Avis d’expert : l’évolution des compétences, enjeu majeur pour OpenStack

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Si OpenStack, la plateforme open source de déploiement du cloud computing, alimente régulièrement l’actualité, où sont les compétences ?

Jonathan Le Lous (notre photo), responsable Innovation et de l’offre de formation d’Alterway – opérateur de services open source pour le système d’information – évoque l’une des problématiques associée aux technologies les plus récentes : le manque de compétences.

OpenStack s’impose davantage chaque jour comme la suite de logiciel de référence en matière de IaaS (Infrastructure as a Service) open source. Et plus globalement sur le marché cloud que ce soit en mode public ou privé, même si cette dernière correspond davantage, de par ses choix techniques, à une approche publique.

Dès le lancement du projet open source par Rackspace, l’accent a été mis sur la volonté de voir OpenStack devenir le Linux du cloud. Alors que cette volonté paraissait ambitieuse au départ, il semble qu’aujourd’hui la solution suive effectivement ce chemin.

Si l’adoption par les industriels du secteur semble acquise, on peut aussi constater, en participant aux événements des communautés open source, que de plus en plus de personnes assistent, participent et contribuent à OpenStack. L’exemple le plus frappant est sans nul doute Debian, la distribution Linux la plus « radicale », dont la communauté travaille sur la portabilité d’OpenStack. Un signe certain qu’OpenStack dépasse aujourd’hui les simples intérêts économiques. L’apparition d’une communauté de bénévoles dans l’open source est, en effet, un gage de pérennité et de qualité.

L’exemple Linux

Si Linux s’est installé comme une référence dans les infrastructures, c’est notamment grâce aux “early adopters” techniques dont certains sont devenus de grandes entreprises, comme Red Hat. C’est aussi grâce aux défenseurs du logiciel libre qui ont milité, et contribué, pour la reconnaissance du système d’exploitation.

Enfin le virage final est, sans aucun doute, l’adoption de Linux par les grands utilisateurs. Une des particularités de l’open source étant en effet que l’utilisateur peut, de façon autonome ou non, intégrer massivement les logiciels via les équipes internes.

Cette “linuxisation” n’a été réalisable cependant que par la montée en compétence des équipes techniques que ce soit chez les utilisateurs ou les prestataires de service. Cette évolution au départ timide s’est institutionnalisée avec le temps. Aujourd’hui, il est difficile de proposer un diplôme dans l’administration systèmes, les réseaux ou l’embarqué sans aborder le sujet de Linux.

OpenStack doit suivre l’exemple Linux

Si OpenStack suit la voie de Linux, il devra aussi le faire via la montée en compétences. En effet, il est de l’intérêt des utilisateurs et des offreurs de cloud public de disposer de compétences internes pour faire évoluer leur infrastructure dans un environnement cloud libre.

Loin du modèle propriétaire qui propose une dépendance à l’éditeur, OpenStack offre l’autonomie technologique qui s’appuie sur des compétences internes ou des prestataires hautement qualifiés. Plusieurs compétences sont ainsi sollicitées: les architectes et les administrateurs bien entendu, mais aussi des profils de développeurs Python qui développerons les spécificités de l’IaaS en fonction des besoins et contraintes métiers.

Où vont les compétences ?

Le marché OpenStack s’articule autour de deux catégories d’acteurs aux besoins de compétences spécifiques:

– Les éditeurs de distribution cloud qui offrent une garantie de service importante, tel que Suse. Ces éditeurs ont massivement besoin de compétences en matière de développement.

– Les prestataires de service qui interviennent pour adapter la suite aux besoins spécifiques de grands comptes. Ces prestataires ont besoin de compétences en matière d’administration systèmes et d’architectes, mais aussi de développeurs qui permettront d’adapter OpenStack aux besoins et aux contraintes des clients.

Il est ainsi fort à parier que le marché OpenStack soit avant tout un marché de compétences. La question reste cependant entière : mais où sont ces compétences aujourd’hui ?


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