Europe: Microsoft n’échappera pas aux sanctions

Régulations

La voie du compromis semble s’éloigner. La Commission pourrait agir à la fin du mois et infliger de lourdes sanctions au géant du logiciel

L’horizon s’assombrit pour Microsoft. Dans la très longue enquête de la Commission européenne contre l’éditeur pour abus de position dominante, les sanctions semblent aujourd’hui inéluctables.

Les compromis de la dernière chance n’auront donc pas fonctionné (lire notre article), les commissaires européens seraient prêts à dégaîner leurs séries de sanctions avant la fin du mois, selon une information de Libération. Le programme semble désormais bouclé. Deux réunions sont prévues: le 15 mars les commissaires discuteront des infractions commises par Microsoft. Le 22 mars, le montant de l’amende sera discuté. et la décision finale devrait être annoncée dans la foulée. Le montant de l’amende est sujet de toutes les rumeurs. On a évoqué 10% du chiffre d’affaires de la firme, soit plus de 3 milliards de dollars. D’autres sources parlaient de 100 millions de dollars – faisant hurler les concurrents de Microsoft. Mais le montant de l’amende n’est pas le problème central pour Microsoft. Le groupe craint beaucoup plus les sanctions liées à ses produits. L’entreprise de Bill Gates est d’abord accusée de ne pas fournir à la concurrence les éléments techniques nécessaires pour faire dialoguer leurs produits avec Windows, notamment sur le marché des serveurs. Bruxelles pourrait donc demander que le code source de Windows soit en partie ouvert. Un casse-tête pour la firme qui protège ces informations comme la prunelle de ses yeux. Par ailleurs, Microsoft est accusé d’avoir entravé le développement des éditeurs de lecteurs multimédias (Real, Apple) en intégrant de façon automatique Windows Media Player à Windows. Microsoft pourrait être forcé de vendre en Europe une version “light” de Windows, c’est à dire sans son Player maison. La firme avait proposé d’inclure un CD fourré de logiciels concurrents avec Windows, mais la proposition a été rejetée. Après cinq années d’enquête en Europe, le couperet va donc bientôt tomber. Un accord à l’amiable de toute dernière minute est-il toujours possible? Cela paraît de moins en moins probable. Réponse le 22 mars.


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