Un fonds de 80 millions d’euros pour les start-up de la robotique

Régulations

Créé par Bruno Bonnell, le fonds Robolution Capital a été officiellement lancé par le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg. Il est finalement doté de 80 millions, au lieu des 60 attendus.

Le fonds d’investissement dédié à la robotique, Robolution Capital, démarrera ses activités avec, en poche, une enveloppe de 80 millions d’euros. C’est Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif, qui a officiellement lancé ce fonds dédié à la robotique de services domestique et professionnelle, dont l’objectif initial était de lever 60 millions. Rappelons que l’instigateur de cette initiative se nomme Bruno Bonnell, à la tête du syndicat français de la robotique de services (Syrobo). Voilà 18 mois environ que l’ancien président des sociétés Infogrames et Atari travaille à mettre sur pied cet instrument financier dédié aux start-up de la robotique.

Alimenté à parts égales par des financements publics et privés, Robolution soutiendra des entreprises françaises et européennes dans des secteurs comme les véhicules sans chauffeur, la surveillance, la chirurgie, le nettoyage, l’agriculture, la construction et l’assistance à la personne, expliquent nos confrères de ITespresso.

Bpifrance y injecte 15 millions d’euros dans le cadre du FSN PME, secondant l’engagement du Fonds Européen d’Investissement (EIF). Côté privé, le projet est piloté par la société de gestion Orkos Capital, avec le concours d’AG2R La Mondiale, Orange, EDF et Thales, ainsi que plusieurs actionnaires individuels parmi lesquels Marc Simoncini, fondateur de Meetic.

Montebourg : « Être sur le podium de la robotique »

Mesure phare du plan France Robots Initiative présenté par le gouvernement en mars 2013, Robolution Capital accompagnera les entreprises de l’amorçage à la phase de développement, avec des tickets allant de 300 000 euros à 3 millions d’euros.

Egalement actionnaire d’Awabot (robots de téléprésence) et de Robopolis (distributeur des aspirateurs de la marque iRobot), Bruno Bonnell résume : « Face à la concurrence internationale, Robolution Capital permettra […] de révéler les talents de la robotique européenne [et] d’aider concrètement les sociétés françaises […] du secteur. » Cité par Les Echos, Arnaud Montebourg ajoute : « Notre espoir de placer la France sur le podium mondial de la robotique est lié au fait que nous sommes un pays très innovant, que ce soit dans ses organismes publics ou privés. »

Robolution Capital aurait identifié, à l’échelle du continent, plus de 450 entreprises répondant à ses critères de financement. Une dizaine de dossiers pourraient être initiés avant l’été 2014. L’enveloppe de 80 millions d’euros – qui pourrait, à terme, être portée à 100 millions d’euros – sera consacrée pour moitié à des structures françaises, sur les dix années à venir.

Selon la Fédération internationale de la robotique (IFR), le marché de la robotique de services concentrera 100 milliards d’euros à l’horizon 2018, contre 17 milliards en 2013, porté notamment par les services à la personne, tout particulièrement auprès des populations les plus âgées. Face à ces perspectives, les investissements se multiplient.

La semaine passée, à l’occasion du Mobile World Congress de Barcelone, le groupe français Parrot a annoncé une prise de participation à hauteur de 2,6 millions d’euros dans deux start-up : Airinov (télédétection agronomique par drone) et EOS Innovation (robots mobiles de surveillance).

Crédit photo : © AlienCat – Fotolia.com

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