Réseaux

Dossier spécial VoIP/ToIP : le tour de la question

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Migration, technologies, avantages et limites, études de cas, idées reçues : Silicon.fr fait le tour des communications IP en 17 articles

Choisir sa migration vers la VoIP (1ère partie)

La téléphonie traditionnelle réclame son propre réseau

– et les équipements qui vont avec

– distinct de l’infrastructure informatique. Deux réseaux, deux câblages, deux compétences… Et une intégration complexe au système d’information

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Sur l’installation classique la plus répandue, la téléphonie circule sur un réseau spécifique dont tous les postes aboutissent à un autocommutateur privé (PABX pour Private Automatic Branch eXchange) connecté à celui de l’opérateur de télécommunications. Ce réseau (commuté) est maintenu par des employés ou prestataires spécialisés, formés à la gestion de son équipement.

Dans l’entreprise, un autre réseau (local ou étendu) relie ordinateurs individuels et postes de travail aux équipements de groupe : serveurs, imprimantes, unités de stockage, routeurs d’accès à Internet… Sur ce dernier, qui fonctionne en mode paquets et utilise généralement les protocoles Ethernet et IP, des spécialistes des infrastructures informatiques configurent et maintiennent les équipements partagés et les éléments matériels

Simple comme un coup de fil ?

L’entreprise doit ainsi maintenir deux configurations distinctes et opérer des mises à jour différentes avec deux équipes, relevant le plus souvent de deux contrats et même plus. Pourtant, ses télécommunications et sa téléphonie peuvent être gérées par le même opérateur ; d’ailleurs c’est souvent la règle. Même si les entreprises ont parfois optimisé leur téléphonie afin d’en globaliser et de mieux en négocier les coûts, elles ont à charge deux infrastructures voire plus selon le nombre de leurs filiales, alors qu’elles pourraient les faire converger.

D’autant qu’avec la VOIP, la téléphonie devient une application parmi d’autres, qui généralement rassemble ou offre à moindre prix des fonctions traditionnellement onéreuses : messagerie, serveur vocal interactif, standard, centre d’appels…

Enfin, tout déménagement, tout déplacement ou arrivée d’un nouvel employé obligent à une intervention physique sur le lieu de travail, mais aussi sur le PABX de l’entreprise même s’il peut parfois être modifié à distance.

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Migration minimale : un peu d’argent du beurre sans le beurre

Pour l’entreprise, une première évolution consiste à préserver les investissements réalisés pour les équipements classiques (TDM) et les abonnements, tout en bénéficiant de la VOIP entre ses divers sites ou filiales donc en profitant de la gratuité des communications entre ces entités. Pour cela, il lui suffit d’installer une passerelle reliant le PABX au réseau informatique. Celle-ci adapte les flux téléphoniques provenant du PABX pour les transformer en VOIP et diriger les appels vers le bon destinataire. Une opération inverse est également possible pour gérer les appels entrants vers un utilisateur du réseau local. Alors, la passerelle transforme le flux VOIP en communication téléphonique pendant toute la conversation. Cette passerelle peut aussi s’incarner en une carte IP qui s’intègre à certains modèles de PABX.

Si cette évolution minimale peut engendrer des économies, elle ne supprime pas les importants coûts de maintenance et n’apporte pas les fonctions évoluées et intégrées de la VOIP. Certes, elle permet de migrer en douceur vers la VOIP, mais la rupture risque de coûter plus cher sur le moyen terme qu’une autre solution. En effet, les nouveaux équipements et les technologies aujourd’hui normalisées facilitent une migration moins brutale, tout en faisant bénéficier les utilisateurs du confort de la VOIP, avec ses fonctions évoluées. Un calcul de ROI sur deux ou trois ans s’impose !

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