Europe : un tissu e-business de plus en plus dynamique ?

Régulations

En direct de Bruxelles, zoom sur le e-commerce européen

Le concept d’e-business va bien plus loin que celui d’e-commerce (achats-ventes en ligne). Il couvre également l’intégration de l’informatique dans les processus métier des entreprises. Dans un tel contexte, l’esprit d’entreprise et l’innovation managériale sont tout aussi importants que les avancées technologiques. Sur le plan européen, il est donc vital de pouvoir assister les entreprises, et plus particulièrement les P.M.E., à s’adapter à de tels changements structurels liés à la diffusion de ces technologies.

Ceci implique la résolution d’un certain nombre de problèmes tant sur le plan technique que juridique, professionnel et humain. L’objectif des prochaines directives européennes est donc d’améliorer la compréhension des équipes dirigeantes des avantages pouvant être retirés de l’e-business et des solutions dédiées à sa mise en application, ainsi que de promouvoir les initiatives de coopération dans ce secteur. L’un des buts poursuivis par le plan d’action eEurope 2005 est de faire en sorte que : « En 2005, l’Europe soit réellement dotée d’un environnement e-business dynamique ». Pour y parvenir, l’initiative Go Digital a notamment mis en place un observatoire : e-Business w@tch. Sur 2003, celui-ci s’est livré à un benchmarking minutieux lui permettant de déterminer le degré de préparation des entreprises européennes face à l’e-business, ce dans une quinzaine de secteurs d’activité. Si en 2002, à peine plus de 10 % des entreprises déclaraient utiliser l’e-business de manière significative, sur 2003 cette tendance s’est considérablement accélérée. Le taux de pénétration dépasse désormais les 60 %. Toutefois, la situation est fortement contrastée d’un secteur à l’autre. L’adaptation aux changements structurels nécessite aussi celle des compétences, que ce soit au niveau des directions, des experts du département informatique ou à celui des utilisateurs. D’où l’absolue nécessité d’une formation rigoureuse des intéressés pour que cette politique ne reste pas lettre morte dans la pratique. Trois tendances lourdes ont ainsi été observées en 2003 : ? la vente en ligne n’a pas atteint les volumes anticipés les années précédentes. Ainsi, plus de 70 % des entreprises vendant en ligne en 2003 signalent que ces ventes ne dépassent pas 10 % de leurs ventes globales : ? l’e-procurement, quant à lui, a connu un fort développement depuis la fin des années 90 ; ? enfin, les ventes influencées par le Web jouent un rôle très important dans certains secteurs de détail (véhicules d’occasion, par exemple). e-processus internes et entreprise étendue Selon l’e-Business w@tch, l’impact le plus significatif de l’e-business concerne les processus internes de travail (notamment, le partage de documents en matière de travail collaboratif). Quant aux solutions plus sophistiquées (i.e. outils de CRM ou de knowledge management), leur diffusion réelle n’est pas encore très répandue. Or, dans une économie du savoir, telle celle qui s’instaure actuellement dans les pays occidentaux, les entreprises doivent non seulement améliorer leurs processus en interne, mais aussi tout faire pour mieux gérer leur réseau de partenaires et fournir à tous ceux-ci les informations dont ils ont besoin. D’où l’importance de solutions de supply chain. Un prérequis indispensable pour cette coopération est donc la numérisation de l’information devant être échangée entre partenaires. D’où l’importance vitale du développement de standards européens permettant l’interopérabilité des solutions d’e-business, ce qui autorisera l’organisation de ces informations et leur échange cohérent entre les systèmes informatiques des entreprises. Classés troisièmes dans le hit parade des besoins non satisfaits dans les entreprises en termes d’innovation, la recherche et l’emploi de nouvelles technologies (28 %) sont désormais considérés comme plus importants que la mobilisation de ressources financières (26 %) selon le baromètre de l’innovation pour l’année 2003. Politique européenne et actions d’information Au niveau des États de l’Union, le cadre juridique de l’e-business est en pleine consolidation. La transposition des directives concernant l’e-signature, l’e-commerce et le coyright est désormais soit achevée soit en voie d’achèvement dans la plupart des pays, ce qui va accroître d’autant la stabilité et la prédictibilité du cadre réglementaire en matière d’e-business et donc donner un coup de fouet à la confiance des consommateurs dans les e-services. De plus, la transposition de la directive sur les communications électronique va compléter ce cadre juridique. Bien que d’importants progrès aient été accomplis depuis la directive concernant l’e-commerce de 1997, de nombreux problèmes doivent encore être résolus. C’est notamment le cas en matière d’adoption de l’e-business par les P.M.E. Le réseau européen de support de l’e-business (eBSN) capitalise sur les résultats de l’initiative Go Digital et plus particulièrement sur l’étude des politiques nationales et régionales pour supporter cette approche dans les P.M.E. C’est ainsi que le portail eBSN propose une foule d’informations sur les initiatives lancées dans ce domaine notamment à destination de ces entreprises. Il donne notamment des statistiques très intéressantes sur le taux d’emploi de l’e-business en Europe et étend aujourd’hui ses activités aux nouveaux membres. Les disparités sont donc en train de s’estomper, mais n’ont pas encore totalement disparues. Plusieurs initiatives ont d’ailleurs été développées pour améliorer les e-compétences et capitaliser sur celles-ci au sein d’une société vendant en priorité du savoir. Dommage que les P.M.E. n’aient pas vraiment le temps d’aller à la pêche aux aides et subventions, faute de temps pour tout simplement se mettre au courant de ce qu’il est possible de faire. Comme quoi, avant de prendre des initiatives en matière d’e-business, il serait bon que nos technocrates de Bruxelles s’intéressent d’un peu plus près aux techniques d’e-marketing vis-à-vis de leurs cibles et notamment d’e?mailing !!!


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