Dossier : quel sera le navigateur phare de l’année 2010 ?

Pour fêter dignement cette nouvelle année, voici une nouvelle version de notre comparatif des navigateurs web.

Nous débuterons par un état des lieux des parts de marché des différents logiciels. Nous poursuivrons ensuite par nos traditionnels tests de vitesse où nous comparerons les résultats de chaque navigateur à ceux d’Internet Explorer 8. En effet, ce dernier constitue une excellente base de comparaison, puisqu’il reste le plus utilisé des butineurs… mais aussi le plus lent d’entre eux.

Nous allons également tenter de prédire quelles évolutions sont à attendre dans le monde des navigateurs web. À cet effet, nous prenons en compte deux ensembles de produits : les versions stables des navigateurs (Firefox 3.5.6, Chrome 3.0.195.38, Safari 4.0.4, Opera 10.10 et SeaMonkey 2.0.1) et leurs moutures de développement les plus récentes (Firefox 3.7a1pre du 02/01/2010, Chrome 4.0.266.0 du 11/12/2009, WebKit r52686 du 02/01/2010, Opera 10.50 du 31/12/2009 et SeaMonkey 2.1a1pre du 03/10/2010).

Nous ne testerons pas la consommation mémoire de ces applications, qui dépend largement de la stratégie adoptée par les équipes de développement. Sachez toutefois que Safari se montre toujours aussi gourmand. À l’opposé, Firefox a un appétit d’oiseau.

Aucun de nos tests ne met en valeur l’utilisation des cartes graphiques dans le cadre de l’accélération du rendu des pages. De fait, si Microsoft (qui a initié ce mouvement), Mozilla et Opera ont déclaré œuvrer dans ce sens, les moutures de développement des navigateurs web n’intègrent pas encore le résultat de ces travaux.

Finissons cette introduction par un petit mot sur le respect des standards. Microsoft voit en Internet Explorer 8 un simple outil d’accès aux pages web, alors que les autres produits sont maintenant clairement orientés vers les applications web. La firme de Redmond rend donc une copie efficace, mais sans se soucier d’adhérer aux standards émergents. À contrario, les autres navigateurs collent aux standards les plus récents. Dans ce domaine, Chrome, Safari et Opera font un sans-faute. Firefox et SeaMonkey restent un peu en retrait, mais devraient progresser en 2010.

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Résultats au test Acid3

Parts de marché

En terme de parts de marché, Internet Explorer règne encore sans égal, toutes versions confondues. Le navigateur web de Microsoft a toutefois perdu des points tout au long de l’année. Ainsi, il se fait rapidement rattraper par Firefox, en particulier en Europe. La seconde surprise de l’année 2009 est la montée de Chrome. S’il reste loin derrière Internet Explorer et Firefox, il est maintenant le troisième navigateur le plus utilisé au monde.

Notre troisième tableau reprend les dernières statistiques du site W3Schools, fréquenté essentiellement par des webmasters et des développeurs, bref, des early adopters. Il est souvent représentatif de ce que sera le marché quelques mois plus tard. Il consacre Firefox, devant Internet Explorer et Chrome.

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Parts de marché monde

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Parts de marché Europe

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Parts de marché développeurs

JavaScript : test SunSpider

Le test SunSpider est un grand classique pour évaluer la vitesse de traitement des moteurs JavaScript (un composant essentiel pour une exécution fluide des applications web). Dans ce secteur, la version stable de Safari est impériale, avec une vitesse de traitement 10,3 fois supérieure à celle d’Internet Explorer 8. Chrome se défend bien et se montre même souvent plus fluide que son concurrent. Firefox et SeaMonkey proposent des performances honorables, mais qui se doivent maintenant de progresser. Enfin, Opera 10.10 ferme la marche avec son moteur JavaScript d’ancienne génération.

Notre second tableau compare les versions de développement des différents navigateurs. Opera 10.50 fait des étincelles, puisqu’il atteint 12,5 fois la vitesse de traitement d’Internet Explorer 8. Il aurait pu ravir la première place à Safari, si les développeurs du WebKit n’avaient pas eux aussi réalisé de gros efforts d’optimisation. Bonne nouvelle, Firefox progresse notablement. SeaMonkey ferme la marche, avec une contreperformance probablement liée à notre version de test.

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SunSpider avec les versions stables des navigateurs

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SunSpider avec les versions de développement des navigateurs

JavaScript : test V8

Le test V8 Benchmark Suite proposé par Google a toujours donné d’excellents résultats avec les navigateurs web basés sur le WebKit. À se demander si ce dernier n’est pas légèrement biaisé. Nos tests montrent qu’il n’en est rien, même s’il tend à favoriser les moteurs de rendu légers.

Notre premier tableau montre les résultats des navigateurs actuels. Sans surprise, Google Chrome explose la concurrence. Nous notons toutefois l’excellente seconde place de Safari. Nous avons lancé ce test avec les versions de développement des navigateurs : Opera multiplie ses performances par 11 et se retrouve ainsi directement catapulté en seconde position.

Tous les autres navigateurs progressent à ce test, à l’exception de SeaMonkey, qui semble définitivement avoir un petit problème dans cette mouture. La relative lourdeur du moteur de rendu des produits de la fondation Mozilla (Firefox et SeaMonkey) transparait assez nettement ici. Voilà qui est ennuyeux.

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V8 Benchmark Suite avec les versions stables des navigateurs

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V8 Benchmark Suite avec les versions de développement des navigateurs

Performances générales : Peacekeeper

Au fil des mois, Peacekeeper s’est imposé comme l’outil de test des navigateurs web de référence. Il ne se borne par à mesurer la rapidité de traitement des moteurs JavaScript, mais il évalue également la vitesse de rendu de chacun des logiciels. Tous les produits de notre sélection sont au moins deux fois plus véloces qu’Internet Explorer 8. Safari est le grand champion de ce test. Nous lui préférons toutefois Chrome qui s’est montré bien plus fluide. Les autres logiciels font preuve d’un bel équilibre.

Le même test appliqué aux versions de développement des navigateurs bouscule ce podium. Opera passe ainsi directement de la quatrième place… à la première. Il est suivi par Firefox et Chrome. Enfin, SeaMonkey ferme la marche avec un score inchangé. Il nous faut toutefois signaler que la version de développement du WebKit n’a pas pu exécuter ce test. Or, au vu des autres résultats décrochés par ce navigateur, il est probable qu’il sera au coude à coude avec Opera.

Dans l’intervalle, c’est le logiciel de l’éditeur norvégien qui redevient – enfin – le navigateur le plus rapide de la planète !

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Peacekeeper avec les versions stables des navigateurs

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Peacekeeper avec les versions de développement des navigateurs