Enquête sur le chiffre d’affaires et la marge du cloud Amazon

Cloud

Silicon.fr fait le point sur la question du chiffre d’affaires présent et futur, et sur la marge et le profit du cloud AWS d’Amazon.

Que sait-on exactement sur le chiffre d’affaires d’AWS (Amazon Web Services) ? Au sein des résultats publiés par Amazon, AWS figure dans la rubrique ‘Other’. Celle-ci regroupe plusieurs activités du géant de l’e-commerce, dont des activités de promotion et de marketing !

Selon les analystes, AWS en représente la part la plus importante. Au 30 septembre 2012, ‘Other’ affichait 608 millions de dollars de revenus trimestriels. Soit au cumul 1,582 milliard de dollars sur 9 mois. Le chiffre des 2 milliards de dollars sera très certainement dépassé sur 2012. 2,2 milliards selon le prévisionnel d’Amazon.

La « petite marge » de Jeff Bezos

Lors de la conférence “AWS : Reinvent”, l’un des principaux sujets de discussion a porté sur ce que gagne Amazon avec son cloud. Si l’on se réfère aux chiffres communiqués par ceux que Andy Jassy, senior vice-président d’AWS, nomme « la vieille garde des fournisseurs IT », sous-entendu IBM et HP, Oracle et SAP, leur marge nette serait de 60% à 80%. Peut-on appliquer ces chiffres à AWS ?

Jeff Bezos, le patron et fondateur d’Amazon, a évoqué un métier à « faible marge et gros volumes ». La marge réalisée par AWS est certainement et probablement nettement inférieure à celle de la « vieille garde ». Les prix pratiqués par Amazon affichent d’ailleurs un gap important face aux providers de l’ancienne génération.

Amazon est en phase de développement sur AWS. Concrètement, cela se traduit par une marge brute minorée, mais qui devrait progresser rapidement au fur est à mesure que les projets arrivent à maturité et que les investissements sont amortis. Le réalisé de marge brute et de profit devrait donc progresser rapidement. Dernier point, Amazon est une entreprise : la philanthropie n’est pas de mise. La société gagne de l’argent, AWS aussi !

L’étude Macquarie Capital

Dans une étude publiée voici quelques jours, les analystes de Macquarie Capital ont estimé que le chiffre d’affaires réalisé par AWS en 2012 serait de 2,1 milliards de dollars, et la marge brute de 3%, soit 62,1 millions de dollars. Ils ont poussé leur analyse plus loin dans le temps : en 2013, le chiffre d’affaires réalisé par AWS serait de 3,8 milliards de dollars pour une marge de 5% ; en 2014, un chiffre d’affaires de 6,2 milliards et une marge de 6% ; et enfin en 2015, un chiffre d’affaires de 8,8 milliards et une marge de 7%.

Macquarie Capital a également estimé les profits réalisés par AWS : en 2012, un profit de 14,8 millions de dollars ; en 2013, un profit de 19,3 millions ; en 2014, un profit de 24,6 millions ; et en 2015, un profit de 30,6 millions de dollars. Un profit certes réduit, mais n’oublions pas qu’AWS est d’abord la plateforme d’Amazon et des projets de Jeff Bezos – comme Blue Origin et les voyages spatiaux, fort consommateur de ressources informatiques -, or aucune étude ne prend en compte cette particularité pour mesurer la profitabilité réelle d’AWS.

Vers les grandes entreprises et les pays émergents

Comme nous le constatons, la progression d’AWS est également élevée. Jusqu’à présent, le cloud d’Amazon a principalement séduit les start-ups et les PME. Les premières par la capacité à déployer et faire évoluer une architecture capable de supporter de fortes variations de consommation des ressources, et les secondes par la simplicité de déploiement d’une architecture facturée à la consommation réelle.

Pour autant, AWS devrait séduire de plus en plus de grandes organisations – les équipes de développement et leurs environnements de préproduction y travaillent déjà – qui vont occuper une part importante de l’activité cloud. C’est pour elles qu’Amazon étend sa plateforme avec des services toujours plus technologiques. Sans oublier les marchés émergents, qui se passeront bien volontiers d’investir dans les infrastructures.

Amazon Web Services, mâle dominant d’un marché en devenir

Il se pourrait également que les chiffres évoqués ici soient loin de la réalité. Nous constatons par exemple une querelle d’analystes autour des prévisions du marché du cloud dans les prochaines années. S’il est difficile d’imaginer un consensus sur le sujet, tant le potentiel du marché et la marge de déploiement des technologies sont larges, les prévisions en dizaines de milliards de dollars peuvent aller du simple au double.

Les analystes s’entendent en revanche sur un point de vue commun : AWS est et restera le premier acteur du marché, et de très loin ! Avec une part de marché qui pourrait frôler, voire dépasser les 50%. Dans ces conditions, il sera difficile de détrôner le roi Amazon…

Image © Sergiy Serdyuk – Fotolia.com


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