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Dossier spécial : Open Source, comment, pour qui, pour quoi?

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L’engagement des éditeurs sur l’Open Source est indéniable, une stratégie
professionnelle se construit. Serait-ce au détriment de la communauté ?
Silicon.fr fait le point sur cette tendance qui n’a pas fini
d’influencer tout le marché?

>>>>> 1 ? Le marché de l’open source

2 ? Les motivations de l’open source 3 ? Les acteurs du marché 4 ? Et Microsoft dans tout ça ? Microsoft et interopérabilité… 5 ? Retour sur 2006, une année charnière 6 ? Perspectives 2007

1 – Le marché ‘Open Source’

La France, l’un des pays phares du logiciel libre ! Une étude Pierre Audoin Consultants (PAC) vient confirmer cette vision d’un marché de l’open source qui ne cesse de progresser. Ainsi en 2006, ce marché aurait représenté un volume de 450 millions d’euros sur le seul territoire français.

Plus significatif encore, le marché n’a pas marqué de pause dans sa progression, avec une croissance impressionnante de 80 % en 2006, un point de mieux que l’année précédente ! “Le logiciel libre est devenu une vague technologique majeure qui fait partie intégrante de la stratégie de l’immense majorité des acteurs du marché, qu’ils soient utilisateurs, prestataires de services ou éditeurs“, affirme le rapport de PAC.

Depuis plus de 10 ans, nous assistons à des bouleversements profonds qui ont fait qu’aujourd’hui l’Open Source est un logiciel comme les autres qui répond aux besoins des entreprises. L’Open Source est généralement encapsulé avec le système de l’entreprise et propose un service qui n’est pas différent pour l’entreprise“, conforme Olivier Guilbert, président d’IdealX.

Cette progression régulière de l’open source s’appuie sur plusieurs phénomènes. La banalisation des technologies, tout d’abord ? beaucoup d’entreprises embarquent des produits open source, généralement sans le savoir ! -, mais aussi la standardisation, ainsi que l’approche collaborative. Sans oublier un certain aspect ‘idéologique’, qui domine en particulier par la dépense publique et dans les administrations.

Le marché du logiciel libre reste très largement orienté ‘services’ et fortement stimulé par l’informatique scientifique, technique, industrielle et embarquée (STIE). C’est potentiellement une chance car ce sont là deux points forts de l’informatique française“, vient confirmer PAC.

Rappelons que les futurs députés seront ‘libres ‘, les logiciels ‘libres’ équiperont les ordin ateurs de l’Assemblée nationale dès la prochaine législature. Et qu’ OpenOffice fait son chemin dans l’administration française, le ministère du Budget et de la réforme de l’Etat a fait un premier bilan, 400.000 postes dans les administrations françaises auront migré sur OpenOffice.org avant 2007.

Pour autant tout n’est pas rose dans le monde de l’open source, qui pour ses acteurs éditeurs continue en particulier de pécher par la faiblesse de son modèle économique. ” L’un des principaux handicaps du logiciel libre, qui est le même que pour le reste de l’édition logicielle française, c’est l’insuffisance du capital-risque”, rappelle PAC.

Une tendance qui recouvre l’Europe, avec certes quelques disparités mais qui viennent finalement renforcer cette vision. D’ailleurs, la Commission européenne n’est pas indifférente et participe même activement au marché en étant le principal contributeur des communautés, à hauteur de 45 %.

L’Europe justifie l’open source, une étude commandée par la Communauté européenne pointe les bénéfices des logiciels ‘Floss’.

– Les segments de l’open source professionnelle

Il y a cinq segments dans lesquels entreprises investissent dans l’open source :

– les applications d’entreprise, bureautique, ERP (gestion), CRM (clients), email, BCM (gestion de contenu), BI (Business Intelligence) ;

– les outils de développement, développement d’applications, collaboration, gestion du cycle de vie des projets ;

– les serveurs web et d’applications, plates-formes et serveurs applicatifs, middleware, ESB (Enterprise Server Bus), suites d’intégration, produits de messagerie instantanée, portails ;

– les bases de données, pré-relationnelle et relationnelle ;

– et les systèmes d’exploitation.

L’exemple d’IBM est significatif, le géant de l’informatique est présent sur tous ces segments, à la fois avec des solutions propriétaires et avec des solutions open source.

Revenus logiciels d’IBM en 2005, source Harvard Business School

– Pourquoi les entreprises investissent dans des projets open source ?

La question en elle-même est riche d’enseignements, car on investit dans les solutions open source, ce qui signifie que les entreprises ne sont pas dupes? L’argument de la gratuité a fait son temps !

Il y a quatre motivations identifiées pour adopter une stratégie d’adoption de l’open source, dont deux économiques inévitables : le prix, la gratuité des produits bien évidemment, et l’économie de marge que l’on en tire qui permet d’envisager d’affecter des fonds à d’autres ressources.

Mais les autres motivations sont de plus en fortes : la standardisation des composants technologiques, les plates-formes open source ont en effet très rapidement compris l’intérêt d’adopter et de respecter les standards ; la complémentarité des produits avec les grandes solutions du marché, et donc l’interopérabilité avec les autres produits, qu’ils soient propriétaires ou open source.

Rappelons qu’il en va de la survie du monde de l’open source de respecter les standards et de jouer l’interopérabilité. Il y en a un autre qui l’a bien compris, c’est Microsoft (voir notre analyse de Microsoft et l’open source plus loin) !