Fibre optique: mutualiser pour mieux déployer

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A l’occasion des assises du Très Haut Débit, le président de l’Arcep a réaffirmé sa volonté déployer la fibre optique par la mutualisation des réseaux. Pourtant cette technologie ne séduit que 10% des foyers éligibles aujourd’hui.

Alors que la fibre optique peine à s’imposer face à l’ADSL, Jean-Ludovic Silicani , président de l’Arcep (l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes) a tenu à faire un état des lieux lors des assises du Très Haut Débit (THD) qui se sont tenues jeudi 9 juin, et a réaffirmé sa volonté de développer cette technologie, incontournable pour l’avenir selon lui.

«L’Arcep a fixé un cadre réglementaire identique pour la quasi-totalité du territoire (95% de la surface) où le réseau sera mutualisé à plus de 90%, indique t-il. Sur les 5% restants du territoire [150 communes dans les zones très denses, NDLR], en application de la loi LME de 2008, la mutualisation sera beaucoup plus limitée», ajoute le président de l’Arcep. Une manière de rappeler que l’Autorité encourage la mutualisation des réseaux, optiques notamment, contrairement à ce que pourrait laisser penser le choix du multifibre dans les immeubles.

Moyennant un investissement de 25 milliards d’euros étalé sur 15 ans – dont 15 milliards pris en charge par les opérateurs et 10 milliards de financements public et européen – 50% du territoire français sera éligible à la fibre optique dès 2020. Sauf que le problème de la fibre ne concerne pas uniquement son déploiement mais aussi son adoption.

Si Jean-Ludovic Silicani note une progression de 36% du nombre de foyers éligibles au FTTH sur un an, au 31 mars dernier il convient de noter que sur les 1.150.000 de logements éligibles pour la fibre à domicile (FTTH), seuls 140.000 foyers ont souscrit à une offre THD. Quant à Numéricable, il compte seulement 400.000 abonnés FTTLA (backbone en fibre optique prolongé d’une boucle locale en coaxial) pour 4 millions de logements éligibles.

Comment stimuler le développement du THD dans ces conditions? En augmentant les tarifs de l’ADSL. C’est du moins l’idée de Numéricable (qui ne fait pas, ou très peu, d’offre ADSL). Le câblo-opérateur a donc demandé à l’Arcep d’augmenter de 1 euro les prix de gros de l’ancien réseau téléphonique de France Telecom. Les opérateurs alternatifs devraient alors rehausser leurs tarifs ADSL – qui se rapprocheraient de ceux de la fibre – et finiraient sans doute par investir réellement dans le FTTH devant l’adoption forcément massive du THD. Néanmoins au delà des réticences liées au tarif pour la fibre, se pose aujourd’hui plus un problème de besoin ou plutôt d’absence de besoins.

Le président de l’Arcep a donc conclu en déclarant: «On a beaucoup parlé de l’absence d’application ou d’usage émergent qui catalyserait la demande sur un marché où des offres ADSL de très bonne qualité s’avèrent, pour l’instant, suffisantes : nous pensons au contraire à l’Arcep que certaines de ces applications, plus exigeantes en termes de débit et de qualité de service, existent déjà.» Il est vrai qu’avec l’arrivée des télévisions connectées qui surferont sur les services web, recevront du contenu haute définition et 3D mais aussi le développement du Cloud, confirmé par les annonces d’Apple, Amazon ou Google, notamment,  les besoins en bande passante vont se faire de plus en plus pressants…


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