Fin de la pub sur France TV : Nicolas Sarkozy temporise

Régulations

On attendait une décision du président de la Républque, finalement, une commission a été installée. Les opérateurs télécoms ont réussi à gagner du temps

Le lobby des acteurs télécoms/internet a -t-il payé ? Dans le très sensible dossier de la fin de la publicité à France Télévisions, on attendait cette semaine une décision de Nicolas Sarkozy quant aux moyens pour compenser cet arrêt. Mais finalement, le président de la République a décidé de mettre en place une commission présidée par Jean-François Copé et réunissant députés et experts de la télévision. Sa mission sera de“proposer une

nouvelle identité” pour le service public et de “proposer les modalités de financement”du nouvel ensemble. Ses conclusions sont attendues avant la fin mai, un projet de loi n’est donc plus attendu avant l’automne.

Face aux problèmes soulevés par cette affaire, l’Elysée a donc décidé de temporiser après avoir encore une fois été tenté par le coup de force (annonce surprise, pas de concertation préalable). Nicolas Sarkozy a du se rendre à l’évidence, les méthodes pour compenser l’arrêt de la pub (en fait trouver plus d’un milliard d’euros par an) n’ont pas fait l’unanimité…

Rappelons que le gouvernement penche vers une taxation accrue des revenus publicitaires des chaînes de TV privées mais surtout vers une “taxe infinitésimale” sur le chiffre d’affaires de nouveaux moyens de communication, comme l’accès à internet , la pub en ligne ou la téléphonie mobile et certains appareils électroniques.

Le tollé ne s’est pas fait attendre. “Nous ne pouvons accepter (cette taxe)inopportune et particulièrement contre-productive”, écrit Frank Esser, le patron de SFR et président de la Fédération française des télécoms dans une lettre adressée à Nicolas Sarkozy. La Fédération menace d’“accroître les tarifs ou de baisser les investissements”. Pour le lobby des télécoms, augmenter la redevance serait en revanche une “solution logique, claire et pérenne”.

Début janvier, les MVNO (opérateurs virtuels) montraient également leur inquiétude. Une taxe pourrait leur être “fatale”estime l’association Alternative Mobile qui regroupe la plupart des MVNO.“La concurrence sur la téléphonie mobile s’exerce dans des conditions très difficiles pour les MVNO, qui sont encore très fragiles face aux opérateurs historiques”, poursuit l’association.

Il y a donc fort à parier que le lobby des télécoms, très puissant, ait réussi à faire plier le gouvernement ou au moins à gagner du temps. Et une première victoire poindrait déjà à l’horizon. Interrogé sur BFM, Jean-François Copé n’a pas exclu qu’il reste “un petit peu de publicité”dans le financement de l’audiovisuel public.

Ce qui pourrait rassurer les opérateurs télécoms peu enclins à partager leurs formidables revenus. Rappelons que le secteur a dégagé 43 milliards d’euros de CA, une taxe de 1,5% financerait plus de 65% de l’arrêt de la pub…


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