DVD : vers un ralentissement, la faute aux copies ?

Régulations

Le marché constate un ralentissement des ventes de DVD. Les majors accusent bien évidemment le téléchargement illicite?

Le marché mondial des films en DVD devrait, selon

Adams Media Research, atteindre 17,3 milliards de dollars en 2005, soit une progression de 12% par rapport à 2004. Mais dans le même temps, les analystes prévoient un ralentissement de la progression, qui ne sera selon Adams Media Research que de 9% en 2006. Les ventes de films en DVD devraient atteindre un plafond maximal avant la fin de la décennie. Pour l’industrie de la vidéo, la responsabilité de ce ralentissement revient aux téléchargements en ligne. Les vilains internautes qui téléchargent illégalement des films auront donc toujours le mauvais rôle ! Il est si simple d’accuser le ‘peer-to-peer‘ de tous les maux ! Il en est pourtant du cinéma comme de la musique : d’une part le téléchargement n’a pas réduit la fréquentation des salles, mais surtout la technologie évolue et les habitudes d’achat aussi. Le téléchargement payant de musique en ligne s’impose aujourd’hui comme une alternative économique à la chute des ventes de CD et un nouveau modèle économique où l’industrie cherche à s’engouffrer. Avec la multiplication des connexions haut débit, l’industrie du cinéma devrait elle aussi plonger sur les technologies de téléchargement. Qu’il s’agisse d’ailleurs d’offres de téléchargement ‘triple play‘, de vidéo à la demande… de ce que l’on pourrait regrouper sous le vocable ‘pay-per-view‘. Mais plusieurs autres phénomènes influencent aussi le marché. Tout d’abord, le marché du DVD est devenu très concurrentiel, un marché de masse aux techniques marketing et de distribution de lessiviers. On achète aujourd’hui un film en DVD comme un paquet de lessive ! En contrepartie, si les volumes de ventes augmentent, les prix baissent et la courbe du chiffre d’affaires va inévitablement s’incliner. Autre phénomène, la phase d’équipement touche à sa fin. Le marché des lecteurs DVD est aujourd’hui sur des appareils entre 50 et 100 euros, mais moins désormais d’équipement de masse que de second équipement, voire de renouvellement. De même, l’émergence d’un nouveau format de vidéo haute définition tendrait à placer le marché du haut de gamme et les ‘early adopters‘ fous de technologie en position d’attente? Blue Ray ou HD-DVD ? Bien malin qui pourrait dire aujourd’hui qui sera au final le remplaçant du vieillissant DVD ? Et puis, l’économie n’est plus aussi fleurissante et les fabricants ne semblent pas avoir intégré cette donnée. Traditionnellement dans les périodes de difficultés, le budget culturel est le premier touché ! En revanche, une nouvelle fois Hollywood va taper sur le dos des ‘pirates’ pour rejeter la responsabilité du ralentissement du marché des DVD. Un ralentissement dont les causes sont finalement bien naturelles.


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