Disparition de Jack Kilby, l’inventeur du circuit intégré

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Il est décédé d’un cancer ce lundi à l’âge de 81 ans. On lui doit aussi la première calculatrice

L’informatique est une nouvelle fois en deuil. Après la disparition en février dernier de Jef Raskin, l’un des inventeurs de Macintosh et de André Truong, père du micro-ordinateur en avril, c’est aujourd’hui Jack Kilby qui nous quitte. Il avait 81 ans.

Figure emblématique du secteur, pionnier de l’informatique, Jack Kilby est tout simplement l’inventeur de la puce, le circuit électronique intégré qui est à la base de la révolution informatique. Le circuit intégré est un circuit électronique dont tous les composants ainsi que leurs interconnexions sont fabriqués avec un seul matériau, qui sert également de support. En reliant manuellement plusieurs transistors, Kilby a déclenché la révolution de la miniaturisation, qui permet désormais de placer sur et dans de petites plaquettes de silicium des millions de circuits électroniques faisant fonctionner la plupart des appareils de notre vie quotidienne, des ordinateurs aux ascenseurs en passant par les automobiles ou les stimulateurs cardiaques. Kilby a reçu le prix Nobel de physique en 2000, deux ans après son départ en retraite alors qu’il était devenu vice-président du conseil d’administration de Texas Instruments, entreprise où il a fait toute sa carrière. C’est en 1958 que Jack Kilby, entré au service du groupe Texas Instrument, met au point le premier circuit intégré. Avec l’invention du transistor en 1947, le gain de place par rapport aux lampes à vide avait été énorme mais de nombreux problèmes se posaient. Il fallait assembler les éléments un à un et souder les fils électriques à la main : des opérations peu fiables et longues. Contrairement à ses collègues voulant les empiler verticalement, Kilby à l’idée de les arranger dans un plan. Selon lui, si tous les éléments et les connecteurs qui les relient sont fabriqués dans le même matériau, on peut obtenir un énorme gain de place pour un temps de fabrication réduit. Le premier prototype est encore rustique: un éclat de germanium gros comme l’ongle collé sur une plaque de verre (un seul transistor et deux composants passifs) et ne sert qu’à afficher une courbe sinusoïdale sur un écran d’oscilloscope. Ensuite, le germanium est remplacé par le silicium et la révolution est ainsi mise en marche. Utilisées rapidement par l’armée dans leurs ordinateurs et missiles nucléaires, les puces électroniques n’apparaîtront cependant au grand public qu’en 1967, avec l’invention de la calculatrice de poche (dont Jack Kilby est le co-inventeur). La TI99 pèse plus d’un kilo ! et elle calcule des nombres n’excédant pas 6 chiffres…


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