Flash fête ses 10 ans

Régulations

Présent sur 98% des ordinateurs connectés à Internet, le format Flash s’est
imposé au fil de ses 10 années d’existence

En 1996, Macromedia, aujourd’hui entré dans le giron d’Adobe, créait un format original pour donner vie au trait et au dessin, et accompagner la création interactive de contenu numérique. Flash était né?

Pourtant, l’histoire de Flash prend sa source beaucoup plus loin.

En fait, l’histoire de Flash a débuté avec le rêve d’un certain Jonathan Gay de devenir un architecte. En réalisant que peu d’opportunités se présenteraient à lui de voir ses dessins prendre une forme définitive, il se tourne vers son Apple II et se met à bricoler des programmes.

Il découvre alors qu’en écrivant des programmes on peut tout dessiner, construire des choses et voir comment elles marchent. Sauf que l’Apple II Basic est encore loin de satisfaire son besoin manipuler des bits et de construire des maisons.

Après avoir écrit un clone du jeu Space Invaders en Basic, il se tourne alors vers le Pascal, un langage enfin suffisamment puissant pour écrire son premier éditeur graphique, SuperPaint.

Rapidement, il remplace son Apple II par un Macintosh, et intègre – poussé par son père – le Macintosh Users Group. Il y rencontre une autre figure de la programmation sur le Mac, Charlie Jackson, le créateur de la société Silicon Beach Software.

Attiré par le potentiel de Jonathan Gay, Charlie Jackson lui offre un Lisa (10.000 dollars à l’époque !). Et notre homme d’écrire Airbone!, le premier jeu sur Macintosh qui utilise des sons numériques et affiche des animations. Suivront Dark Castle et Beyond Dark Castle.

On retiendra de cette période l’éducation de Jonathan Gay à la programmation, et surtout son talent pour combiner animations et sons numériques, et à les synchroniser. Ainsi que le concept de logiciel rapide et réactif.

Avec SuperPaint II, Jonathan Gay introduit le format de dessin PostScript. Et il obtient son bac. Il intègre Silicon Beach Software à temps plein et s’initie au langage C et à la programmation orientée objets. S’en suivra Intellidraw, un programme de dessin adressant le marché PostScript qui affrontera Adobe Illustrator et Aldus Freehand (qui sera racheté par Macromedia).

Intellidraw propose quelques originalités qui passeront inaperçues, un oubli qui ne lui permettra pas de lutter contre Illustrator et Freehand. On notera à ce propos que ces idées seront reprises dans un programme de dessin qui lui fera son chemin, Visio.

Durant le même temps apparaît un projet de système d’exploitation portable emmené par la société GO, sur lequel s’appuiera Charlie Jackson pour créer une nouvelle société, FutureWave Software, en janvier 1993. Si GO saura dépenser les fonds investis sur son projet, il ne saura pas gagner de l’argent et sera racheté par AT&T. Du coup, en janvier 1994, FutureWave se retrouve bien seul?

La seule solution pour survivre est d’adapter les produits de dessin développés par Jonathan Gay aux marchés Mac et Windows. FutureWave sort alors SmartSketch, un programme de dessin considéré à l’époque comme le meilleur outil pour dessiner sur un ordinateur, et qui rencontrera un petit succès d’estime face à ses éternels concurrents Illustrator et Freehand.

Ce qui a cependant attiré le plus la communauté du dessin numérique, c’est la capacité de SmartSketch à gérer des animations simples. Sauf qu’à l’époque, nous sommes en 1995, la distribution d’animations reste réservée aux CD-Rom, ou à la VHS. Le marché de l’animation numérique reste encore bien restreint.

Mais dans le même temps apparaît un nouveau concept, Internet, aussi appelé World Wide Web, auquel une petite communauté commence à s’intéresser. Un intérêt qui n’échappera pas à FutureWave, qui va transformer SmartSketch en outil pour dessiner et distribuer des animations en 2D.

L’animation va alors prendre une place importante dans SmartSketch, tout comme Java qui servira de base au ‘player’ Web destiné à exécuter les fichiers sur un navigateur. D’autant plus facilement que Netscape, le premier d’entre eux, va intégrer leur API et permettre d’étendre les performances du poste connecté.

C’est ainsi qu’est naît SmartSketch Animator. Mais ses capacités de reconnaissance des branches restent limitées. En se concentrant sur l’animation, le produit deviendra CelAnimator, puis craignant d’être par trop assimilé à un programme de création de dessins animés, il rendra le nom de FutureSplash Animator.

Un premier contact est pris avec Adobe en décembre 1995, mais John Warnock ne se déclare pas trop impressionné par les démonstrations d’animation en Java. C’est Fractal Design qui va emporter le morceau, mais son intérêt ne porte que sur SmartSketch, pas sur FutureSplash qui ne fera pas partie de la transaction. Décidément?

Pourtant, les ventes de FutureSplash démarrent à l’été 2006, et rencontreront deux succès importants : tout d’abord Microsoft va retenir la technologie pour sa version Web de MSN. Suivra Disney qui fera de FutureSplash son produit pour créer des animations et l’interface de ses services en ligne.

Il faudra encore attendre quelques mois, décembre 1996, pour que Macromedia s’intéresse à FutureSplash, rachète FutureWave, renomme le produit Macromedia Flash 1.0, et nomme Jonathan Gay au poste de vice-président.

L’histoire ne s’arrête pourtant pas là, Macromedia est racheté par Adobe voici deux ans, et ce dernier transforme Flash en sa plate-forme du futur et lui associe un puissant outil de développement, Flex 2, mais là c’est plutôt le futur de Flash, qui fête ses 10 ans, que nous évoquons. A suivre donc?

Flash aujourd’hui Adobe cite quelques chiffres étonnants sur la communauté Flash :- Flash est installé sur 98 % des ordinateurs connectés à Internet (Adobe).- Plus de 21 milliards de streams vidéo ont été diffusés en 2005 (Wall Street Journal).- Près de 92% des internautes consultent au moins une fois par mois du contenu ‘riche’ (Forrester).

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