EMC renforce son offre: vive la croissance externe ?

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Avec cinq acquisitions majeures en 18 mois, EMC déploie son offre afin de dépasser le stockage de donnée et s’imposer sur l’ILM (Information Life Management)

Après avoir connu en 2001 et 2002 des années noires et déficitaires, la politique de restructuration et d’acquisitions agressives que le groupe s’est imposée ces dernières années porte ses fruits. Ainsi pour 2004, EMC affiche un chiffre d’affaires de 8,32 milliards de dollars, en progression de 32%, et un bénéfice de 871 millions.

Le groupe reste très centré sur le stockage, un marché majeur dont il occupe largement la tête. Mais à quel prix ? Dans ses vingt premières années d’existence, le groupe a acquis une vingtaine de sociétés pour environ 4 milliards de dollars. Sur les dix huit derniers mois, ce sont cinq sociétés ?Legato, Documentum, Vmware, Dantz Development et Smarts ? qui ont été acquises pour un montant total de 5 milliards de dollars. Le constructeur s’est lancé dans une course contre la montre pour élargir son offre de matériel vers du logiciel et, à l’image des géants du secteur, se préparer à migrer vers le service. D’ores et déjà il est acquis que le logiciel représentera 37% des revenus d’EMC en 2005, ce qui lui permettra d’occuper 19% de part d’un marché estimé à 51 milliards de dollars. ILM à tous les étages Face à un marché du stockage de données dont les volumes progressent annuellement de 60% à 70%, la sécurité des données est devenue la priorité des entreprises. Un phénomène que la diffusion de plus de 20.000 règles de gouvernance dans le monde a rendu plus sensible encore. Mais dans le même temps, la réduction régulière des coûts s’est imposée comme une règle du marché à laquelle EMC n’échappe pas ! Paradoxe, les coûts chutent, mais les technologies se font de plus en plus complexes ! Et surtout, il n’est pas certain que la politique de globalisation des éditeurs autour de l’approche de ‘cycle de vie de l’information‘ (ILM) simplifie le marché, au contraire? EMC n’y échappe pas! Et pendant ce temps, si les coûts baissent, l’information prend de la valeur. En revanche, à la question de savoir quelle part de revenus du groupe génère l’ILM, la réponse embarrassée de Bill Teuber, chief financial officer (ces revenus sont noyés dans la masse d’informations financières), en dit long sur l’accueil réservé par les clients à une technologie qui doit encore justifier de sa capacité de retour sur investissement. L’idée même d’ILM est séduisante, à couvrir l’ensemble de la démarche de gestion de l’information. EMC est bien armé pour aller jusqu’au bout de sa démarche. D’autant qu’il reste pragmatique : “La demande n’est pas sur les fonctionnalités dans le stockage, mais plutôt comment trouver simplement l’information“. Pragmatique, certes, mais à force de multiplier les acquisitions pour combler les pièces qui manquent au puzzle de l’approche d’un ILM intégral, l’offre d’EMC ressemble plutôt à un assemblage encore incomplet de briques. Pour la classification des données et la console unifiée, EMC propose ses solutions de gestion de l’information, Documentum et la famille Xtender. Pour l’intelligence actionable, terme nouveau qui définit la surveillance active et automatisée des processus pour détecter les failles des systèmes, l’éditeur a racheté récemment la technologie Smarts. Le support d’environnements hétérogènes et l’optimisation des équipements existants ou à venir constituent deux contraintes critiques de la gestion de l’information. Pour y répondre et pour simplifier la gestion, EMC propose VMware, le leader mondial de la virtualisation, et une nouvelle solution, Invista, dont nous reparlerons. A la recherche d’un nouvel équilibre, EMC avance ses pions, et rachète ceux qui lui manquent. Il en a les moyens ! A quoi aboutira-t-on ? Les technologies sont présentes, mais le pari est de compter que le marché suive, dans l’immédiat?


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