Erenis, FAI parisien sur fibre, va proposer 60 mégas, VDSL

Réseaux

L’opérateur alternatif s’apprête à percer le plafond des hauts débits vers le grand public “dans les prochaines semaines”. Il conforte son implantation dans les plus grandes cités HLM de Paris. Débit record: des accès Internet à 60 Mbits/s, en VDSL, donc flux symétriques!

Erenis sort un peu plus de l’ombre. Après trois années de démarrage en catimini ou presque, cet opérateur indépendant, soutenu par des fonds d’investissement (NetPartners, Anvar), fait état de la connexion de ”

quelques milliers de logements” (25.000 selon nos informations). Et les perspectives, d’ici à 2006 dépasseraient les 50.000. Le réseau physique de desserte repose essentiellement sur la fibre optique, pour apporter des services de téléphonie et d’accès Internet auprès des grands groupes d’immeubles, notamment des cités HLM ou équivalentes gérées, entre autres, par la SAGI (Société anonyme de gestion immobilière, ville de Paris). A ce jour, Erenis dispose d’accès et d’installations dans 10 arrondissements de Paris, notamment dans l’est de la capitale (entre Porte des Lilas et Porte de Charenton, ou le 13è arrondissement, au long de l’avenue de Choisy, par exemple, où sont concentrées ces cités HLM), mais également à Montparnasse (Aristide). Grâce au choix de la fibre optique et du protocole VDSL (*), la capacité en hauts débits proposée aux abonnés atteint des sommets. “Nous avons mis l’accent sur l’infrastructure“, a expliqué Frédéric Boutissou, directeur général, lors d’une table ronde de l’EBG, animée par Silicon.fr, ce 18 mai. “Nous avons banalisé des accès de 3 fois 10 ou 15 Mbps. Nous sommes en train de tester des débits de 80 Mbps. Et d’ici à quelques semaines, certains clients vont bénéficier de 60 Mbps” En pratique, il s’agit bien d’une infrastructure de boucle locale. Sur le modèle de l’ISP italien Fastweb, l’opérateur alternatif installe ses propres noeuds d’accès (‘POP’) dans des locaux techniques mis à disposition par les sociétés immobilières ou de copropriété: les abonnés y sont directement connectés – Erenis se chargeant de tirer les câbles, dont les derniers mètres sont en cuivre. Le taux d’adoption par les habitants locataires ou co-propriétaires de ces immeubles en collectivité est de 20 à 30%. En attendant la TV ou vidéo sur demande… Il est vrai qu’Erenis propose un abonnement téléphonique très compétitif: 5 euros/mois (contre 14 chez l’opérateur historique…). Deux forfaits “illimités” sont proposés à 20 euros/mois et 30 euros, pour les communications locales et nationales, respectivement. Les numéros, attribués avec l’ART, commencent par 01 7 ou 6. Environ 25% des foyers ainsi raccordés demandent à bénéficier de la portabilité du numéro (maintien du numéro France Télécom ou autre) – le délai d’attente étant de 4 semaines en moyenne. La fibre optique est tirée via le réseau des égouts parisiens, quand la fibre n’est pas louée à la Ville de Paris -“à un coût trop élevé“, déplore, au passage, Frédéric Boutissou, prenant à témoin un représentant de la CDC (Caisse des Dépôts et Consignation). Pour l’heure, l’opérateur qui concurrence sérieusement Noos et les autres opérateurs, n’a pas encore déployé de services TV/vidéo (vidéo à la demande ou la télévision sur IP). Ce qui ne saurait tarder… Etonnamment, son modèle économique se satisfait d’un premier “gisement”: 20% des foyers parisiens n’auraient pas d’accès téléphonique fixe! _ _ _ (*) VDSL, Very-high-data-rate Digital subscriber line ou ligne d’abonné numérique à très haut débit. Cette technologie DSL autorise des débits jusqu’à 27 Mbits/s sur des distances de 500 m à 3 km, jusqu’à 27 Mbits/s en mode asymétrique et jusqu’à 14 Mbits/s en mode symétrique. Comparativement, l’ADSL (Asymetric DSL, la première des technologies DSL) permet des débits allant jusqu’à 6 Mbits/s en flux descendant et 640 kbits/s en flux montant. De la fibre FTTB au câblage cuivre…

Au pied de chaque groupe d’immeubles, est installé un PABX et un routeur. Et dans les bâtiments, sont déployées des paires téléphoniques en cuivre à travers les colonnes montantes en juxtaposant ce câblage cuivre à celui de l’opérateur historique, voire à celui du câblo-opérateur TV (Noos, par exemple). La combinaison de la fibre optique FTTB (

Fiber to the building) et du fil de cuivre sur les derniers mètres réduit le coût du raccordement. D’où la possibilité d’offrir des très hauts débits à chaque locataire pour un service téléphonique et/ou un accès à Internet grâce à la technologie VDSL. Erenis utilise des passerelles IPmux (protocole de multiplexage TDM sur IP) fournies par l’équipementier israélien RAD Data Communications. Ces passerelles autorisent le transport du trafic voix via un réseau métropolitain MAN (Metropolitan Area Network) de nature IP Ethernet. Les communications Internet empruntent ensuite le réseau métropolitain MAN d’Erenis pour aboutir à un Datacenter situé en banlieue parisienne, point d’interconnexion entre différents opérateurs (réseau de collecte, Nexos en grande partie, transite notamment via celui de Neuf Télécom). Pour transporter les flux téléphoniques à travers ce réseau MAN Erenis raccorde chaque PABX à une passerelle IPmux-11 via un port E1 (2Mbit/s). Côté IP, cette passerelle est connectée à un routeur. A l’autre extrémité une passerelle IPmux-16 (jusqu’à 16 ports E1) récupère les communications pour les délivrer au PABX central interfacé avec les réseaux téléphoniques des autres opérateurs télécoms. Initialement, Erenis utilisait des cartes VoIP intégrées aux PABX de pied d’immeuble. Mais au fur et à mesure des déploiements, le trafic à destination du PABX central souffrait de congestion jusqu’à provoquer des coupures lors des communications téléphoniques. D’où la solution de téléphonie sur IP. Après des déboires avec un constructeur européen (non cité…), Erenis a retenu, depuis janvier 2005, la solution de l’intégrateur télécoms Fonex – laquelle repose sur l’IPmux de RAD.


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