Focus : Internet Explorer 9 est-il assez moderne ?

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Moderne ou pas assez moderne le nouvel IE9 ? Tout est en fait une question de choix. Décryptage.

Internet Explorer 9 (IE9), le nouveau navigateur web de Microsoft, est sorti il y a une semaine. Rapide et moderne, ce produit est plutôt convaincant. Toutefois, lors de son développement (et encore maintenant), de multiples critiques ont été émises. Toutes tournent autour de la thématique : IE9 n’est pas un produit assez moderne, ce qui va freiner l’arrivée des applications web de nouvelle génération.

Premier point ; le respect des standards, en particulier ceux issus de l’HTML5. Certes, IE9 fait ici preuve d’une certaine timidité. Il est par exemple compatible avec les SVG et les canevas, mais ne présente aucune avancée significative dans le secteur du stockage local des données. Toutefois, la position de Microsoft s’explique ici assez bien : Internet Explorer reste un produit très utilisé. La firme ne peut donc se permettre d’implémenter une spécification qui n’est pas encore figée. Si elle venait à changer par la suite, les webmasters devraient produire deux versions de leurs sites : une adaptée à l’ancienne spécification et une au standard définitif. Microsoft se retrouverait alors à trainer des gamelles, comme à l’époque d’IE6. Le danger est bien trop grand. L’éditeur a donc décidé de n’implémenter que les technologies finalisées, ou celles qui n’auront que peu de chance de changer ultérieurement.

Autre point ; le moteur JavaScript. Il est très rapide, mais certains n’ont pas manqué de faire remarquer que Chakra (c’est son nom) n’hésite parfois pas à utiliser certaines astuces, en coupant par exemple le code inutilisé présent dans une page web. Sur du code lourd et bien écrit, Chakra est loin de se montrer aussi vaillant. Une seconde fois, nous allons nous faire l’avocat du diable : enlever le code mort n’a rien d’insensé, et tant mieux si cela permet d’alléger le travail du navigateur. Pour le reste, les compilateurs JavaScript doivent tous faire le même choix en optant pour un chargement rapide des pages, mais peu d’optimisations, ou un chargement lent des pages, et beaucoup d’optimisations (seul Chrome 10 arrive à concilier les deux). IE9 est clairement à un bout du spectre, quand Firefox 4 est à l’autre. Ce choix n’a rien d’innocent : Microsoft considère que ses utilisateurs vont aller en majorité sur des pages web faiblement chargées en JavaScript et quelquefois sur des applications web de base. À l’opposée, chez Mozilla et Google, la révolution des applications web est déjà en ligne de mire.

Nous pouvons voir avec ces deux points que tout n’est en fait qu’une question de choix. Microsoft a taillé son butineur pour les sites web d’aujourd’hui. À contrario, d’autres acteurs font le forcing pour implémenter des nouvelles fonctionnalités (encore inusitées) dans leurs produits respectifs afin d’ouvrir des voies pour les applications web de demain. La réponse à notre question coule donc de source : IE9 est adapté aux besoins d’aujourd’hui et ne le sera pas à ceux de demain. La vraie interrogation concernant le frein qu’il pourrait constituer dans le futur est donc de savoir s’il faudra attendre deux ans pour disposer d’IE10. C’est le cycle de développement d’Internet Explorer lui-même qui est ici le vrai problème.


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