 millions d’euros de chiffre d’affaires, ce logiciel ne représente que 40 millions de dollars. Acta sert essentiellement à étayer un discours marketing de plate-forme. D’ailleurs, nous ne les rencontrons jamais dans les appels de projets d’applications analytiques, pas plus que Cognos d’ailleurs. En revanche, il nous arrive de voir Ascential.

Effectivement, les demandes de solutions ‘SAAS’ commencent à se concrétiser, et de multiples acteurs du marché se positionnent sur ce segment. Ces convergences d’idées nous confortent dans nos choix, de même que le rachat d’Ascential par IBM.

Comment se passe votre repositionnement sur l’intégration de données après votre aventure d’acteur du décisionnel ?

Notre malheureuse expérience en acteur de ‘Business intelligence’ est définitivement enterrée. Nous restons clairement positionnés sur l’intégration de données, en répondant à toutes les demandes liées aux migrations de données, à la qualité des données, leur cohérence, un référentiel unique… D’ailleurs, le décisionnel ne représente aujourd’hui que 50% de notre chiffre d’affaires.

Définitions: ETL et ELT… Avec une solution ETL (Extract, Transform, Load), un moteur logiciel indépendant, souvent installé sur un serveur spécifique, prend en charge l’extraction des données depuis de multiples sources (souvent hétérogènes), de transformation et de nettoyage de ces données avant de les injecter dans un entrepôt de données ou datawarehouse. Aujourd’hui les ETL sont de plus en plus utilisés dans les projets nécessitant de l’intégration de données, comme bus applicatif gérant intelligemment des flux de données, ou pour des opérations de migration, etc. Les solutions ELT (Extract, Load, Transform), comme Sunopsis, savent générer automatiquement des requêtes SQL pour interroger chaque moteur de base de données d’un processus, aussi bien pour les sources que pour les cibles. Pour la transformation et le nettoyage des données, ces logiciels doivent se plier aux contraintes imposées par les moteurs de base de données source ou cible, puisque ces opérations reposent sur les fonctions de ses SGDB.


Auteur : José Diz
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