Le fondateur d’Autonomy contre-attaque HP

Régulations

Michael Lynch, fondateur d’Autonomy, éditeur de logiciels acquis en 2011 par HP, a répondu vivement aux accusations de fraude comptable portées par le groupe informatique américain.

Accusé de fraude comptable par la direction du groupe HP, l’éditeur de logiciels d’entreprise britannique Autonomy a répondu vivement, par la voix de son fondateur Michael Lynch (en photo), aux accusations dont il fait l’objet.

Acquis en 2011 par HP pour 10,24 milliards de dollars, Autonomy aurait délibérément « gonflé les données financières de l’entreprise afin d’induire en erreur les investisseurs et les acheteurs potentiels », selon Meg Whitman, CEO de HP.

La firme américaine, qui a annoncé le 20 novembre dernier une perte abyssale ainsi qu’une charge exceptionnelle de 8,8 milliards de dollars liée au rachat d’Autonomy, a porté l’affaire devant les autorités financières américaine (SEC) et britannique (FSA).

L’ex-CEO d’Autonomy monte au créneau

Michael Lynch, entrepreneur qui a cofondé Autonomy en 1996 et dirigé l’entreprise avant de rejoindre HP en octobre 2011 puis d’être remercié en avril dernier par Meg Whitman, a rejeté en bloc les accusations de fraude.

À ses yeux, le piètre management d’HP et la valse de ses dirigeants seraient à l’origine de la chute des ventes de solutions Autonomy, rapporte le New York Times dans son édition du 25 novembre.

« Ils se sont séparés des 100 premiers collaborateurs à la tête d’Autonomy, et de jeunes recrues ont été appelées à la rescousse », a déclaré Michael Lynch. « Les commerciaux HP recevaient de meilleures commissions pour vendre les produits concurrents », a-t-il ajouté.

Selon lui, la société américaine aurait hésité à promouvoir le déploiement de logiciels Autonomy sur les serveurs de ses clients. Ainsi, l’activité d’Autonomy centrée sur l’informatique décisionnelle et la recherche contextuelle aurait perdu de sa valeur au sein même du groupe Hewlett-Packard, faute de « stratégie » et de « vision ».

Michael Lynch a par ailleurs indiqué, dans un entretien accordé au Wall Street Journal, ne pas avoir été informé d’éventuelles malversations, avant que celles-ci ne soient rendues publiques… Le point de vue d’HP est bien différent.

À qui profite l’imbroglio ?

Pour Meg Whitman, l’entrepreneur né en Irlande savait que « des questions restaient en suspens ».

De plus, selon un dirigeant du groupe américain cité par le New York Times, une fois la fusion engagée et le fruit du rachat obtenu – la transaction aurait rapporté quelque 800 millions de dollars au fondateur d’Autonomy -, Michael Lynch se serait montré rétif au changement.

Qui est responsable de cette confusion ? HP, qui aurait sous-estimé la prise de risque liée à un tel rachat ainsi que les oppositions entre unités d’affaires ? Les anciens dirigeants d’Autonomy, qui auraient « trompé » leur monde en surévaluant l’entreprise, ou bien encore Deloitte, qui réalisait l’audit trimestriel de l’éditeur britannique, mais n’aurait constaté aucune irrégularité ?


Auteur : Ariane Beky
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