DreamForce Europe : Du Saas au Paas partout

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Succès de la conférence utilisateurs européenne de salesforce.com à Londres les 7 et 8 mai : 20.000 participants ont suivi les nombreux ateliers et conférences. Une occasion pour son dirigeant Marc Benioff d’exposer sa vision et son positionnement

Londres –« Salesforce.com assume fièrement son rôle d’évangéliste et de catalyseur du modèle Saas (Software as a service). Une démarche qui consiste à utiliser dans les applications d’entreprise les approches éprouvées par Google, Amazon, eBay et tant d’autres ! » lance Marc Benioff, CEO de salesforce.com, dès le début de sa présentation d’ouverture de la manifestation. Une heure consacrée à expliquer comment salesforce.com élargit sa stratégie Saas (Software as a service) au concept de Paas (Platform as a service) pour rejoindre la “voie lactée” du Cloud Computing.

Saas à tous les étages pour cette « One billion Company ».

“No software” : tel était le mot d’ordre et le symbole omniprésent de cet événement. Un logo évoquant forcément l’affiche du film Ghostbusters. Mais qui est donc appelé à incarner le rôle fantôme ? Pour Marc Benioff, la réponse va de soi : l’informatique s’oriente clairement vers les services partagés, devenant une facilité au même titre que l’électricité, l’eau ou le gaz. En fournissant du “flux applicatif”, l’éditeur en ligne simplifie la prise en main. « En effet, les applications et leur utilisation reprennent une logique et une ergonomie connues et adoptées simplement par tous les internautes,» répète-t-il inlassablement.

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Face aux cassandres lui prédisant les pires écueils (« Vous de pourrez pas tenir la charge », « Vous ne pourrez pas répondre à toutes les tailles d’entreprise.», « Vous ne pourrez pas… »), le dirigeant de l’éditeur porte-drapeau du Saas expose sa situation : « Nous avons créé une nouvelle industrie, et salesforce.com sera la première entreprise Saas réalisant un milliard de dollars de chiffre d’affaires dès 2009[exercice débuté en février 2008, contre 748 millions de dollars en 2008].Et désormais, nous franchissons l’étape décisive du Paas (Plateform as a service). […] Les éditeurs de logiciel proposent des solutions souvent différentes selon la taille des entreprises, réservant certaines possibilités exclusivement aux plus grandes. Avec notre plate-forme Force.com, toutes les fonctions peuvent être accessibles après un simple abonnement mensuel par utilisateur et par mois. Et Force.com propose bien les trois niveaux : bases de données, logique métier et interface de présentation. Mais chez nous quelques clics peuvent suffire à générer automatiquement du code pour réer très rapidement des applications opérationnelles, avec une réutilisation très poussée augmentant encore la productivité.»

Autre avantage de la plate-forme en ligne, les mises à jour s‘effectuent en toute transparence et sans rupture pour l’utilisateur. En outre, elles sont incluses dans le prix de l’abonnement mensuel. Certains observateurs font remarquer que l’innovation dépend alors totalement du bon vouloir de l’éditeur. « En huit ans, nous avons déjà lancé 22 versions majeures, au rythme de trois par an, » répond Marc Benioff. « Et salesforce.com poursuivra sans cesse cette politique d’innovation et de réactivité pour répondre aux attentes ou aux demandes des clients et de la communauté des utilisateurs. »

Un tour de Paas-Paas à travers les nuages

Tandis que les applications s’orientent vers le Saas et les plates-formes vers le Paas, les technologies nées sur les mainframes et passées au client/serveurs évoluent vers le Cloud Computing (traduisant le fait que les applications de l’entreprise sans infrastructure utilisent celle des diverses plates-formes dont elles utilisent les services : Force.com, Google, et autres.)

« Quelle voie emprunter ? Celle du logiciel ou celle des solutions Paas ? » interroge Marc Benioff. « Développer des logiciels en mode traditionnel coûte cher, s’avère de plus en plus complexe. En effet, la multitude de matériels et logiciels à maintenir et à faire évoluer (sur les différentes couches séparant l’utilisateur de son application) accentue les risques et les incertitudes. En outre, les diverses couches à maintenir et à consolider alourdissent les budgets de fonctionnement.» Promesse majeure du Cloud Computing : les plates-formes peuvent collaborer aisément entre elles en utilisant dynamiquement les services des unes et des autres, en toute transparence pour l’utilisateur final. Et Marc Benioff de marteler : « Ne réinventez pas la roue ! Nous mettons la puissance de notre plate-forme à votre disposition, avec sa sécurité et ses performances éprouvées. En mode Cloud Computing, l’utilisateur d’une solution Paas profite aussi du savoir-faire et de l’infrastructure des meilleures plates-formes qui s’accordent pour collaborer et apporter plus de services. Une sorte de “Global Infrastructure as a service” !»

Sous Force.com, plate-forme technologique de salesforce.com, toutes les couches de programmation sont accessibles et personnalisables. Les règles peuvent être définies au niveau de l’intégration, le langage de programmation Apex permet d’écrire son code sur la plate-forme, et la nouvelle brique VisualForce apporte la conception avancée de l’interface utilisateur.

Une évolution de fond plus qu’une utopie

Fort de son succès commercial (41.000 Clients, plus de 800 applications en 15 Langues), l’éditeur dispose d’une bonne assise et poursuit ses investissements en actifs informatiques conséquents. « Deux datacenters supplémentaires seront ouverts d’ici à 2009, un en Asie et un en Europe. La localisation de ces installations reste cependant secrète, » a expliqué Marc Benioff, lors de la conférence de presse du 8 mai.

Programmer sans serveur à demeure, tester le code et les interfaces en direct via une liaison sécurisée, rendre ensuite disponibles les nouveaux services sans déploiement… Un rêve ? Ou plutôt un immobilisme conforté par de freins psychologiques ?

Et si les entreprises se consacraient enfin à leurs métiers ? Combien d’entre elles achètent-elles encore leurs voitures de fonction ou disposent-elles d’une pompe à essence dans leurs locaux ? En outre, avec les services Web et le SOA, les éditeurs pourraient rapidement évoluer vers ce modèle. D’ailleurs, certains ont déjà commencé. Avec plus ou moins de réussite…


Auteur : José Diz
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