En réponse à Free, Bouygues Telecom élude la question de la mutualisation des réseaux

Réseaux

Olivier Roussat, PDG de Bouygues Telecom, insiste sur le faible intérêt que Free a porté à ses offres de location de sites et sur les obligations de déploiement de son concurrent.

Bouygues Telecom a répondu à la demande de Free qui, en novembre dernier, voulait s’inviter dans les discussions entre SFR et Bouygues sur les accords de mutualisation des réseaux mobiles. A sa manière. Car derrière la réponse à une demande formelle, la lettre datée du 6 janvier contient une charge sur la faiblesse des investissements et déploiements de réseau de la filiale d’Iliad.

Dans sa lettre révélée par Les Echos, Olivier Roussat, PDG de Bouygues Telecom, rappelle à Maxime Lombardini, directeur général d’Iliad, les précédentes initiatives prises pour tendre la main à Free Mobile engagé dans le déploiement d’un réseau mobile au niveau national. Tout en insistant sur ses obligations de couverture. D’ici le 12 janvier 2015, le nouvel entrant dans la téléphonie mobile devra couvrir 75 % de la population française selon les engagements pris devant l’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes). Ce qui nécessiterait environ 6000 sites et Free Mobile en aurait ouvert moins de 50% (2450 sites 3G actifs), indique ITespresso.fr.

670 sites partagés

De quelle manière Bouygues Telecom peut aider Free Mobile à concrétiser cet objectif de couverture ? « Dans une volonté de faciliter l’exercice d’une concurrence effective et équitable entre tous les opérateurs » sous le couvert règlementaire du régulateur, Bouygues Telecom se propose donc de soulager Free Mobile en ouvrant ses sites 3G (mais pas 4G).

« Force est de constater que votre société ne paraît pas avoir marqué un grand intérêt pour ces opportunités, peut-on lire dans la lettre. Car, sur 6700 sites proposés, 5 seulement ont fait l’objet d’un accord » entre 2010 et 2012. Un accord qui s’est élargi, en septembre 2013, à 670 sites. Mais cela reste « modeste », estime Olivier Roussat, qui rappelle par ailleurs que d’autres prestataires de diffusion hertzienne, comme TDF et FPS (dont Bouygues est actionnaire), peuvent louer leurs 5000 sites à Free Mobile.

Une couverture anti contentieux ?

Pourquoi Bouygues Telecom prend autant de délicates attentions avec Free Mobile ? Selon Les Echos, cette lettre a également été envoyée aux autorités de régulation des télécoms (Arcep et Autorité de la concurrence) et à Bercy. Une manière de se couvrir en cas de contentieux sur d’éventuels manquements au respect du cadre concurrentiel dans la téléphonie mobile ?

Au final, Olivier Roussat se garde bien d’évoquer la question de la mutualisation des réseaux.

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