France-IX, nouveau GIX parisien pour séduire les opérateurs internationaux

Réseaux

Ouvert au début de l’été, le nouveau point de peering adoptent un statut associatif pour fédérer les connexions entre opérateurs de trafic et refaire de Paris une plaque d’échanges internationaux.

En juin dernier sur Paris, s’ouvrait France-IX (prononcer “francix”), un nouveau point d’échange Internet entre opérateurs de données (encore dénommé point de peering). Un GIX (Global Internet eXchange) de plus sur la place de Paris où opèrent déjà Sfinx, Panap, Fnix6, FreeIX, Mixt, MAE-Paris, et autre PariX? Oui, mais France-IX se distingue de ses prédécesseur par son statut associatif. Une première en France.

« France-IX est une association – fondée par Akamai, Jaguar Network, Neo Telecoms et Interxion –, actionnaire d’une SAS chargée des aspects opérationnels, techniques et commerciaux », explique Franck Simon, directeur général de la structure commerciale. Intérêt? « Attirer tous les opérateurs », grâce à une structure neutre où les grandes décisions sont approuvées par tous les membres de l’association à laquelle adhèrent de facto les acteurs qui viennent brancher leurs lignes sur les routeurs de France-IX.

Il ne s’agit donc pas d’un modèle gratuit (les membres paient une cotisation comprise entre 0 et 1900 euros mensuelle selon les services, en plus des frais d’installation de 1500 euros maximum) mais d’un modèle ouvert et neutre. Une modèle qui a fait ses preuves chez nos voisins, notamment du côté d’Amsterdam où AMS-IX s’impose comme le plus important GIX européen mais aussi à Londres (LinX) et Francfort (DE-CIX).

Dix points de présence pour la fin de l’année

Pour mémoire, un point d’échange Internet propose une infrastructure physique permettant aux différents fournisseurs d’accès et opérateurs d’échanger du trafic directement entre leurs réseaux selon des accords mutuels dits de «peering». « Cela permet à travers seule interface physique de raccorder et d’échanger du trafic avec tous les partenaires potentiels, explique Franck Simon. Les liens directs optimisent les échanges en évitant aux données de transiter par des chemins plus longs et moins performants. » Au final, un GIX assure une transaction plus rapide et, donc, une qualité de service meilleure pour l’utilisateur final.

France-IX se distingue également des autres GIX parisiens par son architecture. La place d’échange est composée de 6 points de présence répartis dans les centres d’hébergement d’Interxion, Telehouse et Telecitygroup dans et autour de Paris. D’ici la fin de l’année, un total de 10 points de présence devraient être opérationnels. « Nous nous déploierons dans de nouveaux datacenter qui auront une capacité d’accueil importante pour accueillir les opérateurs internationaux et d’autres nouveaux entrants », justifie le dirigeant.

Un point de présence installé à Marseille est prévu pour septembre. Il servira de passerelle avec le GIX parisien pour accueillir les câbles sous marins en provenance d’Afrique Nord, d’Asie et d’Inde. « Il s’agit d’attraper au maximum les opérateur à la base ou les câbles arrivent et permettre du trafic direct et de l’amener sur Paris. » L’idée étant de refaire de Paris une plaque d’échange internationale attractive. « La combinaison des points d’échange de Paris et Marseille pourrait permettre à la France de revenir sur le marché comme plaque d’échange internationale comme il y a 5 ans, laquelle avait été délaissée faute d’évolution technique et à cause de la multitude des points d’échange qui obligeaient les opérateurs étrangers à multiplier les négociations avec les acteurs locaux. » Bref, il s’agit de simplifier les connexions pour les opérateurs internationaux.

200 membres dans un an

Pour l’heure, après une phase pilote en juin et juillet, août voit le démarrage de la phase opérationnelle (et payante). Une vingtaine de membres sont aujourd’hui raccordés et une vingtaine d’autre en cours de racordement. Au total, France-IX comptera quelques 150 membres à court termes grâce à l’intégration du GIX Panap (le plus important GIX de Paris jusqu’alors opéré gracieusement par Bouygues Telecom) et l’interconnexion avec Sfinx, le GIX du réseau Renater et 200 d’ici un an.

France-IX n’en oublie pas pour autant les acteurs de taille plus modeste. L’offre de l’organisation va prochainement évoluer avec la mise en place d’un serveur de route. « Un petit fournisseur d’accès pourra faire peering avec serveur de route ce qui lui ouvrira de grandes destinations potentielles, cela facilite la tâche des nouveaux entrants. » A condition que les opérateurs acceptent de livrer leurs routes au serveur.

« Le point d’échange n’interfère pas dans la politique des opérateurs qui poursuivent leurs négociations même si nos recommandations portent vers une politique de peering ouvert », explique le porte-parole. France-IX a d’ailleurs prévu le cas en proposant dans ses services une offre de peering privé. Un service indispensable aux opérateurs qui traitent de gros volumes. « C’est une réalité les opérateur le font à partir d’un certain seuil de trafic. Il ne s’agit d’empêcher le peering privé mais de proposer un carrefour ou un maximum d’acteurs sont présents de façon à proposer un seul endroit pour échanger leur trafic. », conclut Franck Simon.

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