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MMS 2012 : une étape charnière dans la stratégie cloud privé de Microsoft

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Windows Server 2012, Hyper-V 3, System Center 2012 et ses applications satellites, Windows Azure… Au fil des annonces et des présentations, Microsoft construit sa stratégie pour le futur, avec pour cible le cloud privé.

Spécial Microsoft Management Summit MMS 2012

Nous avons été invités à assister à un MMS 2012 exceptionnel, non pas dans sa forme, plutôt marketing, ni dans ses annonces, nous nous sommes contentés de la disponibilité de System Center 2012 et de celle proche de Windows Server 2012, ni encore par son contenu, finalement très classique à force d’ateliers et de démonstrations, mais par l’avancée singulière de la stratégie de Microsoft et la richesse des perspectives offertes par l’éditeur. Ce que ne contrediront pas les participants à cette manifestation, partenaires et clients venus du monde entier, qui ont tous reconnus les avancées réalisées par Microsoft et leur satisfaction d’appartenir à son écosystème.

La déception sur les annonces provient du fait qu’elles n’ont fait que confirmer ce que l’éditeur nous fait miroiter depuis déjà de nombreux mois : l’écosystème Microsoft dispose depuis longtemps des bêta et préversions des solutions révélées ici, leur annonce n’est donc qu’une formalité. Elles marquent en revanche les retards accumulés par Microsoft, la nouvelle version de System Center était attendue fin 2011, Windows Server 2012 pour le printemps, mais ne sera pas disponible avant la fin de l’année. Pour faire face à l’évolution des attentes des clients, elles sont très attendues, mais au vu de la qualité des produits présentés, Microsoft sera pardonné.

Focus sur Microsoft Private Cloud

« cloud privé », l’expression est lâchée dès l’ouverture du keynote de Brad Anderson, vice-président de la division Management & Security de Microsoft. La stratégie de Microsoft s’éclaircit, l’éditeur ne cédera à personne la place qu’il aspire à occuper dans le nuage. Mais il a bien compris que pour accompagner ses clients, il doit faire preuve de pragmatisme. Point de fioriture, de grandes envolées stratégiques, d’annonces tonitruantes… Microsoft fait dans la simplicité, et pour faire migrer ses clients dans le cloud, il leur fournit les outils pour transformer leur datacenter. Microsoft Private Cloud, c’est d’abord une vision du datacenter du futur. C’est surtout une réalité d’aujourd’hui, qui associe les solutions de l’éditeur en un Lego riche, complexe, mais accessible. Le message est clair, il a été apprécié.

Rappelons donc comment Microsoft va nous emmener dans le nuage : premier élément, Windows Server 2012 est la plateforme logicielle qui vient prendre place au-dessus de la couche matérielle. Cette nouvelle version se présente comme une synthèse des précédentes, les erreurs cumulatives de l’éditeur en moins. Un peu comme si l’on repartait quasi à zéro, avec un environnement serveur reconstruit sur des bases moins fragiles, car non composées de briques hétérogènes. Côté virtualisation, Hyper-V 3.0 apporte ce qui manquait à Microsoft pour affronter sérieusement VMware. L’affrontement sera rude ! Windows Azure apporte la couche d’infrastructure, de performances, de stockage et de services à la demande, pour couvrir les pics et les accessoires de ressources, pour répondre à un épiphénomène de consommation des IT de l’entreprise, ou assurer un PRA économique, par exemple. Pour piloter l’ensemble, il faut un outil d’administration sérieux. C’est System Center 2012, avec des compléments et/ou options pour gérer, orchestrer, piloter, sécuriser, virtualiser, etc.

Microsoft System Center 2012

La solution d’administration de Microsoft aura donc été la vedette de ce MMS 2012, l’éditeur ayant annoncé sa disponibilité mondiale. Elle est disponible en deux versions : Standard pour gérer une à deux machines virtuelles (VM) par serveur ; et Datacenter pour un nombre illimité de VM par serveur, entendez par là pour piloter le nombre maximum de VM qu’un serveur est physiquement capable de supporter. La solution s’accompagne de modules optionnels ou intégrés, parfois à activer, qui renforcent ses capacités à administrer un cloud privé. Le déploiement de ce dernier prend moins d’une minute, c’est spectaculaire lors d’une démonstration, mais dans la réalité quel DSI ira se livrer à un tel exercice extrême ?

System Center était modulaire. Les modules pour la gestion des applicatifs et des configurations, la sécurité jusqu’au poste de l’utilisateur, la gestion et l’orchestration des processus, des services et des VM sont désormais intégrés à System Center 2012 : App Controller, Configuration Manager, Data Protection Manager, Endpoint Protection, Operations Manager, Orchestrator, Service Manager et Virtual Machine. Microsoft a par ailleurs mis l’accent sur la mobilité, la gestion des terminaux mobiles. Aux PC Windows évidemment reconnus viennent s’ajouter les terminaux Windows Phone, Android et iOS, qui désormais profitent d’ActiveSync et de la personnalisation des services et déploiements via Configuration Manager. Seule la VDI (Virtual Desktop Infrastructure), pour les postes de travail virtuels, n’est pas encore intégrée, l’entreprise se tournera vers Citrix pour la gérer dans System Center.

La virtualisation étant incontournable du cloud, System Center 2012 dispose de Virtual Machine Manager, qui en plus de Hyper-V et VMware ESX, supporte désormais XenServer. Sur le nouvel hyperviseur. L’accent a principalement été mis les faiblesses endémiques de Microsoft en matière de virtualisation, la migration des VM et le stockage. En attendant Windows Server 2012 et Hyper-V 3.0 qui devraient remettre les pendules à l’heure. En revanche, côté cloud public et multitenant (multi instances locatives pour une application unique) , il faudra développer une couche de portail de services. Choix stratégique ou manque de temps ? Probablement les deux.

La stratégie Private Cloud s’impose

Au départ, le manque d’annonces et la volonté de Microsoft d’adopter une approche de communication marketing nous ont fait craindre le pire ! Jusqu’à ce que la stratégie Microsoft Private Cloud s’impose comme une évidence, même s’il s’agit principalement de faire évoluer le datacenter et que le cloud s’impose plus en argument moderne qu’en réelle technologie. Mais c’est surtout au contact de l’écosystème de l’éditeur que la stratégie de Microsoft s’est imposée en évidence. System Center 2012 était très attendu et les apports de cette nouvelle version – dont la simplicité d’usage, enfin ! –  ont été chaudement accueillis. Il en sera de même avec Windows Server 2012 et Hyper-V 3.0 en fin de cette année. De plus, les partenaires de Microsoft disposent désormais et très prochainement d’arguments sérieux pour administrer les infrastructures de leurs clients, piloter le datacenter en environnement Microsoft, créer un cloud privé, et proposer une alternative économique à VMware. C’est la satisfaction de l’écosystème qui nous amène à conclure que MMS 2012 restera dans les mémoires comme une date phare, celle de la migration vers le cloud privé, dans l’évolution stratégique de Microsoft.