Données personnelles: les Français font confiance à l'administration moins au commerce en ligne

Sécurité

La première étude de l’Acsel sur la confiance dans les services en ligne révèle une utilisation massive mais la méfiance demeure.

Quel niveau de confiance accordent les Français aux services numériques? C’est ce qu’a cherché à connaître l’Acsel (l’Association de l’économie numérique) avec la Caisse des dépôts en confiant la réalisation de la première étude à l’Idate. « La confiance est un élément essentiel du développement des usages des services numériques », tant administratifs que commerciaux, note l’étude qui sera renouvelée annuellement et servira de baromètre de mesure de confiance. Globalement, les Français adhèrent aux services en ligne mais restent méfiants.

Ainsi, si 89 % des 1000 sondés (dont 300 non internautes) qui ont déjà effectué une démarche administrative en ligne, 11 % craignent que leur identité soit abusivement utilisée par un tiers et 10 % redoutent les problèmes d’authentification. Si la banque en ligne séduit 80 % des internautes français, ils sont 24 % à craindre le piratage de leur compte. Et si 85 % d’entre eux achètent en ligne, 43 % craignent le piratage de leurs données bancaires et 25 % la consultation de leurs données personnelles. Voire, pour 16 %, l’exploitation de celles-ci à des fin publicitaires. A noter que, dans ce cadre, un tiers d’entre eux fournissent des informations erronées lorsqu’ils remplissent un formulaire pour éviter les futures publicités.

Paradoxalement, la valeur d’usage des services numériques prend le pas sur la méfiance. Le commerce en ligne bénéficie ainsi de 85 % de valeur d’usage pour seulement 51% de taux de confiance. Respectivement 80 % et 69 % pour la banque en ligne et, plus cohérent, 89 % et 86 % pour l’administration numérique. Malgré tout, 94 % des sondés sont prêts à renseigner leur nom et 82 % leur numéro de téléphone. Un taux de confiance qui tombe à 63 % pour le numéro de carte bancaire.

Encore un paradoxe : malgré leur succès indéniable, les réseaux sociaux ne sont pas toujours en odeur de sainteté. Seuls 47 % des sondés y communiquent leur identité (84 % pour les services des collectivités locales) même si 38 % n’hésitent pas à y publier des informations personnelles contre 11 % sur les sites de vente.

Parmi les leviers de stimulation de la confiance, les nouveaux services de gestion d’identité basés sur la sécurité et la simplicité sont plutôt bien accueillis. Déjà utilisé par les trois-quarts des internautes pour les services administratifs, le certificat électronique est jugé rassurant par 80 % des utilisateurs. C’est notamment la solution que pousse le gouvernement.

Si l’idée de carte d’identité électronique nationale séduit près de la moitié des intéressés, seuls 37 % seraient potentiellement prêts à l’utiliser (d’autant qu’elle imposerait un lecteur dédié). Enfin, les services de gestion d’identité en ligne n’attirent qu’un tiers des sondés et seulement 4 % se disent très intéressés.


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