Fibre : Neuf Cegetel s’empare d’Erenis

Régulations

Après le palois Mediafibre, l’opérateur s’offre le premier fournisseur
d’accès fibre parisien. Neuf Cegetel n’entend pas se laisser distancer

Il y a encore quelques mois, Neuf Cegetel était plutôt réservé sur la fibre, cette technologie qui devrait remplacer l’ADSL dans les grandes villes. Mais face aux multiples initiatives de la concurrence, et pour ne pas se laisser distancer par Free et France Télécom, l’opérateur a radicalement changé de stratégie.

En quelques mois, le groupe a avancé ses pions dans la fibre de manière notable. En janvier, Neuf Cegetel annonçait le rachat de Mediafibe, fournisseur d’accès en fibre dans la région de Pau. Ce jeudi, le groupe annonce son intention de prendre le contrôle d’Erenis, premier et principal opérateur de fibre optique à Paris. Le montant de l’opération n’a pas été dévoilé.

Dans un communiqué très laconique, Neuf explique que “l’opération pourrait être finalisée courant mars. A cette occasion, Neuf Cegetel précisera ses ambitions dans le domaine du très haut débit pour les particuliers”.

C’est une très belle opération pour Neuf Cegetel qui lancera une offre de fibre “dans des zones ciblées”dès cette année. Erenis compte près de 10.000 clients dans la capitale et fait partie des pionniers et des spécialistes des accès fibre en FTTB (Fiber to the building).

Erenis propose une offre à 60 Mb/s qui doit évoluer vers le 100 Mb/s en download et à50 Mb/s en upload à environ 35 euros par mois (pour le triple-play). De quoi exploiter tous les usages de l’Internet (TVHD, téléphone…) de manière simultanée, principal atout de la fibre.

Erenis propose également un service de stockage et de partage de fichiers en ligne disposant de 100 Go de capacité.

Plus que le nombre d’abonnés, c’est bien l’expertise FTTB d’Erenis qui représente un fort atout pour Neuf Cegetel. L’opérateur raccorde les immeubles en fibre, les derniers mètres jusqu’au foyer étant raccordés en VDSL. 50.000 immeubles parisiens sont aujourd’hui raccordables, 100.000 le seront cette année. 10.000 foyers sont abonnés et Erenis compte couvrir totalement Paris d’ici 4 ans.

“Au départ, nous ciblions les grands bailleurs d’immeubles sociaux situés autour des portes, désormais, notre priorité est d’équiper des immeubles plus petits en ciblant les syndics”, explique Daniel Caclin, le p-dg. Erenis équipe gratuitement les immeubles, l’opérateur se rémunère sur les abonnements.

Pour autant, il demeurait jusqu’à aujourd’hui un petit acteur qui risquait à terme d’être marginalisé face aux poids lourds du marché. D’autant plus que chaque foyer ‘coûte’ 700 euros en raccordement. Pour autant, il y a encore peu de temps, Erenis affirmait sa volonté d’indépendance.

“Nous avons levé 26,5 millions d’euros en 2006 et une nouvelle levée de fonds interviendra en 2007. Notre modèle industriel est validé et nous le dupliquons pour chaque immeuble. Notre pay-back, c’est à dire le temps nécessaire pour que la marge générée paye l’investissement est de 2 à 4 ans. Nous allons adresser la banlieue dès 2008 et ensuite nous attaquerons la province”, affirme Daniel Caclin.

“Par ailleurs, nous sommes technologiquement agnostiques et, lorsque l’équation des coûts sera favorable, nous nous interdisons pas de faire du FTTH (raccordement jusqu’à l’abonné). Enfin, nous considérons que nous avons la meilleure offre du marché. Donc, je ne crois pas que nous serons marginalisés au contraire”.

En novembre dernier, nous expliquions qu’Erenis fait confiance à son modèle et à ses investisseurs. Mais qu’un grand FAI pourrait bien se pencher sur cette success-story. Ce qui est aujourd’hui chose faite…

Avec cette opération, Neuf Cegetel se met à niveau de la concurrence et ne semble plus privilégier simplement le FTTH (Fibre to the home). Illiad, la maison mère de Free a annoncé qu’elle dépensera 1 milliard d’euros pour déployer en 2007 son propre réseau à Paris et dans certaines villes de province (soit trois fois plus que France Télécom). Le groupe s’est par ailleurs emparé de CitéFibre, opérateur indépendant parisien qui compte quelques centaines de clients en FFTB (Fiber to the Building). Une offre à 50 Mb/s pour 29,99 euros par mois devrait être lancée en juin prochain.

De son côté, France Télécom a annoncé le lancement d’une offre à 100 Mb/s pour 44,90 euros par mois dans des immeubles parisiens (3e, 4e, 6e, 7e, 13e et 16e arrondissements), à Asnières sur Seine, Boulogne Billancourt, Issy-les-Moulineaux, Rueil-Malmaison et Villeneuve la Garenne.

L’offre sera ensuite étendue aux 5e, 15e et 1er arrondissement de Paris, dans des quartiers de Clichy la Garenne, Levallois et Neuilly-sur-Seine et à Poitiers, Marseille, Lille, Toulouse et Lyon.

Enfin, le câblo-opérateur Numéricable-Noos propose, lui, depuis début décembre une offre d’accès à internet à 100 Mb/s dans une dizaine de villes en France.


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